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De nouvelles pistes pour lutter contre le mildiou et l'oïdium au vignoble

Réduire l’inoculum primaire, tirer parti du microbiote de la vigne, ou utiliser des biostimulants renforçant la faculté de la plante à répondre aux attaques de mildiou ou d’oïdium. Plusieurs pistes sont à l’étude pour permettre aux viticulteurs d’utiliser moins de pesticides.
Par Marion Bazireau Le 10 mars 2022
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De nouvelles pistes pour lutter contre le mildiou et l'oïdium au vignoble
Plusieurs essais réalisés en laboratoire seront bientôt transposés au vignoble. - crédit photo : Christelle Stef
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uelles nouvelles pistes pour sortir des pesticides en viticulture ? Les professionnels de la filière ont pu le découvrir et échanger ensemble ce 8 mars à l’occasion d’une journée de conférence organisée en triplex depuis Beaune, Bordeaux, et Montpellier par les chercheurs du Programme Prioritaire de Recherche (PPR) « Cultiver et protéger autrement ».

L’occasion d’apprendre que l’Institut National de Recherche pour l'Agriculture et l'Environnement (Inrae) et l'antenne de Bordeaux de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV Bordeaux) travaillent sur une défoliation des feuilles de vigne à l’automne pour éliminer les œufs de mildiou avant qu’ils ne tombent dans le sol. « Réduire l’inoculum primaire permettrait de réduire la pression au printemps et rendrait les produits alternatifs plus efficaces en situation de pression faible ou moyenne » explique François Delmotte.

L’opération serait réalisée à l’aide d’une machine, en cours de construction. Les feuilles seraient ensuite compostées pour restituer la matière organique à la parcelle en saison.

Avec ses collègues, François Delmotte essaye aussi d’identifier l’hormone utilisée par les individus pour se reconnaître et se rencontrer. « L’idée est de les séquencer et de les manipuler pour développer un système de confusion sexuelle du mildiou ».

Une barrière protectrice contre les pathogènes

Egalement chercheuse à l’Inrae de Bordeaux, Corinne Vacher a partagé ses travaux sur l’analyse du microbiote de la vigne. « Des microorganismes présents sur toute la surface de la plante forment une barrière protectrice contre les pathogènes et stimulent son système immunitaire. Notre objectif est de trouver de nouveaux agents de biocontrôle contre le mildiou et l’oïdium en les prélevant sur des tissus sains ou infectés et en les cultivant sur les milieux de culture à base d’extraits de vigne » indique-t-elle.

Son équipe va réaliser des prélèvements dans des parcelles infectées et des parcelles indemnes, et se rendre aux Etats-Unis, « aire d’origine de ces deux maladies, pour voir quel microbiote y est présent ». Après des tests en laboratoires, les candidats retenus seront testés au champ.

L’Université de Bourgogne planche de son côté sur les biostimulants. « Nous avons vu sur des vitroplants que certains peuvent augmenter l’efficacité des stimulateurs de défense des plantes et améliorer la réponse de la vigne à l’attaque des agresseurs » avancent Marielle Adrian et Sophie Trouvelot, sans préciser l’origine de ces produits prometteurs. Elles vont désormais les tester au vignoble sur différents couples de cépages et portes-greffes.

 

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