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Réduire l’inoculum primaire pour lutter contre le mildiou de la vigne
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Nouvelle voie de recherche
Réduire l’inoculum primaire pour lutter contre le mildiou de la vigne

L’Inrae de Bordeaux et l’IFV explorent de nouvelles voies de recherche pour lutter contre le mildiou. L’idée : réduire l’inoculum primaire pour réduire la pression du parasite, ce qui ouvrirait la voie aux produits alternatifs plus efficaces en situation de pression faible ou moyenne.
Par Christelle Stef Le 16 novembre 2021
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Réduire l’inoculum primaire pour lutter contre le mildiou de la vigne
Les oospores ou oeufs d'hiver à l'origine des contaminations primaires de mildiou se forment dans les feuilles atteintes par le mildiou mosaïque en fin de saison - crédit photo : Christelle Stef
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’Inrae de Bordeaux et l’IFV explorent de nouvelles voies de recherche pour lutter contre le mildiou. L’idée : réduire l’inoculum primaire pour réduire la pression du parasite, ce qui ouvrirait la voie aux produits alternatifs plus efficaces en situation de pression faible ou moyenne.

Les contaminations primaires du mildiou de la vigne sont-elles d’importance secondaire ? « Non » répondent d’entrée de jeu François Delmotte, chercheur à l’Inrae de Bordeaux et Marc Raynal, ingénieur à l’IFV, lors d’un séminaire dédié à cette question, organisé par l’ISVV et Innovin, le 10 novembre dernier à Bordeaux (et retransmis en live). C’est la raison pour laquelle les chercheurs explorent de nouvelles méthodes de lutte contre le parasite basée sur la réduction de l’inoculum primaire. En réduisant cet inoculum primaire, cela permettrait de réduire la pression du mildiou, ce qui ouvrirait la voie aux produits alternatifs, plus efficaces en situation de pression faible ou moyenne.

Les oospores (ou œufs d’hiver) à l’origine des contaminations primaires se forment en fin de saison à l’automne par reproduction sexuée à l’intérieur des feuilles attaquées par le mildiou mosaïque. Après la chute des feuilles, ces oospores se conservent dans le sol. Au printemps suivant, lorsque toutes les conditions sont réunies, elles germent et engendrent les contaminations primaires.

"Confusion sexuelle du mildiou"

« Le mildiou est une espèce hétérothallique » explique François Delmotte. En effet, les oospores se forment suite à la rencontre de deux gamètes provenant de deux individus de type sexuels complètement opposés (P1 ou P2). Or les chercheurs ont démontré que la rencontre entre ces individus se faisait via un système de reconnaissance hormonal. Concrètement, l’un des individus émet une hormone dans le milieu. L’individu de type sexuel opposé reconnaît ce signal. Il modifie alors l’hormone et la relargue dans le mildiou pour signaler sa présence à l’autre individu. « On a identifié l’hormone impliquée dans ce système de reconnaissance chez le mildiou de la pomme de terre. Mais pas encore chez la vigne » explique François Delmotte. Les chercheurs poursuivent donc leur recherche en ce sens, l’idée étant de développer à terme une méthode de lutte qui serait basée sur une sorte de confusion sexuelle du mildiou, pour empêcher la formation des oospores.

Pour réduire l’inoculum primaire, les chercheurs travaillent sur une autre voie : la défoliation des vignes à l’automne, ce qui ne serait possible que si cette tâche peut être mécanisée. Là les travaux sont plus avancés. Mais les chercheurs doivent répondre à de nombreuses questions : est-ce que ça réduit bien le stock d’oospores dans le sol, quel impact sur l’épidémie ? sur les réserves de la vigne ? les feuilles peuvent-elles être compostées ?… Ils poursuivent leurs travaux en ce sens.

Etude du microbiote du sol

Pour finir : ils vont aussi étudier le microbiote du sol pour voir s’il n’y aurait pas des micro-organismes antagonistes, prédateurs des oospores. « C’est une voie à explorer », indique François Delmotte. « Les oospores ont des parois solides mais au moment de la germination, les œufs sont plus vulnérables ». A suivre.

 

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