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Une région, deux ambiances
3 129 hectares de nouvelles vignes à planter pour Cognac et 1,5 ha pour Bordeaux

Si le vignoble charentais ne cesse de s'accroître grâce à des commercialisations records, celui bordelais reste sur la défensive en termes de surfaces viticoles.
Par Alexandre Abellan Le 16 novembre 2021
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3 129 hectares de nouvelles vignes à planter pour Cognac et 1,5 ha pour Bordeaux
Florent Morillon souligne que la productivité charentaise repose également le maintien d’un taux de renouvellement de 3 % des parcelles actuellement plantées. - crédit photo : BNIC
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éunis ce 15 novembre à Cognac, les conseils des bassins viticoles de Bordeaux-Aquitaine et de Charentes-Cognac ont adopté les demandes de plantations nouvelles déposées par les différents vignobles. Et répondant à différentes dynamiques. Comme l’indique un communiqué publié par la préfecture de la région Nouvelle-Aquitaine, face aux difficultés commerciales de Bordeaux et « afin d’éviter les risques d’offre excédentaire et de dépréciation de ces appellations, la croissance de ces vignobles sera limitée en Gironde à 1,5 ha pour la plupart des AOC* », alors qu’en AOC Cognac, la croissance du vignoble demandée s’élève à 3 129 hectares en 2022**.

« Ces 3 129 ha ne sortent pas du chapeau » indique à Vitisphere Florent Morillon, le président de la Fédération des Interprofessions du Bassin Viticole Charentes-Cognac, soulignant que l’efficacité du modèle charentais de projection des capacités de production et de besoins des marchés : le business plan. « On est en mesure de démontrer que le business plan apporte un certain nombre de certitudes » ajoute le président du Comité Régional de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (CRINAO), qui en veut pour preuve la réduction de voilure réalisée en 2021 face aux incertitudes de la crise covid (à 2 306 ha, contre 3 474 ha prévus) : « on a un outil qui permet de rectifier le tir ».

Records à l’export

Avec 226,1 millions de bouteilles commercialisées sur l’année glissante s’achevant au 31 octobre 2021 (soit +23 % par rapport à la période 1er novembre 2019-31 octobre 2020), les opérateurs charentais sont aussi prudents que confiants dans l’avenir. « 226,1 millions de bouteilles, c’est le meilleur chiffre enregistré depuis que Cognac existe » pointe Florent Morillon. Notant que le business plan prévoit un besoin de 10 000 hectares de nouvelles plantations pour les trois prochaines années, le directeur des affaires institutionnelles de la maison Hennessy (groupe LVMH) note que Cognac ne deviendra pas le premier vignoble français, mais reconnaît qu’il pèse sur l’enveloppe nationale de nouvelles plantations (de 40 à 45 % ces dernières années).

Point important pour Florent Morillon : « Cognac s’engage à ne pas empiéter sur le potentiel de croissance d’autres régions. Si le cumul national des demandes dépassait l’enveloppe [autorisée], notre région fera les plus gros efforts : c’est un engagement. » Avec 80 000 hectares de vignes actuellement plantées, l’AOC Cognac augmenterait de quasiment 4 % son potentiel de production avec les autorisations nouvelles de 2022.

Prochaines étapes

Le comité national AOC de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) doit statuer ce jeudi 18 novembre sur les demandes de plantations de Cognac. Le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer s’y penchera par la suite, pour aboutir à un arrêté interministériel publié début 2022, « pour permettre aux viticulteurs de déposer leurs demandes individuelles de plantations entre le 15 mars et le 15 mai 2022 » indique la préfecture de Nouvelle-Aquitaine.

En l’état, l’ugni blanc devrait conserver sans difficulté sa place de premier cépage produit par les pépiniéristes français.

 

* : « Et 1 ha pour les VSIG, a 100 ha en AOC de la Dordogne, l’appellation Côtes de Duras et l’IGP Périgord, et enfin 1 ha pour l’IGP Atlantique » ajoute la préfecture.

 

** : Avec 1 ha pour l’AOC Pineau des Charentes, 40 ha pour l’IGP Charentais et 35 ha de VSIG.

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