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Statistiques OIV
Un manque de vins français plus qu'une pénurie mondiale en 2021 (sauf pour les blancs)

S'il y a de fortes tensions sur les approvisionnements de vins blancs, il semble qu'il n'en soit pas de même pour les rouges. Avec des stocks et une production globalement conséquents d'après les premières statistiques de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV).
Par Alexandre Abellan Le 04 novembre 2021
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Un manque de vins français plus qu'une pénurie mondiale en 2021 (sauf pour les blancs)
Météo difficile oblige, les situations sont très hétérogènes dans les vignobles internationaux souligne l’OIV. - crédit photo : OIV
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a production mondiale de vin chuterait à 250,3 millions hectolitres de vin en 2021 d’après les premières estimations de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Présentant ce 4 novembre les résultats de ses sondages auprès de 28 pays vinicoles (produisant 85 % des volumes internationaux, jus et moûts exclus), l’OIV note une « production mondiale de vin extrêmement faible, à peine supérieure à la production historiquement faible de 2017 » (voir infographies ci-dessous). En repli de 4 % par rapport à 2020 et de 7 % par rapport à la moyenne des deux dernières décennies, les volumes 2021 pâtissent de « conditions météorologiques défavorables qui ont sévèrement touché cette année les principaux pays producteurs de vin d’Europe » (-13 % avec une perte de 22 millions hl).

Si l’Italie, l’Espagne et, surtout, la France* sont les plus touchées par cette petite récolte (respectivement -9, -14 et -27 % entre 2021 et 2020), « l’hémisphère Sud et les États-Unis semblent faire exception à ce scénario globalement négatif et tendent à équilibrer la baisse de volume observée dans l’Union Européenne ». Avec 59 millions hl, l'hémisphère Sud enregistre même un millésime record en termes de volumes (avec de fortes hausses en Argentine, en Australie, au Brésil et au Chili). Alors que l’alarme est sonnée en termes de pénurie de vins blancs (de Chablis à la Nouvelle-Zélande), il n’en est pas de même pour les vins rouges et rosés. Avec la pénalisation tarifaire des vins australiens en Chine, « il n’y a jamais eu autant de volumes rouges disponibles » notait récemment le courtier Florian Ceschi, directeur de Ciatti Europe. D’autant plus que « l’impact de cette baisse pour le secteur vitivinicole mondial doit être évalué dans le contexte actuel où la pandémie de COVID-19 génère encore un degré relativement élevé de volatilité et d’incertitude » indique l’OIV.

Pas de manque

Soulignant que le manque de vins « affecte surtout la France, plus qu’un autre pays », Pau Roca, le directeur général de l’OIV, indique en visioconférence de presse que « c’est vrai qu’il peut y avoir une pénurie de vins blancs, dont les stocks sont plus faible ». Pour lui, « on ne peut pas dire qu’il y ait un manque avec les stocks (1,5 année de commercialisation de vins en stock) et la chute de consommation avec covid (secteurs CHR, export…). En France, qui est particulièrement touchée, il semble que cela soit la plus basse production depuis 1957. » Indiquant ne pas être pessimiste en termes d’équilibres entre offre et demande pour répondre aux demandes du marché, Pau Roca estime à +2 % la consommation mondiale de vin en 2021 par rapport à 2020 (tout en soulignant alors que le contexte épidémique rend incertain les projections).

Jugeant que la filière vin s’est mieux sortie de la crise sanitaire qu’initialement prévue, Pau Roca estime que « la filière va faire face à un problème plus important que celui sanitaire : les aléas climatiques. C’est une urgence, il n’y a pas de vaccins contre les aléas. » Pour aider la filière vin à s’adapter à cette nouvelle donne de « phénomènes déstabilisants », le directeur général de l’OIV prône une révolution de la prédiction reposant sur l’utilisation de données issues de capteurs pour « mettre à disposition des outils et informations de prédiction et d’anticipation ». L’OIV va présenter en ce sens une initiative technologique ce 24 novembre (dans le cadre européen de "Med Gold").

 

 

* : « La récolte française est désastreuse » indique Pau Roca en visioconférence de presse ce 4 novembre.

 

 

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Tous les commentaires (8)
gregoire Le 15 novembre 2021 à 13:12:36
vous vous méprenez. je n'ai pas dit d'arracher, c'était une réaction à un autre commentaire de Mr Benji, parlant d'anticapitalistes. Même si la question doit rester ouverte. est ce que l'on gagne quelquechose à avoir un Bordeaux 1.69 ou un cdrhone à 1.5? vous serez d'accord pour dire qu'il faut soit valoriser le prix de vente, soit diminuer le prix de revient. je ne suis pas sur que la dernière proposition soit la bonne. d'autres le font très bien. 25 euros l'hl en espagne pour un vin propre sans défauts. je suis pour discuter phyto, validation de mise en marché, impacte humaine pour l'utilisateur et le consommateur. nous sommes d'accord sur le constat: beaucoup d'agriculteurs ne vivent pas de leur métier. Alors on fait quoi? on augmente les rendements? Le marché est mondial et le marché est et sera en demande de transparence. l'administration est très lente, mais ne mettons pas tout sur leur dos ou sur le dos des ecolos. Qui s'est battu pour les résistants? pas les viticulteurs en France. l'INRA et merci à eux d'avoir déménagé les plants sur leur temps off. les anti phyto ou autres de la mouvance écologique (qui sont persuadés d'avoir eux aussi raison puisqu'ils se battent pour leur santé) sont des alliés. travaillons avec eux pour débloquer des fonds de recherche. Malheureusement nous préférons attaquer de front et passer pour des pollueurs.
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Gracia jean paul Le 13 novembre 2021 à 09:45:20
Vouloir donner des conseils lorsqu'on ne connait pas le métier est un art bien compliqué. Mr Grégoire nous conseille d'arracher si on arrive pas à vivre et surtout de bien le faire pour les autres. C'est beau, c'est noble mais sait il qu'un arrachage coute au prix le plus bas 1500 €/ha ? Donc, un vigneron, en cave particulière ou en cave coopérative, qui ne peut plus vivre de son métier ou qui part à la retraite sans succession doit payer, pour vendre au prix de la terre, ce qui, normalement aurait dû constituer sa retraite. Mr Grégoire sait bien sûr qu'une retraite d'agriculteur est d'environ 650 € à taux plein. Il faudrait, dans ce monde idéal, les aider (surtout pour entretenir les paysages, c'est le plus important). Sauf que nos gouvernants français et européens, nos syndicats viticoles y sont fermement opposés. C'est toujours utile à savoir, cela permet de comprendre certaines choses. Favorisons la recherche, c'est super. Quand on voit que le retard pris par la France dans la mise en marché des plants résistants aux maladies cryptogamiques est essentiellement dû aux blocages administratifs et à la destruction des travaux par une bande de sauvages, qui se réclamaient du mouvement écologiste, il y a une vingtaine d'années, il y a de quoi pleurer. Favorisons la recherche en interdisant des produits sans qu'une seule piste soit ouverte pour les remplacer, je pense surtout à l'esca et au BDA. Favorisons la recherche quand le seul produit utilisé dans le label BIO dans la lutte anti mildiou est le cuivre qui devait être interdit un an apprès l'arsenite de soude en Europe. Ce produit, un métal lourd, est limité dans son emploi mais les fédérations BIO demandent chaque année (et obtiennent) des dérogations pour pouvoir augmenter la dose. Pour cela, il n'y a pas de recherche, car tout est parfait, c'est vraiment le "meilleur des mondes".
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Benji Le 10 novembre 2021 à 19:42:34
Grégoire je n’ai pas dit que c’était de la faute a l’écologie ou au producteur bio! Je dit simplement que nos opposants sont systématiquement des militants extrémistes déphasés des réalités agricoles en se disant ecologiste et comme le dit gracia ces mêmes militant ne se préoccupent pas des importations, ni des médicament ou autres produits ménagés ! On constate cette année que l’impact des contraintes phytosanitaires à un impact catastrophique sur la production associé à une obligation de mécanisation qui va nous faire explosé le bilan carbone! Le gel à bon dos mais ces contraintes d’un autre temps sont une réalité ne vous en déplaise
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gregoire Le 10 novembre 2021 à 18:25:10
J'ai du mal à voir mon côté sectaire. Il me semble qu'une seule personne tape sur tout ce qui remet en cause sa façon de faire. Loin de moi l'idée selon laquelle le vigneron est suffisamment rémunéré, mais de là à toujours vouloir produire plus en utilisant des phytos, j'ai du mal à comprendre. Je ne suis pas contre les phytos et je ne l'ai jamais dit. Quel est le but? des vins à 20 ou 40 euros l'hl? je ne pense pas. dans un autre post, Mr Benji parle "d'anticapitalistes". OK, soyons capitalistes jusqu'au bout et si vous n'arrivez pas à vivre de votre production: arrachez. mais faites le bien, merci pour les autres. Je pense que le combat est bon mais que vous vous trompez d'adversaire. Une des réalités dans l'écrit de Mr Benji, l'entretient des territoires: battons nous pour que ce soit rémunéré, battons nous pour valoriser le stockage du carbone, battons nous pour plus de moyens dans la recherche...
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Gracia jean paul Le 10 novembre 2021 à 13:11:23
La réaction de Grégoire me semble très sectaire. En effet, comme Benji, je pense que les raisons de la baisse de productions ne me semble pas provenir que des aléas climatiques. Les contraintes administratives, la restriction permanente de l'usage des produits phytosanitaires et la vision qu'ont de nouveaux viticulteurs sont des réalités. Depuis 22 ans que je suis vigneron, le temps passé à faire des papiers a été multiplié par 2, voire 3; autant de temps que je ne passe pas dans mes vignes où mon chai. Les restrictions des produits phytosanitaires pour lutter contre les parasites et maladies cryptogamiques de la vigne peuvent réduire l'efficacité des traitements mais, surtout, et cela est sûr, augmentent les coûts de production, donc réduisent l'attrait des vins français face à la concurrence. D'autre part, les "autres produits phytosanitaires" comme les médicaments ne me semblent pas être ciblés par nos hygiénistes. Il faut dire que les Français en sont les premiers consommateurs mondiaux et que cela fait beaucoup d'électeurs... Dans mon petit village 170 hab), nous avons vu arriver 5,6 nouveaux vignerons dont la principale caractéristiques culturale est la négation de toutes les pratiques précédentes . Nous avons pu constater que cette nouvelle vision était très sectaire. Je dis nous, car nous sommes des vignerons en bio, en HVE ou en Terra Vitis. Effectivement, une trentaine d'hestares n'ont rien produit cette année et très peu les années précédentes. Ces vignes sont d'ailleurs condamnées à être abandonnées, les vignes sont peu chères car plus aucun jeune ne s'installe, et cela revient cher d'en acheter d'autres. En 20 ans, le village a ainsi perdu plus de 30 ha de vignes qui ne sont pas arrachées et d'où emergent des piquets rouillés (c'est écolo). Aussi, la réaction simpliste du dénommé Grégoire ( moi j'écris avec mon vrai nom ) me font comprendre qu'il n'est pas vigneron ou qu'il fait partie des sectaires qui aiment bien simplifier, caricaturer pour mieux ostraciser. La vie, la vigne, le vin, le commerce de celui-ci sont plus complexes que cela.
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Gregoire Le 08 novembre 2021 à 21:04:31
et encore une fois, la solution proposée par Benji : c'est la faute de l'écologie ;-)
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Benji Le 05 novembre 2021 à 23:48:09
Le gel et les aléas climatiques sont une réalité mais il y en aussi une autre! Les contraintes écologique,le bio,les maladies,les restrictions et les impasses phytosanitaires sont une vraie réalité en France mais personne ne le dit! Quand allons nous réagir la production française est en perte de vitesse et nous allons perdre des parts de marché importante! Nos politiques français feraient mieux d’écouter les gens qui produisent ,font vivre le territoire et travaillent au lieu d’écouter des militants antitouts qui détruisent nos savoirs faires et notre agriculture sous prétexte ecologique
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Rgastineau Le 04 novembre 2021 à 16:57:23
double peine et presque condamnation pour le vignoble avec ce manque de vin sans précédant si le marché n'est pas la pour valoriser. et quand on voit ce que ça nous coute comme millésime de l'antigel, des traitements et même de la chaptalisation, comment nos matières premières peuvnt elles monter autant alors que nous n'arrivons pas à augmenter nos prix?
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