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Après 20 mois
Premier salon grand public post-covid pour les vignerons indépendants

Après une longue série d'annulations, les caves particulières renouent avec leurs évènements de vente directe et leurs clients fidèles à Clermont-Ferrand.
Par Alexandre Abellan Le 18 octobre 2021
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Premier salon grand public post-covid pour les vignerons indépendants
La préfecture n’oblige pas au port du masque dans le Polydome, l’entrée y étant conditionnée par la présentation du pass sanitaire. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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oupir de soulagement chez les Vignerons Indépendants de France : la saison des salons de fin d’année est ouverte après la tenue, du 15 au 18 octobre, de l’évènement de Clermont-Ferrand. En accueillant 135 exposants (pour 6 500 visiteurs attendus), le centre des congrès Polydome brise le cycle d’annulations des salons dû à la crise sanitaire (le dernier évènement remontant aux 6-8 mars 2020 à Lyon). Un nouveau départ qui enthousiasme les caves particulières, également inquiète par une nouvelle donne commerciale.

Réalisant en moyenne 23 % de leur chiffre d’affaires en salon dans le monde d’avant-covid, l’incertitude plane sur l’apparition de nouvelles habitudes d’achat pouvant concurrencer les rendez-vous physiques indique Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France. Dès l’ouverture du salon, les premiers retours sont rassurants : « on sent l’envie de se retrouver et le besoin de liant. Les visiteurs prennent le temps d’échanger et de déguster » souligne le vigneron de Fitou.

Perception client

Du côté du grand public, la perception de l’absence de salon est décalée par rapport à celle des exposants. « Pour les clients, on a l’impression que rien ne s’est passé. L’un d’eux m’a dit que "seulement un salon a été annulé" » note Éric Casimir, du domaine G.Metz (18 ha en Terra Vitis). Le vigneron alsacien ajoute que « dans leur esprit, il n’y a eu qu’un rendez-vous manqué. Alors que pour, nous c’était une très longue attente. Ils ont conscience des difficultés de la restauration, mais ils se rendent moins compte de celles du vignoble. Mais nous ne sommes pas là pour nous plaindre, nous sommes là pour donner du plaisir. » Ce qui répond d’autant mieux aux attentes des visiteurs qu’ils sont principalement là pour acheter note le vigneron alsacien, faisant état d’un fort taux de transformation des dégustations en achats.

Comme dans chaque salon, la perception de sa réussite varie d’un stand à l’autre, en quantité du flux et qualité des contacts. Si les retours sont hétérogènes, ils dépendent aussi de cas très particuliers. Comme la famille Arlon du domaine des trois filles (9 ha en Provence), qui se retrouve à exposer sans son produit phare, le vin rosé, à la suite de la très bonne saison touristique qui l’a tout simplement mis en rupture de stock.

Retrouver le contact

Si les vignerons ne cachent pas leur plaisir de retrouver l’environnement d’un salon (commercialement et amicalement parlant), les visiteurs restent aussi friands de ces évènements note Anne de Crozals, du domaine des Homs (21 ha en bio). La vigneronne languedocienne a ressenti le manque de ses clients fidèles : « ils aiment retrouver le contact, découvrir le nouveau millésime et vérifier comment on va (savoir si on a été touché par le gel, etc). Ils sont attachés à ces nouvelles. » Et ce même si le contact était maintenu avec certains grâce aux achats en ligne pour pallier, au moins partiellement, à l’absence de salons.

« Avec l’arrêt des salons, il y a eu une accélération des ventes en ligne [parmi nos adhérents]. Avec le lancement ou la professionnalisation des sites marchands » rapporte Florence Corre, la directrice de la communication des Vignerons Indépendants de France. Dans le monde d’après, les salons physiques devraient continuer à résister face au numérique. Parmi les exposants présents pour la première fois sur le salon, les champagnes R. Bourdelois affirme d’être sur un évènement permettant d’aller à la rencontre de nouveaux consommateurs par la dégustation et l’échange. Preuve de cet intérêt maintenu, pour avoir une place d’exposition, il faut attendre une défection*.

4 salons à suivre

Premier test grandeur nature d’un salon avec pass-sanitaire pour les Vignerons Indépendants, Clermont-Ferrand donne de premières tendances pour la suite de l’année. Les rendez-vous sont pris à Lyon (21-25 octobre), Reims (12-15 novembre), Lille (19-22 novembre) et Paris Porte de Versailles (2-5 décembre).

 

 

* : 10 exposants en moins : crainte situation sanitaire et moins de vin avec petite récolte

 

 

 

Si le beau temps du week-end n’était pas du côté des exposants pour attirer de nouveaux visiteurs, au moins n’y avait-il mais pas la concurrence d’un match de l’ASM.

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