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Languedoc
La campagne des vins en vrac sur le point de démarrer

Après une période d'attentisme, le marché ne devrait pas tarder à démarrer pour la filière languedocienne. Les premières propositions de prix ont filtré cette semaine. Elles sont en hausse significative.
Par Michèle Trévoux Le 15 octobre 2021
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La campagne des vins en vrac sur le point de démarrer
Détail d'un dessin de Jean-Jaqcques Sempé présenté à Bordeaux en 2019. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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usqu’ici, c’était le calme plat sur le marché vrac des vins du Languedoc. « A ce jour, je n’ai signé encore aucun contrat. Les acheteurs passent pour déguster, vérifier les profils des vins et surtout s’enquérir des volumes dont ils pourront disposer, mais pour les prix, c’est silence radio. Aucun n’a encore annoncé la couleur », témoigne en début de semaine, David Reverbel, directeur de la cave coopérative du Pouget dans la Vallée de l’Hérault. Il n’est pas le seul dans cette situation. L’attentisme est de rigueur en ce début de campagne dans la région.

Certes, la récolte a été tardive, les blancs et rosés sont tout juste terminés, les rouges pas encore tous décuvés, mais ce n’est pas la seule raison de ce retard au démarrage. Le volume exceptionnellement bas attendu pour ce millésime est également en cause. « On ne sait pas encore très précisément quel sera le volume de cette récolte. Les dernières prévisions du Ministère annonçaient 8,5 Mhl alors que certains professionnels estiment qu’elle ne dépassera pas 7 Mhl. Les acheteurs attendent d’en savoir un peu plus pour s’engager », confie René Vergnes, courtier à Béziers. Le tassement des ventes depuis le mois de juillet dans la grande distribution incite également les acheteurs à la prudence. « Les ventes n’ont pas été terribles cet été, la météo ne nous a pas aidés, la consommation de rosé n’a pas été au rendez-vous », confirme Gilles Gally de la Maison Jeanjean. D’où la prudence des acheteurs qui, ayant encore des volumes non retirés en cave, attendent de voir si la reprise s’amorce sur octobre et novembre.

Forte tension sur les blancs

Néanmoins une chose est sûre, la tension sera très forte sur les blancs : chardonnay et sauvignon ont été particulièrement touchés par le gel. La cave du Pouget par exemple, n’a récolté que 20 % d’une récolte « normale » en chardonnay, 33 % en sauvignon. Ludovic Roux, président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie, défend une hausse des cours : « Il est vital que les prix augmentent. Ne serait-ce parce que nos coûts de production sont en hausse : piquets, le gas-oil, les engrais… tout augmente. Sans compter les efforts que les viticulteurs régionaux ont fait pour décrocher la certification HVE (Haute Valeur Environnementale), qui nous coûte entre 3 et 5 €/hl. Une hausse de 15 % compenserait à peine tous ces surcoûts. Nous devons également travailler sur la contractualisation pluri-annuelle en partant sur cette base de prix ré-évalués, car il nous faut une hausse sur la durée si on veut maintenir le potentiel de production de la région. La nouvelle loi Egalim 2 nous autorise à fixer des prix sur trois ans avec des modalités de révision », plaide-t-il.

La situation pourrait se débloquer rapidement dans les prochains jours, car Castel vient de dévoiler ses propositions de prix : 130 €/hl pour le chardonnay, 105 € pour le sauvignon, 90 € pour le rosé, 90 à 92 € pour les rouges selon les qualités, avec pour toutes ces catégories un bonus de 5 €/hl pour les vins certifiés Terra Vitis. Cette hausse de 10 à 30 % par rapport à la campagne précédente ne compensera pas les baisses de volume. Mais elle ne sera pas non plus sans conséquence sur le marché. « La baisse des volumes conjuguée à la hausse des prix va nous faire perdre des parts de marché.  Et si on retrouve une récolte correcte en 2022, que ferons-nous de ces volumes pour lesquels nous n’aurons plus les marchés ? », s’inquiète Gille Gally. 

Quoi qu’il en soit, cette campagne s’annonce tendue et peu réjouissante pour tout le monde. « L’année va être longue », soupire un directeur de cave.


 

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