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Isère
Un cuvier tourne au vinaigre

Contrôlé trois fois par les services de l'État, un vigneron doit détruire 200 hectolitres de vins conservés en cuve depuis plus de dix ans et piqués au point de ne plus avoir d'alcool pour certains.
Par Alexandre Abellan Le 06 octobre 2021
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Un cuvier tourne au vinaigre
Les produits analysés ne peuvent pas être commercialisés, étant impropres à la consommation. - crédit photo : Douanes
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’est ce qui s’appelle un vin de garde. À la suite de contrôles des services douaniers et de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP), la préfecture d’Isère vient de prendre ce 17 septembre un arrêté demandant la destruction de 198,31 hectolitres de vins jugés impropres à la consommation après plus de dix ans de conservation, comme le révèle le Dauphiné Libéré. Millésimés 2006 à 2011 (et certains sans millésimes), ces cuves de chardonnay, jacquère, gamay et pinot noir en IGP et vins de France présentent des acidités volatiles supérieures aux limites légales de 20 milliéquivalents par litre pour les vins rouges et 18 méq/l pour les blancs et rosés. Pour certains vins, la DDPP relève jusqu’à 1 400 méq/litre, sans une trace d’alcool dans les cuves.

Après trois contrôles en un an, « je commence à être vacciné » grince le vigneron mis en cause, Jean-Michel Gonon. Possédant un domaine 4 hectares de vignes en IGP Isère Balmes Dauphinoises, le producteur explique ne plus vinifier depuis 2011. Il indique vendre ses raisins sur pieds tant qu’il a du stock à vendre (aux camping-cars en visite, en salon, etc.). « Je contrôle mes vins en cuve au moins une fois par an dans un laboratoire, et en fonction des ventes et mises en bouteille. Mes cuves sont protégées par des sulfites, mais un défaut peut arriver à n’importe quel moment » rapporte le vigneron, qui précise ne pas goûter ses 21 cuves. Actuellement il lui en resterait une cuve indemne, soit 20 hl. Le reste doit être distillé (pour ce qui possède suffisamment d’alcool) ou vendu à des vinaigriers (en cours de contact).

Des personnes veulent me nuire

Persuadé d’un acharnement contre un petit producteur, Jean-Michel Gonon estime que ces contrôles ont été initiés par un voisin : « des personnes veulent me nuire » glisse-t-il. La DDPP indique que les contrôles ont été réalisés pour investiguer l’absence de mouvements commerciaux de la cave, qui n’avait pas été contrôlée depuis plus de dix ans. Le service préfectoral ajoute être en appui pour trouver une sortie honorable au vigneron perdant ses stocks.

 

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