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Une transition en douceur du vignoble en permaculture

Le vigneron Alain Malard s'est lancé dans la permaculture en 2017 après l'avoir étudiée une dizaine d'années. Dans son nouvel ouvrage, il témoigne de son parcours et propose des itinéraires et exercices pratiques pour aider ses confrères à tenter l'aventure.
Par Marion Bazireau Le 09 août 2021
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Une transition en douceur du vignoble en permaculture
Alain Malard veut produire sur 5 ou 6 hectares l’équivalent de 30 hl/ha de vin, des fruits, et de l’huile d’olive, avec une récolte totale de 12 tonnes par hectare - crédit photo : Alain Malard
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« Appliquer à mon vignoble tous les conseils que m’ont donné les spécialistes en permaculture m’aurait conduit droit dans le mur. Ils manquent d’une vraie vision terrain et se contredisent les uns les autres » lance Alain Malard, auteur de l’ouvrage Vignes, vins et permaculture, en vente ce 11 août aux éditions de la France Agricole (appartenant au même groupe que Vitisphere).

Les agricultures biologiques et biodynamiques insuffisantes

Après 10 ans de recherches, le vigneron s’est lancé dans la permaculture en 2017 sur 4,5 hectares de terres vierges à Neffiès dans l’Hérault. « Je suis aussi consultant indépendant en viticulture et œnologie depuis 1993, et je n’ai jamais été satisfait des approches biologiques et biodynamiques » relate-il aujourd’hui.

« Le labour me semble un non-sens, et les couverts végétaux considérés comme des engrais verts apportant de l’azote et non comme une façon de couvrir le sol en permanence pour le nourrir et le recharger en carbone, illustre-il. En biodynamie les apports de compost qui remplacent les engrais, restent des engrais, or je considère que le sol n’a pas besoin d’engrais mais de matières organiques fraiches ».

12 tonnes/ha

A Neffiès, son idée est de produire sur 5 ou 6 hectares l’équivalent de 30 hl/ha de vin, des fruits, et de l’huile d’olive, avec une récolte totale de 12 tonnes par hectare, « ce qui aurait demandé 12 à 15 hectares en agriculture conventionnelle ».

« J’ai commencé par 60 % de carignan, 10 % de piquepoul, pour l’acidité, 10 % de bourboulenc et 20 % de clairette, pour l’aromatique, conduits en gobelet tant qu’ils ne peuvent pas grimper aux arbres et vinifiés en un seul lot ». Alain Malard prévoit de tester le cinsault, le terret, et l’alicante.

Il entretient aussi des oliviers, des datiers, des figuiers, des légumineuses, des haies de ronces, de hêtres, et de buplèvre, pour les abeilles.

Pour repousser les sangliers, il mise beaucoup sur les figuiers de barbaries. « Et j’ai creusé des mares loin des vignes et à proximité des forêts pour tenir les laies et leurs petits à distance dans vignes. Elles ont de l’eau, des glands, de l’herbe, des châtaignes, et j’ai semé du triticale, qu’elles préfèrent au raisin ».

Accessible à tous

 

Alain Malard promet un livre accessible à tous, précis et utile au vigneron mais compréhensible par le grand public.

Il y explique comment regénérer les sols, designer les parcelles, faciliter la mise en place d’un réseau mycorhizien et la présence d’auxiliaires qui rendront les cultures plus résistantes aux agressions parasitaires et aux contraintes abiotiques.

« Il faut être patient, on ne passe pas d’une plante assistée à une plante autonome du jour au lendemain. Il va falloir accompagner ce changement et viser à utiliser des spécialités (plantes, tisanes, décoctions…), mais aussi continuer momentanément à utiliser du cuivre et soufre pour se protéger du mildiou et de l’oïdium, en attendant que d’autres alternatives se mettent en place » prévient-il.

A la fin de son ouvrage, le vigneron propose des exercices pratiques et fait témoigner nombre de ses confrères.

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