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"Les vignes en friche deviennent un sujet préoccupant" à Bordeaux
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Stéphane Gabard
"Les vignes en friche deviennent un sujet préoccupant" à Bordeaux

La forte pression mildiou du millésime 2021 en Gironde met cruellement en avant les surfaces abandonnées, pour cause de retraite d’exploitants ou d’arrêt de fermage. Le point avec le président des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur.
Par Alexandre Abellan Le 06 août 2021
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Dans le bordelais, « 2021 est un millésime très dur. On cumule les incidents climatiques (gel, floraison difficile, pression mildiou…) dans une ambiance très particulière (entre crise sanitaire et crise économique) » rapporte Stéphane Gabard. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
«

 Déjà qu’il n’est pas facile de contrôler le mildiou cette année, cela relève de l’exploit quand on est à côté de vignes abandonnées » pose Stéphane Gabard, le président du syndicat viticole des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Dans le vignoble bordelais, les parcelles en friche marquent le paysage de ce millésime 2021 à la forte pression mildiou, et tapent sur le système des vignerons devant lutter pour maintenir leur potentiel de récolte malgré les éléments (gel, grêle, coulure, échaudage…). Sanitairement, « le risque est là dans un vignoble avec une aussi forte pression » reconnaît Stéphane Gabard, qui entend monter l’incompréhension de viticulteurs ne comprenant plus les obligations de traitements obligatoires contre la flavescence dorée quand les vignes voisines n’ont pas été entretenues de toute la campagne.

S’il n’existe pas d’estimation précise des friches dans le vignoble bordelais, ces surfaces croissantes pourraient conduire les pouvoirs publics à s’emparer d’un sujet butant, depuis des années, sur les difficultés d’obtenir des arrachages administratifs. « Les vignes en friche deviennent un sujet préoccupant, exacerbé par le problème sanitaire aujourd’hui. Peut-être que la quantité de parcelles va aider à faire avancer le dossier » espère Stéphane Gabard. Cette croissance des parcelles ensauvagées témoigne des difficultés économiques du vignoble bordelais, entre départs à la retraite d’exploitants les abandonnant faute de succession et réduction des surfaces des exploitations mettant un terme à des fermages (baux précaires comme locations longues durées).

Pas d'aide à l’arrachage

Pour assainir le vignoble, Stéphane Gabard a défendu la solution de l’aide à arrachage afin d'offrir une aide aux vignerons souhaitant quitter la filière sans reprise de leur domaine. Mais il s’avère que la réglementation européenne bloque tout projet en ce sens. Ne permettant notamment pas créer une cotisation obligatoire pour financer une telle prime. « Aujourd’hui, il n’y a pas de solution » constate Stéphane Gabard, fréquemment sollicité par des vignerons préparant leur retraite et se trouvant dans une impasse.

Faute de pouvoir aider ceux souhaitant quitter le vignoble, le syndicat de l’AOC Bordeaux compte soutenir la rentabilité des domaines ayant des débouchés commerciaux. Concernant les rendements 2021, « on essaie de remonter les Bordeaux et Bordeaux Supérieur au niveau de 2019. En passant de 50 hl/ha en 2020 à 54 hl/ha en 2021, pour redonner de l’oxygène à ceux qui s’en sortent commercialement. Hélas peu vont en profiter avec le gel, les difficultés de floraison, le mildiou… » note Stéphane Gabard.

Sources d’espoir

Malgré le manque de visibilité actuellement dû à la pandémie de covid-19, Stéphane Gabard souhaite garder le cap sur des solutions d’avenir. L’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) vient de recruter deux nouveaux profils pour soutenir sa commercialisation, avec des opérations de promotion toujours plus en synergie avec le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB).

« Dans les espoirs, il y a une légère remontée des cours et avec des ventes identiques à la récolte 2020, ce qui implique qu’il n’y a plus de stockage. Il y a même un risque de tensions en blancs. Dans une situation normale, on aurait bon espoir de voir les cours du vrac remonter. Mais il y a un certain attentisme actuellement » conclut Stéphane Gabard.

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Tous les commentaires (3)
VignerondeRions Le 10 août 2021 à 08:19:50
On ne fera pas d'agriculture de précision et on ne pourra pas diminuer les phyto au milieu des friches, donc on condamne tout progrès en la matière si on garde les friches. Il faut juste le savoir et en prendre conscience. il faut aller se promener à Saint Pierre de Bat ou Donzac pour comprendre ce qui se passe dans le voisinage des friches (en Bio ou en Conventionnel). ODG = Organisme de Défense et de Gestion. Défense du vignoble et Gestion du vignoble interdite car pas possible de prendre des cotisations pour cela, c'est bizarre quand même.
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Conf?d?ration paysanne de Gironde Le 08 août 2021 à 09:57:12
Ca ne fait que deux ans qu'on alerte sur cette déprise massive. Il serait temps de se mettre les yeux en face des trous. Avec des arbres dans les parcelles abandonnées, pas besoin d'être expert pour comprendre : il faut juste descendre de la Porsche Cayenne. Le Négoce bordelais a préféré croire à une crise "conjoncturelle" ne nécessitant pas de mesure structurelle (Georges Haushalter) . Comment demander des aides à l'arrachage alors qu'on est encore sur la lancée des aides à la restructuration, sous-tendue par une vision expansionniste du marché ? 4 millions d'hl vendus pour un potentiel de production de 5 millions : avec tout ce qu'ils nous coûtent en CVO, ils n'ont pas encore compris la règle de trois au CIVB ? 30 000 hectares n'ont plus de marché, c'est le constat froid que n'osent pas énoncer les phénix de la pensée viticole bordelaise. Quand on évoque le sujet, tout le monde regarde ses chaussures et s'éloigne, gêné. Des études vont être faites pour "objectiver" ce problème.... Courage ! Fuyons ! Il y a pourtant nécessité de restructurer l'agriculture girondine, de la sortir de la monoculture. Pour cela, il faudrait une véritable politique foncière pour éviter les confettis de friches dans la campagne. Le départ à la retraite, toujours retardé, de la génération du baby-boom va l'imposer.
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VignerondeRions Le 06 août 2021 à 17:16:53
Il est temps de s'en rendre compte... Il y a environ 2 ans je voyais que c'étais amorcé dans notre secteur. J'ai interpellé le président des Bordeaux et celui du CIVB en ce sens à la réunion de canton et la réponse fut déroutante. "Ce n'est pas un problème, les vignes en friche ne produiront plus donc fin de l'histoire...". A jouer avec des allumettes, on peut mettre le feu. C'est ce qui se passe à Bordeaux cette année, des collègues, voisins de vignes en friche ont perdu les parcelles contiguës aux friches alors que les autres sont sauvées avec les même traitements... Les friches sont le problème de tous les vignerons, ne pas gérer les problèmes de la filière vin de Bordeaux est une faute morale, ne pas accompagner les fins de carrières l'est également. Le retour de manivelle peut être brutal parfois
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