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Parole de ministre

La France maintient ses demandes de compensation européenne aux vins taxés sur le marché américain

Mercredi 16 juin 2021 par Alexandre Abellan

Ce 25 février, le ministre visitait la région de Cognac pour marquer la priorité diplomatique que représente ce sujet des droits de douane additionnels aux Etats-Unis.ricain
Ce 25 février, le ministre visitait la région de Cognac pour marquer la priorité diplomatique que représente ce sujet des droits de douane additionnels aux Etats-Unis.ricain - crédit photo : Jonathan Sarago (Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères)
Chargé du Commerce extérieur, le ministre Franck Riester fait le point sur les conséquences de la levée pour cinq ans des droits de douanes punitifs appliqués aux vins français sur le marché américain, en lien avec la dispute transatlantique sur les subventions à l’aéronautique civil.

Un accord transatlantique vient de lever pour 5 ans les risques de surtaxes dont les vins et spiritueux français ont été récemment victimes dans le cadre du conflit Airbus/Boeing. Cette guerre diplomatique est-elle terminée ou d’autres batailles sont-elles à surveiller pour éviter de nouveaux à-coups ?

Franck Riester : Ce n’est pas encore une paix définitive, mais c’est déjà beaucoup plus qu’un cessez-le feu : nous avons donné une perspective de long terme aux différentes parties prenantes, et notamment aux producteurs de vins et spiritueux, avec une suspension de cinq ans des droits de douane. Nous avons également agréé des principes et une méthode de travail pour sortir par le haut de ce différend, et nous enclenchons une dynamique commune des deux côtés de l’Atlantique sur les enjeux commerciaux, en particulier pour mieux encadrer les pratiques commerciales déloyales qui perturbent l’économie mondiale. Il s’agit donc d’excellents signaux pour les secteurs touchés par ce conflit, à commencer par nos viticulteurs qui en ont été très injustement les victimes collatérales. 

 

La filière vin française demande toujours que le préjudice subi de la fin 2019 au début 2021 sur le marché américain soit compensé. La France porte-t-elle cette demande au niveau européen et a-t-elle de la visibilité en la matière ?

Avec Bruno Le Maire et Julien Denormandie [NDLR : respectivement ministres de l’Economie et de l’Agriculture], nous avons demandé à la Commission européenne de mettre en place un fonds de compensation pour la filière. C’est un message que j’ai rappelé lors du Conseil Commerce du 20 mai dernier, et que nous continuerons de porter.

 

Les opérateurs français pouvant de nouveau se projeter sur le marché américain, quels sont les outils disponibles pour regagner des parts de marché sur le premier pôle de la consommation mondiale ?

C’est plus que jamais le moment de repartir à la conquête de l’Ouest ! Le plan de relance export trouve tout son sens pour aider les viticulteurs à reconquérir leurs positions aux Etats-Unis, et plus largement à remporter de nouveaux marchés. Aujourd’hui, les acteurs de la filière se sont bien approprié les soutiens que nous mettons en place avec le volet export du plan de relance, qu’il s’agisse des solutions de veille et d’information, des outils d’accompagnement à la prospection, d’assurance et de financement export, ou de mise en relation comme la e-vitrine Tastefrance Wine And Spirits. C’est le moment d’accélérer : c’est la raison pour laquelle j’ai présenté lors du Salon Wine Paris les déclinaisons taillées sur mesure pour la filière viticole de notre plan export, avec notamment un chèque relance export agro-alimentaire et des études de consommation sur trois marchés clés, dont les Etats-Unis. 


 

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