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Code Rural

Redéfinition et sécurisation des vins rosés de saignée en appellation

Lundi 07 juin 2021 par Alexandre Abellan

Avant cette modification, « la rédaction précédente pouvait mettre en difficulté » la pratique de la saignée indique Caroline Blot.
Avant cette modification, « la rédaction précédente pouvait mettre en difficulté » la pratique de la saignée indique Caroline Blot. - crédit photo : Planète Bordeaux (campagne 2015 "L'autre rosé")
Le comité national des vins AOC valide la nouvelle rédaction d’un article du Code Rural pour sécuriser juridiquement une vinification traditionnelle mise en délicatesse administrative.

« Un lot après vendange peut produire un vin rouge et un vin rosé bénéficiant de l’AOP » vient d’adopter ce 3 juin le comité national des Appellations d'Origine relatives aux vins de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Petite, cette précision apportée à l’article D645-12 du Code Rural est de poids afin de consolider juridiquement la pratique traditionnelle de vin rosé de saignée, remise en cause par un l’administration et la juridiction dans le vignoble bordelais.

Le 25 juin 2020, la présidente de la quatrième chambre correctionnel de Bordeaux, Caroline Baret, jugeait que « l’usage des saignées existe mais l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) ne s’est pas dotée des moyens règlementaires nécessaires à sa licéité. Si la cuve de vin est issue d’une parcelle AOC Bordeaux Rouge, la saignée ne permet pas de revendiquer deux vins d’AOC différentes. » Suivant les conclusions de la répression des Fraudes, la magistrate estimait que la pratique actuelle des rosés de saignée implique « la systématisation de fausses déclarations de récolte » et fait de la production de rosé « une voie d’optimisation de volumes ».

"Au plus simple"

En introduisant désormais une exception pour la pratique des rosés de saignée, la réglementation va lever l’insécurité juridique qui pesait sur la pratique traditionnelle de délestage d’un jus rosé lors d’une vinification en rouge. « On est allé au plus simple » explique Caroline Blot, la responsable du pôle vins de l’INAO, qui souligne que le groupe de travail dédié a été particulièrement efficace pour trouver une solution convenant à la filière et à l’administration.

Cette modification du Code Rural doit désormais être validée par un décret du ministère de l’Agriculture. Ce nouveau texte pourrait être adopté d’ici septembre à octobre indique Caroline Blot, précisant que dans l’immédiat les autorités administratives ne porteront pas de contrôles sur ce point. Ce qui avait été acté pour les vendanges du millésime 2020 à Bordeaux, où les craintes étaient vives de voir une technique historique devenir une pratique illicite.

 

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