LE FIL

Du pipeau ou du nouveau ?

Les effets d’une vinification en musique se dégustent à Châteauneuf-du-Pape

Jeudi 04 mars 2021 par Alexandre Abellan

« En utilisant certaines fréquences on donne ou redonne de l’information aux cellules. Il en est de même pour les levures qui sont du vivant » explique Melody Griffet.
« En utilisant certaines fréquences on donne ou redonne de l’information aux cellules. Il en est de même pour les levures qui sont du vivant » explique Melody Griffet. - crédit photo : We Wine !
Détonnant, un test de cuvée musicale débouche sur la création d’une nouvelle cuvée revendiquant des effets bénéfiques sur l’activité levurienne et l’extraction des polyphénols.

S'il est un doux air à l'oreille des vinificateurs, c'est le tempo régulier de fermentations sereines. Des vinifications en musiques peuvent-elles contribuer à cette efficacité, comme l’ont testé certains vignerons languedociens (domaines de l’Octroi, de Haut-Lirou, Vordy…) ? Pour se faire son idée, le négociant provençal Lionel Boillot (We Wine !) a décidé de faire ses gammes. Il a acheté les raisins d’une parcelle du domaine Mayard (AOC Châteauneuf-du-Pape) pour mesurer les effets de la vinification musicale développée par celle qui se définit comme une « thérapeute sonore », Melody Griffet, en collaboration avec la société héraultaise Swing It, proposant une technologie brevetée.

« Nous sommes partis sur le choix d’une bande son de jazz. Je me suis dit qu’il était peut-être fatigant d’écouter du hard-rock, de l’electro ou du reggae pendant 9 heures » indique Lionel Boillot. Ouvert à la fantaisie, le négociant est également pragmatique et indique choisi une AOC valorisée, si jamais les résultats de l’essai n’étaient pas probants et que leur conclusion se faisait sans tambour ni trompette. « J’étais un peu sceptique au départ » reconnaît également Arthur Mayard, le maître de chai du domaine familial éponyme (42 hectares en bio), qui a changé de refrain depuis : « les différences organoleptiques sont restées dans le temps. On s’aperçoit rapidement d’un décalage en termes d’alcool et de couleur, de cinétique fermentaire. Je ne sais pas si c’est lié à la musique ou pas… »

Protocole expérimental

Dès les vendanges, les raisins rouges de la parcelle testée ont été divisés en deux lots. Une première cuve temoin et une deuxième où étaient immergées des baffles subaquatiques sous le chapeau de marc. Ces enceintes ont diffusé des mélodies jazz et des fréquences spécifiques (voir encadré) de 8 à 17 heures pendant les 45 jours de fermentations (alcoolique puis malolactique). Au terme d’un élevage en foudre, des différences analytiques et organoleptiques apparaissent lors des dégustations à l’aveugle. « Mon travail a commencé et continue sur les êtres humains, en utilisant certaines fréquences on donne ou redonne de l’information aux cellules » indique Melody Griffet, qui fait de ses outils un moyen de dynamiser l’activité levurienne (voir encadré).

Au final pour le domaine Mayard, « il y a deux profils organoleptiques différents, alors que ce sont des raisins issus dans la même proportion d’une même parcelle, avec le même nombre de remontage et de délestages » rapporte Arthur Mayard, qui fait état d’une « plus forte intensité de la cuvée musicale, avec plus d’alcool et de sucres résiduels, plus de profondeur, plus de texture. »

"Père Pape in the Groove"

« Nous sommes agréablement surpris. L’expérience montre que l’on apporte quelque chose de différent » confirme Lionel Boillot, qui lance la commercialisation ce printemps des 10 000 bouteilles de sa cuvée spéciale « Père Pape in the Groove » (vendue 45 € l’unité, et 96 € en coffret dégustation pour comparer la cuvée musicale à celle témoin). N’ayant pas pris le risque de produire une cuvée musicale 2020 avant d’avoir achevé son expérimentation 2019, Lionel Boillot prévoit désormais de nouvelles appellations et de nouvelles partitions en 2021. Toujours avec SwingIt et Melody Griffet. Cette dernière indique que les vignerons intéressés par un test peuvent la contacter, sachant que « le coût dépend du volume… En général un prix est fixé par col. »

 

« Pas une rythmique, mais l’énergétique »

Dans les enceintes, « j’utilise des fréquences particulières qui vont en premier lieu avoir un effet "détoxication" sur les levures, puis une phase de "régénération", ensuite de "reprogrammation" » explique Melody Griffet. Se définissant comme une « bioénergéticienne », l’experte précise que « ce ne sont pas des musiques mais des fréquences particulières en hertz que j’utilise pour donner de "l’information" aux levures. Je les ai développées en travaillant sur des personnes au niveau cellulaire. Je ne travaille pas avec une rythmique spécifique comme un musicien, mais je travaille sur l’énergétique en combinant plusieurs fréquences. »

Melody Griffet indique développer actuellement « la première gamme de vin à Haute Calibration Energétique » avec le vigneron catalon Ton Rimbau (« nous mettons en place un protocole dès le début dans les vignes, jusqu’à l’embouteillage »).

 

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