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IFT viticoles

L'association HVE ne veut pas d'un durcissement de la certification dans le vignoble

Vendredi 12 février 2021 par Alexandre Abellan

La HVE permet de développer une alimentation vertueuse et accessible défend Jean-Jacques Jarjanette.
La HVE permet de développer une alimentation vertueuse et accessible défend Jean-Jacques Jarjanette. - crédit photo : Vignerons Indépendants
Défendant le statu quo, Jean-Jacques Jarjanette, le président de l’association pour le développement de la Haute Valeur Environnementale indique qu’il y a d’autres priorités avant d’affiner le niveau d’exigences.

« Il est urgent de ne pas bidouiller le moteur quand on est en pleine poussée » estime Jean-Jacques Jarjanette, le président fondateur de l’association pour le développement de la Haute Valeur Environnementale (HVE). Le directeur des Vignerons Indépendants* demande au ministère de l’Agriculture de ne pas promulguer dans un décret la proposition de la Commission nationale de certification environnementale (CNCE), qui souhaite intégrer au cahier des charges HVE une comparaison des Indices de Fréquence de Traitement (IFT) de chaque domaine viticole avec les références régionales.

« Avant toute modification, il est urgent de ne pas freiner la dynamique et de tout faire pour continuer à avancer » explique Jean-Jacques Jarjanette. Si l’intention de cette évolution sur les IFT est bonne, s’appuyant sur des demandes précisions pour l’arboriculture (portées par son association), « mais l’initiative est malheureuse pour la viticulture » prévient le président de l’association HVE.

"Prendre le temps"

Alors que des critiques visent la certification gouvernementale, « il y aura une évolution de la HVE, c’est une nécessité. Cette démarche exigeante doit être vivante et évolutive. Mais il faut prendre le temps, il y aura évolution le moment venu. Le timing n’est pas bon [pour l’IFT] » précise Jean-Jacques Jarjanette. L’association HVE met en avant deux priorités : des adaptations de la certification aux filières commençant à s’impliquer (comme les grandes cultures et l’élevage) et une communication tournée vers le grand public pour faire connaître le logo HVE soit (avec de la visibilité pour les consommateurs dans les rayons).

Le besoin d’accompagnement commercial plus que d’évolution réglementaire de la certification est justement le message porté par Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, qui déclarait en fin d’année : « la priorité pour moi, c’est d’abord d’accompagner la dynamique HVE. Avant même de la revoir. »

Ayant transmis ses demandes au ministère de l’Agriculture, Jean-Jacques Jarjanette se veut optimiste : « nous avons été écoutés, nous espérons être entendus ».

 

* : Soutenu par la fédération nationale des caves particulières depuis son lancement, la certification HVE est très implanté dans le vignoble. Au premier juillet 2020, le vignoble comptait 6 699 domaines certifiés, soit 82 % des entreprises HVE. La croissance de l’implication vigneronne dans la certification devrait s’accroître avec le crédit d’impôt de 2 500 € mis en place cette année.

 

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VOS RÉACTIONS
Benji Le 13 février 2021 à 19:04:11
Je ne vois pas en quoi la certification HVE doit être plus contestable que le bio si ce n’est l’intérêt des lobbys écolos bio bussiness porté par des pseudos associations dont on devrait se préoccuper de leurs interets( purement politiques )et de leurs financements! Tout cela sur le dos des viticulteurs bio ou non! De plus si on veut un maximum de viticulteurs engagés il ne faut pas changer les règles tout les ans!!
Guy Le 13 février 2021 à 12:03:29
"Prendre son temps"? Il semble que la biodiversité n'ai pas le temps. Et du temps il est passé beaucoup depuis les premieres alertes. Et pendant ce temps on bénéficie des crédits d'impôt ? Ou on y renonce.? Pensez-vous à votre responsabilité avec d'autres professions ?
Guy Le 13 février 2021 à 07:00:39
"prendre je temps" Une idée intéressante à faire partager aux insectes et à tous ceux qui souffrent des pratiques mortiféres et qui lancent l'alerte depuis des dizaines d'années. "Prendre le temps pour mieux reculer serait plus exact".VUNA
Benji Le 12 février 2021 à 23:49:42
Juste de la logique c’est pas dur à comprendre! La démarche HVE est une vraie opportunité qui doit être accompagnée financièrement par les acheteurs mais on ne doit pas changer les règles tout les ans! C’est une vraie certification qui est forcément attaquée par le lobby du bio business avec ces pseudo associations environnementales qui ne voient que leurs propres intérêts aux dépends de tout les viticulteurs (bios ou non)
Vigneron Le 12 février 2021 à 17:53:53
Beaucoup de gens tirent à boulet rouge sur le HVE.. mais il faut savoir que cela représente un coût pour les agriculteurs qui se convertisse et que tout les agriculteurs ne sont pas encore passés au HVE! Après, je trouve logique d'interdire au maximum l'utilisation des herbicides, sinon on ne voit pas bien l'intérêt de la démarche d'être HVE. L'item biodiversité, qui va aller vérifier ? Mais dans ce cas là, ne parlons pas de la biodynamie où bien des principes sont invérifiables.. Des agriculteurs bio se convertissent au HVE, il n'y en a n'a pas beaucoup. Il faudrait qu'il y en ait plus!
Denis Le 12 février 2021 à 14:39:48
Si je comprend bien, augmentons au maximum la visibilité de ce logo représentant une certification (contestable et) contestée... le moteur a des ratés ? tant pis, fonçons !
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