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Les vins AOC de France réclament le maintien de la gestion des plantations de vigne

Jeudi 17 septembre 2020 par Marion Ivaldi

De gauche à droite : Damien Champy, secrétaire général du SVG, Maxime Toubart, président du SVG, Eric Tesson, directeur de la Cnaoc.
De gauche à droite : Damien Champy, secrétaire général du SVG, Maxime Toubart, président du SVG, Eric Tesson, directeur de la Cnaoc. - crédit photo : Marion Ivaldi
Ce 16 septembre les organisations professionnelles viticoles ont fait part de leur attente concernant le maintien d’un système de gestion de l’accroissement du vignoble dans le cadre des discussions de la future PAC.

Provence, Bordeaux, Cognac, Bourgogne, Alsace, Val de Loire… Un jour après les appellations européennes, c’est au tour des AOC de France de lancer un « appel solennel » pour que l’Europe maintienne un système de gestion des plantations de vignes après 2030, année où l’actuel système, qui attribue des droits à planter, doit disparaître de la règlementation communautaire. Cet appel a été émis lors de la conférence de presse annuelle du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV). L’appellation est particulièrement concernée par la maitrise de son potentiel de production alors qu’elle s’apprête à livrer sa nouvelle délimitation de l’aire après un travail de près d’une quinzaine d’années. « Avec l’élargissement de l’aire, l’absence de maitrise des plantations fait peser un risque indéniable de destabilisation économique de notre appellation » a rappelé Maxime Toubart, président du SGV, le 16 septembre.

Besoin d'un outil de gestion

Cette destabilisation est également redoutée en Bourgogne comme l’a expliqué Thiébaut Huber, président de la Confédération des appellations viticoles de Bourgogne (CAVB). « La filière viticole est une filière organisée et gérée. Il est bon de rappeler qu’elle est peu soutenue par les financements de la PAC. En revanche, elle a besoin d’un outil pour ne pas scier cette organisation efficace qui assure sa pérennité » a-t-il expliqué. Cognac réclame également ce mode de gestion de l’accroissement du vignbole alors que l’appellation met en œuvre une stratégie d’agrandissement du vignoble pensée sur plusieurs années.  « La régulation est un élément essentiel de régulation pour mettre en place notre business plan » a expliqué Christophe Forget, président de la Fédération des interprofessions du bassin charentais.

Quel mode de gestion ?

La mobilisation des organisations représentant les producteurs français et européens sur la gestion du potentiel de production du vignoble intervient en cette mi-septembre à un moment où la présidence allemande a indiqué sa ferme volonté de boucler le dossier de la PAC avant la fin de son mandat. L’objectif est donc de s’assurer que le principe de gestion du potentiel de production soit bien prolongé au-delà de 2030. Si, le système actuel des droits de plantation est réclamé par les producteurs français, ce système pourrait néanmoins être revu. Il a en effet induit quelques débats, notamment en Italie dans l’appellation Prosecco. En France, le plan d’accroissement du vignoble de Cognac n’a pas manqué de provoquer quelques débats houleux entre région. Les restrictions sur les plantations de vins sans indications géographiques ont également agité l’actualité viticole. Il est ainsi possible que des adaptations soient apportées au régime actuel. Tout dépendra des débats du trilogue et des actes déléguées qui suivront le texte. Si, bien sûr, le principe de la gestion du potentiel de production du vignoble européen est bien retenu par Bruxelles.

Allégement des charges sociales et encadrement des promotions

Le Syndicat général des vignerons de la Champagne est revenu sur sa demande d’un allégement des charges sociales appliqué aux exploitations dans le cadre de la crise Covid. « Les 15 000 vignerons seront payés l’an prochain. Ils ne peuvent donc pas justifier du plancher de 80 % de pertes pour pouvoir bénéficier de l’allègement des charges sociales. Pourtant, il faudra les accompagner pour éviter la casse » a martelé Maxime Toubart. Ce dernier a également indiqué que le Comité Champagne se saisissait de la question de l’encadrement des promotions. Alors que la crise a durement touché l’appellation, le risque de voir des promotions qui détruisent la valeur du Champagne est plus élevé que par le passé. « C’est un sujet très important pour la Champagne » a commenté Maxime Toubart, expliquant que des pistes étaient étudiées autour de l’interprofession mais se refusant à livrer davantage de détails.

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