LE FIL

Occitanie

Les coopératives voudraient un démarrage de la campagne sur des prix stables

Mercredi 19 août 2020 par Marion Ivaldi
Article mis à jour le 21/08/2020 12:04:22

Ludovic Roux, président de la section viticole de Coop de France Occitanie : 'Je tiens à souligner que cette distillation aidée est historique'.
Ludovic Roux, président de la section viticole de Coop de France Occitanie : 'Je tiens à souligner que cette distillation aidée est historique'. - crédit photo : Vignerons coopérateurs
En Occitanie, la coopération a débuté ses réunions vendange. Pour les Vignerons Coopérateurs, la récolte, le profil des vins et l’état des stocks doivent permettre un alignement des prix 20/21 sur ceux de 19/20.

« Nous voudrions redémarrer avec des prix de la récolte 2020 sur alignés sur ceux de 2019 » indique Ludovic Roux, président de la section viticole des Vignerons Coopérateurs. Alors que les discussions sont engagées avec le négoce, pour la coopération viticole occitane, il ne fait pas de doute que les prix devraient se maintenir. D’abord parce que l’offre s’annonce stable, explique Ludovic Roux. « L’année a été particulière. Elle était annoncée comme l’année du vin, ce ne sera pas celle du vigneron. Nous avons connu des gelées, de la grêle, des attaques mildiou au-delà de la norme, de l’échaudage et maintenant des dégâts de sanglier » énonce Ludovic Roux. Les volumes devraient être « normaux », donc pour une qualité qui s’annonce plutôt bonne. « Les pluies de printemps, le temps sec estival et maintenant les nuits fraîches pour accompagner la maturation sont des facteurs qui garantissent une bonne qualité des vins » assure Ludovic Roux.

Apurement des stocks

Par ailleurs, l’apurement des stocks permis par la distillation permet d’attaquer la nouvelle campagne avec un marché assaini. « Je tiens à souligner que cette distillation aidée est historique. Les dernières campagnes de distillation avaient été décidées lorsque le vignoble s’était enfoncé dans la crise. Par ailleurs, elle était financée à seulement 30 euros » salue Ludovic Roux qui souligne également le plan de relance régional doté d’un budget de 14 millions d’euros qui doit permettre de soutenir les efforts commerciaux. « Cela doit nous donner de l’optimisme » martèle Ludovic Roux.

L’optimisme vient également de la relative bonne capacité du vignoble languedocien à traverser la crise. Les IGP ont en effet limiter la casse avec des baisses somme toutes relatives en comparaison à d’autres catégories de vin. « Nous avons une offre adaptée au marché. Nos blancs et nos rosés sont plébiscités. Par ailleurs, de nombreuses caves sont désormais certifiées HVE, Terra Vitis et le bio se développe » rappelle Ludovic Roux.

Résorber la crise des AOP Rouge

Seules les AOP Rouge d’entrée de gamme sont à la peine, « tout comme à Bordeaux » relativise le président. Ces vins, qui constituent une faible proportion de l’offre languedocienne, connaissent une crise davantage structurelle que conjoncturelle. Pour Ludovic Roux, plusieurs mesures pourraient les sortir de ce mauvais pas. « Basculer une partie des volumes en rosé, et notamment en AOC Languedoc Rosé sur laquelle des efforts commerciaux sont faits. Il faudrait également opérer un basculement d’une partie de ces AOP en IGP de Territoire dont les prix sont supérieurs aux AOP génériques avec un rendement plus intéressant ». Enfin, il incite également une partie du vignoble à se convertir à l’agriculture biologique, tout en reconnaissant que c’est une stratégie qui n’est pas forcément adaptée à toutes les typologies d’exploitation.

Pas d’arrachage…pour l’instant

Et l’arrachage de ces surfaces qui ne trouvent pas de débouchés ? « Pour l’instant, il n’y a pas de catastrophe sociale et nous pensons que nous pouvons sauver ce vignoble et donc ne pas détruire notre outil de production. Nous croyons qu’il est possible de passer ces quelques années difficiles qui s’annoncent » explique-t-il, tout en reconnaissant que si la situation venait à se dégrader, la coopération pourrait revoir sa position. « Nous laissons l’arrachage à d’autres vignobles pour l’instant » lâche-t-il en insistant sur sa volonté de rester optimiste. « Se prononcer sur les mois prochains restent très difficile. Nous avons des disponibilités normales, des vins qualitatifs, l’offre occitane se porte bien ». La suite de la campagne dépendra des décisions politiques et sanitaires…

 

 

Les Vignerons coopérateurs épaulent leurs adhérents face à l'épidémie

"Coop de France a assuré un suivi réglementaire et juridique journalier sur les décisions gouvernementales permettant à nos adhérents d'être informés quotidiennement" salue Ludovic Roux. Le syndicat a également publié un livret sur les mesures sanitaires et de distanciation sociales permettant à chaque coopérative d'avoir une boîte à outil pour gérer les gestes barrières.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé