LE FIL

Sécheresse

Le manque d’eau impacte le rendement sur plusieurs millésimes

Mardi 25 août 2020 par Marion Bazireau

« Lorsque l’irrigation a été stoppée de la nouaison à la véraison, le rendement de tous les cépages a chuté » assure Alexander Levin.
« Lorsque l’irrigation a été stoppée de la nouaison à la véraison, le rendement de tous les cépages a chuté » assure Alexander Levin. - crédit photo : Piqsels
Des stress hydriques avant la véraison réduisent durablement le rendement. L’augmentation de la taille des baies ne comble pas la baisse du nombre de grappes par pied de vigne.

Pendant 4 ans, Alexander Levin a soumis 15 cépages rouges conduits en cordon à différents stress hydriques pour en mesurer les conséquences sur le rendement.

« A partir de la nouaison, nous avons comparé trois modalités » détaille ce chercheur dans l’Oregon. « Un déficit hydrique tardif, en arrêtant l’irrigation à la véraison ; un déficit moyen, en irrigant toute la campagne à 50% de l’évapotranspiration de la vigne ; et un déficit précoce, en arrêtant l’irrigation de la nouaison à la véraison puis en reprenant à 50% jusqu’aux vendanges. »

Peu de conséquences après la véraison

A l'heure de la récolte, il a compté les grappes, le nombre de baies par grappe, et les a pesées. Après la véraison, les déficits en eau ont eu peu de conséquences sur le rendement.

« En revanche, lorsque l’irrigation a été stoppée de la nouaison à la véraison, le rendement de tous les cépages a chuté. C’est toujours le poids des baies qui a le plus diminué, suivi par le nombre de grappes par cep. Le nombre de baies par grappe n’a quant à lui presque pas changé » résume le chercheur.

Ce dernier constat pourrait signifier que la différenciation des inflorescences n’est pas ou peu impactée par un manque d’eau lors du millésime en cours. Selon le professeur Alain Deloire, les vignes taillées en guyot pourraient réagir différemment, « l’initiation inflorescentielle au niveau des nœuds positionnés plus hauts sur le rameau primaire intervenant plus tard sur l’échelle phénologique que celles des bourgeons latents de la base. »

"Une baisse continuelle du rendement "

Alexander Levin a aussi constaté que le rendement qu’il obtenait sur les ceps soumis à un stress hydrique avant véraison baissait continuellement au fil des ans. Les ceps portaient de moins en moins de grappes, « jusqu’à 30% au bout de 4 ans. »

Pour vérifier que les vignes gardaient des séquelles des déficits passés, il les a de nouveau irriguées normalement pendant toute la cinquième saison. Si la taille des baies a réaugmenté, le nombre de grappes par ceps est resté bas, preuve d’un effet négatif sur le long terme des stress hydriques pré-véraison.

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