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Le Centre du Rosé dévoile ses nouveaux projets

Vendredi 10 juillet 2020 par Marion Bazireau

Les chercheurs veulent notamment savoir si la génération future aimera la couleur pâle des rosés de Provence.
Les chercheurs veulent notamment savoir si la génération future aimera la couleur pâle des rosés de Provence. - crédit photo : Wikipedia
Un travail sur la mycorhization et la sélection d’une levure provençale devraient démarrer avant la fin de l’année. En 2021, le Centre du Rosé souhaite s'entourer d'experts pour étudier les arômes et la couleur.

« Après vous avoir présenté les résultats de nos travaux passés tout au long du printemps, nous avons souhaité vous dévoiler ce que nous avons dans les tuyaux pour les années à venir » a lancé Gilles Masson ce 7 juillet, en introduction du dernier webinaire de l’année du Centre du Rosé.

Malgré la crise, quatre projets ont déjà pu être lancés cette année. « A la demande de l’interprofession, du fait de la conjoncture, nous avons d’abord démarré des travaux sur la conservation du rosé en cave et en bouteille » a détaillé le directeur. Le Centre du Rosé planche aussi sur l’authenticité des vins de Provence, cherchant à trouver des outils analytiques pour la garantir, « car nous sommes de plus en plus copiés. »

"Nous avons besoin de plus de vin "

Le troisième projet en cours porte sur la productivité du vignoble. « On ne fait pas le plein, on a besoin de vin ». Selon Gilles Masson, produire 5 ou 10% de plus ne poserait pas de problème de qualité. « Nous prenons le problème à bras le corps en jouant sur l’eau, l’azote, et le mode de conduite de la vigne, notamment la taille, dans une parcelle expérimentale à Vidauban. »

Enfin, le Centre du Rosé a lancé un observatoire des cépages. « De nombreux viticulteurs plantent de nouveaux cépages, on doit savoir qui fait quoi, pour que les expérimentations individuelles profitent au collectif. L’année prochaine, on doit savoir combien nous avons d’hectares de floréal ou si l’artaban casse au vent. »

D’ici la fin de l’année trois autres projets vont être initiés. Le premier, baptisé « Mycophyto », doit permettre de trouver des champignons propres aux terroirs provençaux, à greffer sur les racines des cépages de la région, de façon « à économiser l’eau et optimiser les rendements de nos variétés. » Avec Lallemand, le Centre du Rosé tente également de sélectionner une levure régionale. « Et, dans le cadre d’un programme national, nous travaillons sur les vins sans sulfites » a dévoilé Gilles Masson.

Anticiper le comportement des futurs consommateurs

« Comme si ça ne suffisait pas, on a déjà des idées pour 2021 et deux autres projets pourraient voir le jour. » Le Centre du Rosé aimerait continuer à creuser la question des arômes, en partenariat avec l’Université de Nice, spécialisée dans les parfums. Enfin, les chercheurs souhaitent collaborer avec Kedge Business School et des chercheurs de Winchester sur la perception de la couleur par les consommateurs. « On va leur mettre des casques sur la tête pour étudier la réaction du cerveau lorsqu’on leur propose différentes couleurs de rosés. Cela nous permettra de comprendre le succès actuel de nos vins et prévoir ce qui peut se passer demain, les nouveaux consommateurs n’affectionnant peut-être pas les mêmes couleurs que nos anciens » a conclu le directeur.

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