LE FIL

Ravageurs

Un outil pour se passer de la lutte chimique contre les tordeuses de la grappe

Vendredi 26 juin 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 21/01/2021 12:14:35

Campoplex capitator pond ses œufs dans les larves des tordeuses et provoque leur mort.
Campoplex capitator pond ses œufs dans les larves des tordeuses et provoque leur mort. - crédit photo : Wikipedia
Les viticulteurs sauront bientôt si les parasites présents dans leurs vignes suffiront à réguler naturellement les populations de tordeuses ou s’ils doivent traiter pour sauvegarder leur récolte.

Certains parasites d’eudemis et de cochylis sont très présents dans les vignobles, régulant naturellement les populations de tordeuses. « C’est le cas de campoplex capitator, une guêpe qui pond ses œufs dans les larves et provoque leur mort » illustre Denis Thiéry, chercheur à l’INRAe de Bordeaux.

Le taux de mortalité des tordeuses dépend de plusieurs facteurs, telles que la latitude du vignoble, la température, ou le cépage. « Nous savons par exemple que le froid renforce le système immunitaire des chenilles. Elles sont également plus résistantes sur le riesling, le carignan et le mourvèdre que sur les cépages bordelais » poursuit Denis Thiéry.

Avec plusieurs partenaires* et d’ici trois ans, le chercheur souhaite mettre à disposition des viticulteurs un outil pour les aider à prendre la décision, ou non, de traiter.

3000 prélèvements de tordeuses

Pour cela, à partir de mars prochain, lors de la première génération de tordeuses, des techniciens vont collecter 3000 glomérules dans une cinquantaine de vignobles, à Cognac, Bordeaux, dans le Gers, les Pyrénées et l’Aude. « Nous allons par exemple faire des prélèvements à la coopérative de Cuxac où les tordeuses sont entièrement contenues par confusion sexuelle. La région de Perpignan est également très intéressante car c’est là que nous constatons le plus fort taux de parasitisme » détaille Denis Thiéry.

Des analyses par PCR viendront ensuite signaler ou non la présence de parasites. « Puis nous nous attacherons à corréler le taux de parasitisme aux dégâts de vendanges. » Restera à développer des modèles mathématiques qui prédiront aux viticulteurs leur chance d’atteindre un seuil de parasitisme naturel au-dessus duquel les traitements insecticides ne seront plus nécessaires. « Concrètement, nous catégoriserons les vignobles selon 3 types de couleurs, rouge, orange, ou vert pour lorsque le taux de parasitisme sera très fort » conclut Denis Thiéry.

*Le projet Parade est porté par l'INRAe (Bordeaux et Rennes), en partenariat avec l’IFV Cognac, Arvalis, la coopérative de Plaimont, celle de Cuxac, et la Chambre d’Agriculture des Pyrénées Orientales.

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