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Main d’œuvre confinée
Faute de saisonniers étrangers, le vignoble français craint de manquer de bras

Souhaitant que le gouvernement s'inspire du plan allemand de venue des travailleurs étrangers, des bassins viticoles demandent la signature rapide d'accords internationaux pour pouvoir bénéficier de la main d'oeuvre qui va rapidement manquer dans les vignes.
Par Alexandre Abellan Le 28 avril 2020
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Faute de saisonniers étrangers, le vignoble français craint de manquer de bras
Alliant précocité marquée et épidémie coronavirus, le millésime 2020 demande d'urgence des saisonniers. - crédit photo : MSA 33
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a vigne pousse aussi rapidement que la crainte de manquer de main d’œuvre pour la maîtriser. « Des ministères sont arqués sur l’idée que la main d’œuvre locale suffira, avec les chômeurs partiels, les étudiants, les salariés de la restauration et de l’hôtellerie… Mais cela n’a rien à voir entre être serveur et releveur ! Il nous semble difficile de capter cette main d’œuvre, il va y avoir un trou dans la raquette » tranche un syndicaliste viticole de Cognac. Demandée par l’Assemblée Générale de la Production Viticole (AGPV), la mise en place par la France d’un plan permettant la venue de travailleurs saisonniers originaires d’autres pays européens tarde à se mettre en place. Alors que l’Allemagne installe l’entrée groupée de travailleurs saisonniers, des vignobles haussent le ton en s’inquiétant d’un décalage entre la précocité du vignoble et le retard dans l’ouverture des frontières aux travailleurs saisonniers.

Mobilité de la main d'oeuvre étrangère

Dans une lettre envoyée ce 24 avril au l’exécutif*, le Comité Champagne interpelle le gouvernement « sur la question de la mobilité de la main d’œuvre en provenance d’autres pays » puisque « les différentes plates-formes mises en place pour permettre aux employeurs de trouver plus facilement de la main d’œuvre aux niveaux local et national ne suffiront pas » et qu’« en dépit de tous les efforts réalisés en vue de recruter du personnel (partenariat avec différents organismes : Pôle Emploi, Conseil départementaux…), les viticulteurs ont recours à de la main d’œuvre en provenance d’autres pays faute de main d’œuvre locale ». Même son de cloche dans une lettre également envoyée ce 24 avril, dans laquelle le Bureau National Interprofessionnel de Cognac souligne que « si nous avons sollicité les structures locales d’emploi, comme chaque année, pour nous aider au recrutement d’un maximum de saisonniers sur notre territoire, et si nous menons actuellement une réflexion sur une bourse de l’emploi spécifique dans le contexte actuel, vous n’êtes pas sans savoir que cette problématique récurrente nécessite, par ailleurs, que nous fassions appel, en renfort, à une main d’œuvre étrangère nombreuse »

Vraie inquiétude

Le négoce et la viticulture des Charentes estiment nécessiter 10 000 salariés saisonniers, quand la filière champenoise en nécessite aux alentours de 29 000. Ces derniers venant principalement de Pologne, de Roumanie, de Bulgarie, de République Tchèque, du Portugal et d’Espagne (soit des pays européens membres et non-membres de l’espace Schengen). « Sans main d’œuvre étrangère venue d’Europe de l’Est pour certains bassins, mais aussi d’Espagne, d’Italie et d’Afrique du Nord pour d’autres, une partie de notre activité ne va pas pouvoir être réalisée avec notre seule main d’œuvre permanente » confirme Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France. « Il y a une vraie inquiétude dans les zones où la pression est forte, en Cognac, en Champagne, en Bourgogne, à Bordeaux et en Vallée du Rhône » poursuit le vigneron languedocien.

« Dans le contexte actuel du Covid-19, et contrairement à nos pays voisins – l’Italie et l’Allemagne – la France n’a pas, à ce jour, signé d’accord avec le gouvernement roumain pour autoriser le déplacement de salariés sur notre sol. Cette situation est d’autant plus problématique qu’une réaction tardive de la France serait de nature à engendrer un manque de disponibilité de la main d’œuvre étrangère » alerte le courrier charentais. « Nous sommes conscients qu’en tout état de cause, une telle circulation ne se fera qu’en respect de mesures de préconisations sanitaires en vue de limiter la propagation du COVID-19 et nous veillerons à être particulièrement attentifs sur ce point. De la même manière, les conditions d’hébergement de ces salariés seront aménagées pour garantir leur sécurité » précise la missive champenoise.

Exemple allemand

En Allemagne, le gouvernement a ainsi mis en place une plateforme en ligne dédiée aux candidats, permettant de grouper leurs arrivées aériennes, de réaliser des contrôles de santé à l’atterrissage, de leur fournir des consignes d’hygiène, de les transporter directement sur les exploitations… « La France a la même capacité à s’organiser. Nous en avons le besoin, il en faut la volonté politique » souligne un syndicaliste champenois, qui précise que jusqu’ici les vignerons ont trouvé des solutions au manque de bras, mais que l’approche des vendanges doit conduire à un réel soutien gouvernemental.

 

* : Les courriers champenois et charentais ont été envoyés au premier ministre, au ministre de l’Intérieur, au ministre de l’Economie, au ministre de l’Agriculture, au ministre du Travail et au ministre des Affaires étrangères.

 

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Tous les commentaires (9)
Guillaume Le 25 mai 2020 à 10:56:34
Bonjour, Savez-vous s'est-il possible de faire venir un travailleur d'Afrique, pour un la viticulture saisonnière? si oui comment? Merci
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JM68 Le 13 mai 2020 à 08:30:48
Si vous croyez qu'avec les prix agricoles offerts par le marché vous pouvez payer un salarié 15€/H soit au moins 25€ avec charges par ex vous vivez dans un monde imaginaire Craoux!
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craoux Le 09 mai 2020 à 18:18:26
Et encore un commentaire - Didine - qui me fait bondir ! ... Le deal de payer au SMIC un job saisonnier ne peut effectivement convenir qu'à un "employé" étranger ... venant bien évidemment d'un pays où la protection sociale (santé, travail) n'est pas encore au niveau de celle qu'on a en France .... c'est bien beau l'Europe puis l'UE mais voilà un peu plus de 60 ans qu'on ne s'intéresse qu' à l'économie (échanges) et qu'au plan des règles sociales on est encore à "ground 0". Si vous considérez qu'avec 10,15 € "bruts" de l'heure (eh oui ... ne vont dans la poche qu'environ 9,40€!) un être humain peut décemment vivre en France et être motivé, ne changez rien de vos opinions ! .. et continuer de vous tourner vers les Etats UE de l'est ou le Maghreb ... et n'oubliez pas de voter RN !
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Didine Le 07 mai 2020 à 18:16:46
Je suis viticultrice et pour les travaux saisonniers comme le palissage ou les vendanges où cela nécessite les périodes de renfort en bras, vous pouvez toujours chercher de l'embauche au pôle emplois du secteur, le personnel recruté ne fait pas une journée entière ( le travail est jugé trop pénible, ça fais mal au dos). Faire un tas de paperasse , dpe , certificat de travail.... pour que la personne se barre au bout d'une matinée de boulot c'est pas vraiment sérieux. Le salaire est rémunéré au smic , en France c'est 10.15 euros de l'heure,. le seul problème, dans notre beau pays, c'est qu'aujourd'hui les gens se confortent à ne rien faire et que de fournir un effort pour travailler c'est dur et ça ne vient pas tout seul ,faut une contrepartie qui s'appelle TRAVAILLER. Voilà pourquoi on se tourne vers une main d'oeuvre de préférence étrangère qui travaille sans rechigner devant la tâche.
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craoux Le 04 mai 2020 à 19:42:24
Je suis consterné par les deux derniers commentaires (Nephiline et Gracia) ... que ces deux forts esprits critiques reprennent leur analyse au tout début et répondent honnêtement à la question : vous les payez combien de l'heure (en brut et en net) vos esclaves "saisonniers" pour bosser dans les vignes alors que les "français fainéants" n'acceptent pas ces boulots ? ... comment peut-on se construire une vie avec des jobs saisonniers et payés à trois francs six sous ? ... lamentables vos commentaires.
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Nephiline Le 04 mai 2020 à 14:05:10
Voici un débat redondant, le français feignant payé a rien faire face à la main d'oeuvre étrangère qui ne consomme pas sur le territoire. Je travaille depuis 15 ans dans le monde du vin, je suis parti de la base (ouvrier) pour arriver au niveau de manager (directeur). Effectivement, il est plus aisé de recruter de la main d'oeuvre étrangère (moins chère?) par l'intermédiaire de prestataire. Cependant le français courageux existe! Si on le cherche, le fidèlise. L'exemple de la restauration est parfait, regardons ces gens de salle et de cuisine leur courage pendant leur travail sans parler de leur extra, ils seront en parfaire adéquation avec nos besoins. Que manque t il? Faire connaitre nos métiers, leurs richesses, leurs attraits. Casser cette catégorisation des métiers manuels relégués et dénigrés comme sous emploi. Profitons de ce retour sur soit de notre pays afin de mettre en lumière des pilliers de notre nation....la vigne et le vin!
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Gracia jean paul Le 04 mai 2020 à 07:49:48
Je suis vigneron et d'accord avec Chapi. Mais qui veut travailler réellement dans les vignes ? Nathalie constitue l'exception qui confirme la règle, encore qu'il ne s'agisse que d'une déclaration d'intention. La réalité est que c'est très difficile de trouver des français. Dans ma région, Languedoc, ce sont à 90% des maghrébins. Les quelques Français d'origine ne tiennent pas longtemps. C'est comme ça. Le confort ne rend pas qu'idiot, il amollit.
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chapi Le 02 mai 2020 à 11:23:55
La demande pour travailler est bien présente! les vignerons ne peuvent pas implorer et pleurer auprès des consommateurs pour qu'ils achetent les produits locaux si eux-mêmes à l'inverse font venir de la main d’œuvre étrangère!! un peu de logique!!
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Jessie Le 29 avril 2020 à 18:31:26
Moi perso je ne comprends rien.Vous parlez de manque de main d'œuvre alors qu' il y a pleins de français qui recherchent en ce moment du boulot dans les champs et ne savent pas sir quel site postuler!!! Il n y a pas de manque de main d œuvre je pense que vous le faites exprès.
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