LE FIL

En confinement

Les ventes de champagne s’effondrent, celles de cubis de vin explosent en GD

Mercredi 08 avril 2020 par Alexandre Abellan

« Chacun aurait pu anticiper un phénomène similaire sur le rayon alcools, d’autant plus que l’interdiction d’ouverture des restaurants, bars, pubs… a stoppé net la vente de boissons, alcoolisées ou non, dans ces établissements à partir du 15 mars » notent les analystes de Nielsen.
« Chacun aurait pu anticiper un phénomène similaire sur le rayon alcools, d’autant plus que l’interdiction d’ouverture des restaurants, bars, pubs… a stoppé net la vente de boissons, alcoolisées ou non, dans ces établissements à partir du 15 mars » notent les analystes de Nielsen. - crédit photo : Alexandre Abellan (linéaires d'un supermarché bordelais ce 19 mars)
De la chute des achats de vins effervescents à la légère hausse des vins rosés, la commercialisation de boissons alcoolisées accuse le coup en grande distribution face à l’épidémie de coronavirus. Pour l’instant du moins, selon les analyses des panels Nielsen.

En grande distribution, il y a nettement un avant et un après confinement pour les ventes de boissons alcoolisées. Boostés de 12 % en valeur par des achats d’anticipation les douze jours précédant le mardi 17 mars, les ventes d’alcool sont en recul de 16 % sur les douze premiers jours de confinement rapportent les panels Nielsen. « Entraînant des achats jamais vus en grande distribution » et « des effets de stockage considérables au sein des rayons épicerie ou entretien », le confinement de la population française ne profite pas aux vins et spiritueux soulignent les experts de Nielsen. Au contraire, « depuis le 17 mars, le rayon alcools des magasins est mis de côté par les consommateurs, malgré la fermeture des établissements hors-domicile. Le recul des ventes est même deux fois supérieur à sa tendance annuelle… » rapporte le dernier bilan de Nielsen.

Se focalisant sur les achats de première nécessité et piochant dans leurs réserves à domicile, les consommateurs se détournent des achats de vins en supermarchés (-31 % sur la première semaine d’avril), même si le boom du retrait des achats par le drive cause une explosion des ventes de vin par ce réseau (+158 % ce début avril). Globalement, les ventes de vins tranquilles chutent de 2 % du 13 au 29 mars (soit depuis la première allocution présidentielle, du 12 mars). Très touchés en ces temps bien peu festifs, les vins effervescents encaissent une baisse de 29 % et les champagnes -53 %. A l’opposé, les vins rosés résistent avec une hausse de 3 % des ventes, « grâce à la météo particulièrement ensoleillée qui a accompagné les premières semaines de confinement » pondère Nielsen.

"L’exode vers le littoral appuie les ventes de cubis de vins"

S’inscrivant dans la durée du confinement à domicile, et sa logique de stockage, les grands formats sont plébiscités en grande distribution. Du 16 au 29 mars, les ventes de cubis de vin ont bondi de 43 % sur tout le réseau. Les fûts de bière attirent également les achats, avec une hausse de 16 % des ventes sur la période. « L’analyse des tendances de ventes au département a démontré l’exode des Français dans certaines régions du littoral de la Manche et de l’Atlantique. Un phénomène qui se voit appuyer par le boom des ventes sur les cubis de vins ou les fûts de bières » estime Nielsen.

Alors que la durée du confinement et les modalités déconfinement restent des inconnues de taille, ces premières tendances pourraient évoluer dans les prochaines semaines. « Sur la durée, on verra sans doute rebondir ces catégories alcools avec une volonté d'agrémenter son quotidien, qui peut sembler morose et répétitif » souligne Mathieu André-Febrero, le directeur on-trade de Nielsen

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VOS RÉACTIONS
Eric Le 04 mai 2020 à 14:57:39
C'est triste de confondre BIB et cubits...
Servais Le 09 avril 2020 à 07:49:06
Bonjour, Comme vous le dites, nous verrons peut-être les ventes exploser après l'épidémie, mais quand ? C'est la durée de l'impasse qui va se montrer prépondérante. En attendant, nous, les cavisres,en zone rurale frontalière, nous ne voyons plus de clients, parce que nous avons dû fermer, parce que les contrôles policiers nous mettent en marge des déplacements essentiels, etc. Alors que les grandes surfaces ne viennent pas gémir car elles sont carrément privilégiées en cette période, leurs parkings sont pleins certains jours, et sans que , chez certaines enseignes, les mesures de distanciation sociale soient assurées et mises en place. Tout, sauf équitable, d'autant que les gendarmes invitent à grouper, concentrer ses achats, à éviter de circuler plusieurs fois par semaine, et verbalisent facilement de manière parfois plus vite arbitraire que légale. Difficile dans ces conditions d'imaginer l'achat d'une bouteille, avec un déplacement seulement motivé par celle-ci ! Produit alimentaire certes, mais est-il essentiel ? C'est là que réside toute l'interprétation. De plus, plus aucun belge ne peut venir acheter chez moi... Quant au champagne, on peut comprendre que personne n'ait vraiment envie de le boire en ce moment... N'oublions pas les vignerons ! La manière dont ils nous relancent chaque semaine démontre qu'eux aussi voient leurs ventes chuter ! Alors, s'il vous plait, ne remuez pas le couteau dans la plaie en "plaignant" la GD. Ils sont quasi les seuls à vendre en ce moment.
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