LE FIL

Stratégie d’AOC

Léa Romero met à plat les forces et faiblesses des vins du Médoc

Jeudi 19 mars 2020 par Alexandre Abellan

Ayant à l’origine suivi une formation dans le développement commercial, Léa Romero s’est notamment spécialisée dans l’œnotourisme.
Ayant à l’origine suivi une formation dans le développement commercial, Léa Romero s’est notamment spécialisée dans l’œnotourisme. - crédit photo : DR
Suivant un master spécialisé vin et spiritueux en alternance, l’étudiante de Kedge réalise une étude de marché pour l’ensemble du vignoble médocain.

Dans le cadre d’un contrat de professionnalisation de l’école bordelaise Kedge, Léa Romero a repris ses études mi-septembre 2019 pour réaliser un master spécialisé vin et spiritueux en alternance au sein du syndicat des vins d’appellations Médoc, Haut-Médoc et Listrac-Médoc. L’étudiante a jusqu’à la fin octobre 2020 pour mener un état des lieux du marché global des appellations médocaines afin de participer à la stratégie de repositionnement de l’image et de la communication de ces AOC.

Se plaçant dans la continuité des réflexions lancées depuis l’an dernier, les travaux de Léa Romero se penchent sur cinq dimensions qui sont autant de leviers de positionnement et de notoriété : « l’offre (les chiffres de production et la qualification par des dégustations de professionnels et de consommateurs), la distribution (le point sur les réseaux de commercialisation), la communication (la vision des institutions de la filière vin et touristique), la consommation (l’étude des attentes et tendances de la clientèle) et l’environnement global (concurrentiel, réglementaire…) » explique-t-elle. « Il s’agit d’une approche qualitative (rencontres de producteurs, courtiers et négociants) et quantitative (études de marché…), car énormément de ressenti ne sont pas chiffrés » souligne Léa Romero, qui ne souhaite pas partager de résultats avant la fin de son étude, prévue idéalement pour mai prochain.

"Il faut pondérer"

Avec cette approche d’expertise recoupée, « l’enjeu est de ne pas se prendre dans les effets de mode. Le risque serait de répondre aux demandes du consommateur en se perdant. Il faut pondérer » explique Hélène Larieu, la directrice de l’Organisme de Défense et de Gestion du Médoc. Ainsi, si la tendance de production de vins rouges plus frais et fruités ne doit pas occulter que les consommateurs attendent des vins du Médoc une capacité de garde conséquente. « Il ne faut pas changer la typicité, mais segmenter l’offre de manière lisible, accessible et multiple » explique Hélène Larrieu.

Si l’aboutissement de l’étude pourrait être reporté avec l’épidémie de coronavirus, le syndicat viticole espère valider ses nouvelles orientations stratégiques d’ici la fin 2020. « Nous n’avons pas de certitudes avant la fin de l’étude. Notre idée, c’est de valoriser les atouts du Médoc : nature sauvage, terroirs prestigieux, diversité des exploitations… » détaille Claude Gaudin, le président de l’ODG Médoc.

 

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rol Le 23 mars 2020 à 11:12:32
Je conseillerais à Léa Romero de ne pas se fatiguer à faire une longue étude sur le Medoc et a simplement recopier la réaction de Marc qui a l'évidence possede déja Toutes les analyses et conclusions qui ont pour lui Valeurs Universelles et solutions....mais , moi , en tant que vigneron , j'attendrai l'étude de Léa pour voir et analyser .....
marc Le 19 mars 2020 à 18:59:34
Que Choisir s'est intéressé avec un jury d'amateurs confirmés aux crus du Médoc en fin d'année 2018. Nous avions pu extraire un certain nombre de domaines qui se sont trouvés ensuite vus confirmés dans le classement des crus bourgeois. Pour la majorité des crus cependant, le profil aromatique était absent. Je réagis à cette phrase "Le risque serait de répondre aux demandes du consommateur en se perdant. Il faut pondérer". Depuis plus de deux décennies, j'observe l'évolution du marché et de la qualité proposée en grande surface pour cette revue. Les décisions se prennent sous la pression des acheteurs de la GD sur un critère quasi unique le prix et je pense que les Cahiers des Charges des AOC ont été perméables à des techniques destructives du goût dont la thermovinification. Les oenologues conseil pour les vins de volume s'accrochent à cette technique en fonction de cette obligation. Peut-être en segmentant et en informant le consommateur. Dans une parution les CIVB avait hiérarchisé ainsi. Le Cabinet Solving à la demande des interprofessions des AOC a proposé une autre vision du marché : Basic : le prix le plus bas possible et un minimum de qualité. Fun : acheteur occasionnel et peu connaisseur. Il ne veut pas être déçu de son choix et recherche avant tout le plaisir au travers d’un produit de qualité, pas trop cher. C(est le créneau, théoriquement, des vins de marques. Dégustation : doit répondre à une attente de typicité, de terroir et de millésime. Le créneau des vins de domaines, de négociants réputés et les crus. Art : pour les connaisseurs recherchant des vins d’exception et prêt à payer le prix fort. Le consommateur se détourne rapidement d'une appellation, voire d'une région si un minimum de typicité n'est pas établi. Ce n'est pas de la déconsommation dont Bordeaux souffre mais de l'absence d'ambition pour son produit.
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