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Millésime 2019
La pluie joue les trouble-fête dans la vendange des liquoreux

Les pluies arrivées en fin de saison ont compliqué la récolte des vins liquoreux dans le bordelais en Alsace. En Val de Loire, en revanche, la récolte a été moins délicate.
Par Christelle Stef Le 07 novembre 2019
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La pluie joue les trouble-fête dans la vendange des liquoreux
Dans le Bordelais, les premières tries ont démarré autour du 20 septembre alors que les conditions météo étaient encore favorables. - crédit photo : IFV
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a récolte des liquoreux n’a pas été un long fleuve tranquille. Dans le Bordelais, les premières tries ont démarré autour du 20 septembre alors que les conditions météo étaient encore favorables. Les raisins présentaient de bons équilibres avec 18 à 20° potentiels et des pH de 3,50 à 3,60. « Ces premières tries étaient franches, avec de belles notes fruitées d’agrumes confis, d’abricot, de coing. Elles ont fermenté très vite et il y a eu peu de combinaison au mutage », détaille Marie-Laurence Porte, oenologue chez Enosens Cadillac.

Dégradation de l'état sanitaire

Habituellement, ces premières tries sont dites « de nettoyage ». Une fois n’est pas coutume, elles ont produit du volume. Une chance car par la suite, les choses se sont gâtées. La pourriture aigre s’est développée « à cause d’attaques d’eudémis et peut-être aussi de D. suzukii », indique l’œnologue. Les vignerons ont dû trier davantage. « Certains ont perdu près de 30 % de volume. Les fermentations des deuxièmes tries se sont déroulées sans encombre mais avec un peu plus de combinaison : il a fallu ajouter entre 20 et 25 g/hl de SO2 au mutage pour arriver  à 45 mg/l de libre après l’opération. On a un peu plus de volatile : 0,40 g/L en moyenne contre 0,20 à 0,30 g/L  pour les premières, mais les vins restent nets», poursuit Marie-Laurence Porte. Ensuite, l’état sanitaire n’a pas cessé de se dégrader.

Collages nécessaires

« Depuis quinze jours, les pluies sont incessantes », note l’oenologue, début novembre. Résultat : les dernières tries sont marquées par des notes de champignon. Des collages seront nécessaires pour les gommer. La teneur en acidité volatile a grimpé à 0,70 et 0,80 g/l. « On risque de s’approcher de 1,22 très rapidement, déplore Marie-Laurence Porte. Les degrés ont également chuté. « Jusqu’à la semaine dernière, on rentrait des raisins entre 22 et 24°. Ceux des dernières tries se sont effondrés à 15° ».

En Alsace, les conditions météo n’ont pas non plus été propices aux liquoreux. « Depuis le 22 septembre, nous avons eu seulement 8 jours sans précipitations. Nous avons accusé un gros épisode pluvieux le week-end du 19 octobre. Depuis, l’état sanitaire se dégrade et les degrés stagnent. Les baies restent humides et gonflées. Il faudrait 15 jours de temps sec pour qu’on puisse récolter les raisins qui sont encore dehors », déplore Bruno Guillet, du laboratoire Gresser à Andlau dans le Bas-Rhin. Mais au 4 novembre, les prévisions n’étaient pas très optimistes.

Millésime correct en Val de Loire

Dans le Val de Loire, les viticulteurs qui élaborent des liquoreux, ont tout récolté rapidement. « La météo s’est dégradée à partir de mi-septembre. Les tries ont démarré autour du 10 octobre et se sont terminées vers le 25 octobre », explique Christophe Marchais, de MC2 œnologie. Les raisins présentaient 16 à 20° potentiels pour des pH de 3,10 à 3,20. Les fermentations se sont déroulées sans encombre. Et le 5 novembre, beaucoup de cuvées étaient terminées et mutées. « C’est un millésime correct pour les liquoreux avec du fruité et de la fraîcheur en bouche. Sur une échelle de 1 à 10, je leur donne une note de 6 à 7. Les vins présentent des notes d’abricot sec, de noix », précise Christophe Marchais. Une bonne nouvelle.

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