LE FIL

Rendement 2018

À Bordeaux on relativise la grêle, mais on s’inquiète du mildiou

Mercredi 18 juillet 2018 par Alexandre Abellan

« Les conséquences de ces épisodes sont dramatiques pour les propriétés touchées, certaines d’entre elles ayant déjà subi de très importantes pertes lors du gel de 2017 » souligne Allan Sichel ce 16 juillet, à Bordeaux.« Les conséquences de ces épisodes sont dramatiques pour les propriétés touchées, certaines d’entre elles ayant déjà subi de très importantes pertes lors du gel de 2017 » souligne Allan Sichel ce 16 juillet, à Bordeaux. - crédit photo : CIVB
Malgré quatre orages de grêle ce millésime, le vignoble girondin affirme sa confiance dans son potentiel de production. Du moins si la pression cryptogamique le permet, et qu'aucun aléas climatique supplémentaire n'intervient.

En quatre violents orages*, 9 000 hectares de vignes bordelaises ont été touché par la grêle ce millésime. Impressionnants par leur ampleur, les chiffres sont à relativiser avec les 115 000 ha des appellations girondines, qui a connu une belle sortie de grappes. « Au niveau de la globalité de la filière bordelaise l’impact  [de la grêle] restera léger. La récolte globale 2018 s’annonce belle » annonce ainsi le négociant Allan Sichel, ce 16 juillet, lors de l’assemblée générale du Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux, qu’il préside. « Il faut relativiser la perte de production 2018 par rapport à la surface concernée, c’est mécanique. La récolte reste potentiellement importante » confirme le viticulteur Bernard Farges, président du syndicat viticole des Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Après un petit millésime 2017 (amputée à 35 % par un gel historique), la filière bordelaise se veut donc réaliste. Sans minimiser le drame connu par les exploitations touchées par la grêle (voir encadré), l'interprofession souhaite éviter tout amalgame entre pertes quantitatives et dépréciation qualitative. À défaut d’être consolateur, ce discours est rassurant, afin de prévenir un emballement des cours et conserver l'attractivité commerciale des vins.

Millésime mildiou

Mais plus que la grêle, c’est actuellement la pluviométrie qui ne laisse pas de répit à l’ensemble du vignoble. Particulièrement virulente, la sortie de mildiou reste actuellement forte sur les grappes, alors que de nouvelles pluies sont annoncées. « Nous devons rester prudents face à la très forte pression des maladies favorisée par les conditions météorologiques printanières particulièrement humides » estime ainsi Allan Sichel. « La situation est excessivement hétérogène pour le mildiou, mais aussi le millerandage. Il est très difficile de faire des estimations. On ne peut être ni optimiste, ni pessimiste » confirme Xavier Coumau, le président du Syndicat régional des courtiers de Bordeaux.

L’issue de la production 2018 à Bordeaux n’est donc pas scellée. Entre incertitudes et inquiétudes, les inconnues restent fortes en juillet. Que ce soit dans un sens ou dans un autre. « On arrive parfois à évaluer une récolte avant les déclarations, parce que l’on ne peut pas se tromper tout le temps » conclut Bernard Farges, se rappellant de la surprise qu'avait créé la générosité du millésime 2016, après les pluies de septembre.

 

* : Soit 7 000 hectares de vignes fin mai à Blaye, Bourg et dans l’Entre-deux-Mer (avec plus de 80 % de dégâts pour la moitié de cette surface) et 2 000 ha mi-juillet dans les Graves, le Médoc et le Sauternais (à plus de 50 % pour la moitié de ces superficies).

Entre grêle et mildiou : le château de Fargues

Épargné par le gel au printemps 2017, le château de Fargues à Sauternes vient d’être violemment grêlé ce 15 juillet. Au point que sa vendange 2018 soit « fortement compromise », précise Alexandre de Lur Saluce, le propriétaire du cru classé en 1855. Avec des dégâts allant de 80 à 100 %, avec des baies éclatées et un feuillage lacéré. « La pression mildiou est très importante cette année et difficilement maîtrisée. Avec 10 à 15 % de dommages sur grappes mi-juin » rapporte François Amirault, le responsable d’exploitation du château de Fargues. La propriété n’est pas assurée, ses derniers dégâts de grêle remontant aux étés 2004 et 1989.

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