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Champagne Telmont, plus que la neutralité carbone, le « Net Positive »
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Objectif 2030
Champagne Telmont, plus que la neutralité carbone, le « Net Positive »

La maison Telmont vient de publier son guide de « sustainability ». Parmi les points évoqués, la nécessité d’atteindre la neutralité carbone mais aussi l’objectif de compenser plus de gaz à effet de serre qu’elle n’en produit.
Par Laurie Andrès Le 18 janvier 2023
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Champagne Telmont, plus que la neutralité carbone, le « Net Positive »
Telmont brandit tel un manifeste ses intentions et sa volonté d’être la première maison de Champagne « Climate Positive » dès 2030 puis « Net Positive » en 2050. - crédit photo : Telmont
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lus vert que vert ? La maison Telmont, désormais très éveillée, s’est engagée depuis son sursaut en juin 2021 à faire sa détox en polluant le moins possible.

Après avoir abandonné le packaging de ses bouteilles, le fret aérien, diminué ses consommations d’énergie, et fait entrer l’acteur californien Leonardo DiCaprio au capital de la maison, elle publie un guide de plus de 40 pages en détaillant des objectifs visant la neutralité carbone et plus.

Dans un langage fluide et décontracté, Telmont brandit tel un manifeste ses intentions et sa volonté d’être la première maison de Champagne « Climate Positive » dès 2030 puis « Net Positive » en 2050.

« Être Climate Positive c’est aller plus loin que la neutralité carbone, puisqu’il s’agit de compenser plus de gaz à effet de serre (CO2 et autres) que l’on en émet. Et être Net Positive, c’est aller encore plus loin, c’est […] réduire de manière drastique, au moins 90% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, et là, aussi séquestrer plus que l’équivalent des émissions résiduelles », peut-on lire dans le communiqué diffusé par la maison.

Une annonce qui sonne le merveilleux pour une filière souvent taxée d’être polluante, mais qu’en attendre ?

« Climate Positive », kézako ?

Si certain.es peuvent être agacées des dénominations anglo-saxonnes, utilisées par la maison de Damery, c’est qu’en réalité le vocable environnemental s’est développé bien plus loin que dans l’Hexagone.

Alors « Climate Positive », « Net Positive », d’ou ça vient ? Ces termes sont une émanation d’un groupe composé de plusieurs institutions dont l’UNGC (Global Compact des Nations Unies), né en 2015 à la suite de la COP 21 et de l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, réunies sous un projet dénommé SBTi (Science-based Target Initiative).

Ce collectif appelle les entreprises qui le souhaitent à rejoindre la SBTi en s’engageant à définir des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) mesurées grâce à des « scopes » de 1 à 3 et qui concernent les émissions directes et indirectes générées par l’entreprise.

Plus qu’un bilan carbone, certifié par l’ADEME, par ailleurs obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés, le « Climate Positive » et le « Net Positive » prônés par la SBTi sont surtout des méthodologies très détaillées souvent à destination de grands groupes auxquelles adhèrent le groupe Rémy Cointreau, et de facto Telmont dont le groupe RC est propriétaire.

À ce jour, selon les chiffres de la SBTi, 4000 entreprises dans le monde auraient rejoint le mouvement.

Vers le « Net Positive »

Chapeautée par Rémy Cointreau, Telmont suit naturellement en faisant de ce référentiel une ligne de conduite. Accompagnée par le cabinet de conseil en développement durable Quantis, connu pour accompagner de gros clients (LVMH, SNCF, TOTAL), la Maison démontre, avec une certaine humilité comment elle compte arriver à ses fins.

D’abord en convertissant l’intégralité de ses vignobles en viticulture biologique (dès 2025 pour ses vignobles, à l’horizon 2031 pour ses partenaires), en ayant recours à l’enherbement en multipliant les couverts végétaux, en ne produisant plus de formats « spéciaux » pour ses cuvées, en diminuant le poids de la bouteille (un projet est en cours avec le verrier Verallia), la conversion des tracteurs aux biocarburants, la consommation d’éléctricité…

Avec une base calculée à 485T d’émissions rejetées en 2020, Telmont ambitionne grâce à toutes les mesures prises et argumentées dans le guide de réduire ses émissions de GES à 352T tout en séquestrant 400T pour atteindre le nec plus ultime le « Net Zéro » en 2050.

Entre temps, Telmont promet de communiquer en toute transparence les résultats de ses efforts « au nom de la Terre » tous les 21 juin, au solstice d’été, date à laquelle, elle a officiellement lancé sa révolution verte. « L’esprit de ce guide, vous l’avez compris, ce n’est pas de dire que nous savons tout, et que nous allons tout bien faire. »

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