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Pas 1 amélioration 1 mois après la manifestation des vignerons
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Au contraire
Pas 1 amélioration 1 mois après la manifestation des vignerons

À Bordeaux l’impatience reste forte pour l’obtention d’un plan social permettant de régler des situations de violente détresse pesant sur tout le peuple vigneron.
Par Alexandre Abellan Le 06 janvier 2023
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Pas 1 amélioration 1 mois après la manifestation des vignerons
« On ne lâche rien » martèle Didier Cousiney (au micro, ici lors de manifestation de la fin 2022, faisant une halte devant l’interprofession). - crédit photo : Alexandre Abellan (manifestation du 6 décembre 2022)
I

l n’est pas difficile de se souhaiter une bonne et heureuse année dans le vignoble bordelais : le tout est que 2023 ne soit pas pire que 2022, ce qui n’est pas gagné résume Didier Cousiney, le porte-parole du collectif de vignerons girondins qui réclame depuis des mois un plan social de sortie de crise. Ayant porté sa demande d’arrachage primé définitif à 10 000 euros par hectare lors d’une inhabituelle manifestation à Bordeaux le 6 décembre dernier, le délégué responsable du secteur de Saint-Macaire pour le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs note qu’« un mois après, rien n’a changé, à part la cellule de crise voulue par la préfète, que je remercie pour son honnêteté et sa volonté d’aider ».

En l’état, la demande de dispositif d’arrachage primé se heurte à une impasse réglementaire, l’Union Européenne n’autorisant plus d’aides à l’arrachage définitif, et l’alternative d’aides régionales ne répondrait qu’à une partie des demandes, celles d’arrachages pour reconversion à d’autres cultures. « On ne va sauver que ceux qui ont encore les moyens de se restructurer avec le FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural) » estime Didier Cousiney, qui compte porter ses demandes au Sénat, avec une audition de son collectif le mercredi 25 janvier prochain obtenue par la sénatrice Florence Lassarade (Les Républicains, Gironde) devant la commission vigne et vin du Sénat (hasard du calendrier, l’agenda du ministre de l'Agriculture prévoit de réunir les représentants de la filière nationale ce 26 janvier à Paris).

Que ceux qui arrêtent puissent partir dignement et que ceux qui poursuivent puissent rester sereinement

Si le temps passe, les situations économiques et humaines continuent de se dégrader dans le vignoble bordelais. Ayant eu écho d’appels de banques coupant les fonds de vignerons trop en difficulté avant noël, Didier Cousiney craint des drames alors que son téléphone ne fait que lui rapporter des témoignages de viticulteurs au bout du rouleau. La morosité gagne en intensité alors que les cours du vrac resteraient largement en dessous des coûts du revient. Soutenant l’attaque en justice du vigneron médocain Rémi Lacombe contre deux négociants lui ayant proposé des prix d’achat « abusivement bas », Didier Cousiney note qu’aucun achat ne se fait aujourd’hui en vrac : « il n’y a pas de demande. Si l’on repart sur une année où rien n’est fait, et si par malchance on fait 55 hl/ha [de vin pour le millésime 2023], il n’y aura plus moyen de rester vigneron. Les gens ne savent plus quoi faire, ils sont dans une merde totale. Il faut un plan social d’arrachage pour réguler l’offre et la demande, pour que ceux qui arrêtent puissent partir dignement et que ceux qui poursuivent puissent rester sereinement. »

Pour pouvoir bénéficier d’aides d’urgence, les viticulteurs en difficulté financière peuvent se faire connaître en ligne auprès de la Chambre d'Agriculture avant le 15 janvier. Faisant état d'un millier de répondant à date, le porte-parole du collectif estime qu'il pourrait être intéressant de prolonger la période de recueil d'informations pour toucher des personnes éloignées du numérique et d'internet. « Le combat continue, sinon ce sera une catastrophe » conclut Didier Cousiney.

 

Didier Cousiney entourés d'élus et membres du collectif ce 6 décembre à Bordeaux (place des Quinconces).

 

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