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Un nouveau label HVE "ambitieux tout en restant équilibré, y compris pour la filière viticole"
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Parole de ministère
Un nouveau label HVE "ambitieux tout en restant équilibré, y compris pour la filière viticole"

Pas de moratoire malgré les critiques vigneronnes, le ministère de l’Agriculture continue de défendre sa réforme de la certification Haute Valeur Environnementale, tout en ouvrant la porte à des évolutions.
Par Alexandre Abellan Le 02 janvier 2023
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Un nouveau label HVE
La nouvelle certification HVE entre en vigueur pour les nouveaux certifiés, tandis que ceux actuellement titulaires peuvent « aller au bout de leur cycle de trois ans ou prolonger leur certificat jusqu'au 31 décembre 2024 si celui-ci devait arriver à échéance avant cette date » indique le ministère. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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n vigueur depuis ce premier janvier 2023, la nouvelle mouture de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) alimente les craintes d’arrêt de certifications dans le vignoble (jusqu’ici moteur, avec 18 300 vignobles certifiés au premier janvier 2022 soit 74 % des exploitations HVE). En cause de nouveaux modes de calculs des items de bonnes pratiques, notamment pour la fertilisation (prise en compte des apports d’engrais organique et des couverts végétaux), les produits phytosanitaires (notamment les Indices de Fréquence de Traitement, IFT)… « Ce nouveau référentiel apparait à la fois ambitieux tout en restant équilibré, y compris pour la filière viticole, pour laquelle un certain nombre d'aménagements ont été prévus » indique le ministère de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire dans une réponse publiée ce 29 décembre à deux interpellations de sénateurs.

Celle du sénateur Laurent Burgoa (Gard, les Républicains), inspirée par la Confédération Nationale des vins AOC (CNAOC), pour demander un moratoire d’un an de la réforme par crainte d’« une perte de certification pour un pourcentage important de viticulteurs aujourd'hui certifiés et donnerait un coup d'arrêt à son développement ». Celle du sénateur Sébastien Pla (Aude, Parti Socialiste), pour les Vignerons Coopérateurs de France, qui demandent un moratoire car « après analyse du projet d'évolution du référentiel, en Occitanie, les estimations portent à plus de 30 % le nombre d'exploitations aujourd'hui certifiées HVE qui pourraient perdre leur certification dès 2023 ».

Deuxième étape de révision

Rappelant avoir reporté de trois mois l’application de la nouvelle norme HVE, le ministère de l'Agriculture ne retient pas les demandes de moratoire, défendant son travail de concertation : « les autorités françaises ont été à l'écoute des remarques des professionnels de la filière viticole, via la création d'un item valorisant la surveillance active des parcelles dans l'indicateur "stratégie phytosanitaire", l'adaptation de certains items, tels que l'utilisation de méthodes alternatives, ou l'ouverture d'autres items aux cultures pérennes (exemple : part des légumineuses dans l'indicateur "gestion de la fertilisation") ». Mais la rue de Varenne ajoute que la Commission Nationale de la Certification Environnementale (CNCE) « réalisera dans la durée un suivi de l'impact de la mise en œuvre de cette révision du référentiel de la HVE. Comme annoncé au lancement des travaux, une deuxième étape de révision sera menée pour continuer d'accompagner les efforts des agriculteurs dans la transition écologique et consolider la plus-value environnementale de HVE, en lien avec les résultats de l'étude. » Car comme le rappelle le ministère, « la certification environnementale a été créée en 2012 suite au Grenelle de l'environnement afin d'encourager l'engagement d'un maximum d'exploitations agricoles dans la transition agro-écologique ». Un développement qui allait jusque-là crescendo.

 

 

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Tous les commentaires (3)
Vigneron Le 04 janvier 2023 à 11:35:19
Je pense que la mesure vraiment écologique concernant les produits de traitement est l'interdiction de certains produits cancérigènes comme c'est actuellement le cas. Cela implique plus de travail et de passage en tracteur notamment pour enlever l'herbe car on ne peut plus mettre de produits chimiques. C'est vrai que l'on ne considère pas le bilan carbone comme pour l'agriculture AB qui semble pourtant être le modèle. Le problème comme le dit VignerondeRions c'est que l'on peut toujours aller plus loin dans l'agroécologie, mais il ne faut perdre de vu le rendement car la rentabilité des exploitations est en baisse avec la hausse de tout les coûts et le marché du vin plutôt morose
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VignerondeRions Le 04 janvier 2023 à 09:46:15
A terme il sera impossible de garantir d'obtenir une récolte avec la réglementation HVE les années à pression. C'est assez simple on doit être meilleur que la moyenne concernant les IFT et il y a 2 principaux biais. - les IFT sont calculés sur des doses de produit en plein, or à chaque ré homologation on baisse les doses puisque on arrive à les diminuer sur le terrain. Or on ne pourra pas tendre vers ZERO traitement sans mettre en péril les récoltes. - Les IFT cible doivent être meilleures que les moyennes de la culture par région, or on ne regarde que ce qui est réalisé comme IFT sans le comparer au résultat agronomique. Je peux avoir un IFT à ZERO et une récolte à ZERO, je rentrerai dans la moyenne des IFT or j'ai un résultat nul. L'objectif de cultiver des terres c'est quand même pour récolter à la fin, si on intègre que cela peut être pour un résultat nul alors on acte la fin de l'agriculture, puisqu'il y a des coûts fixes à assumer. L'IFT cible doit être corrélé au rendement sinon c'est un cercle vicieux, qui va enterrer l'agriculture puisqu'on ne prend pas en compte la production, ce qui est quand même la raison d'être d'une culture.
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Vigneron Le 03 janvier 2023 à 09:03:23
A l'instar de l'énergie déployée pour durcir la réglementation HVE, il faudrait en déployer autant pour faire connaître ce label auprès des consommateurs. En mettant en avant justement le sérieux de cette démarche plutôt que de la critiquer. Car on peut critiquer aussi les autres labels, il y aurait de quoi dire. Au delà de la réglementation liée à la certification, il y a des hommes et des femmes qui travaillent pour améliorer leur impact sur l'environnement, et cela est louable, encourageons les!
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