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Un tracteur vigneron, détracteurs vignerons

Par Alexandre Abellan Le 25 novembre 2022
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Un tracteur vigneron, détracteurs vignerons
V

initech revient ! Et avec lui les habituelles plaintes vigneronnes sur les matériels vitivinicoles encore plus chers et trop coûteux. Quatre ans après la dernière édition du salon technique bordelais, la grogne semble gagner en puissance. S’il y a toujours l’idée que les subventions de FranceAgriMer gonflent artificiellement les prix de vente, aujourd’hui il y a surtout des tensions liées à l’inflation (matières premières, transports…) et aux disponibilités (notamment de cartes électroniques et autres processeurs, mais aussi certaines qualités de plastique, ayant causé des livraisons pile à temps de machine à vendanger pour le millésime 2022). Ainsi que des critiques lancinantes sur la qualité des machines livrées : « avant on achetait un outil en se disant qu’il servira à la génération suivante. Maintenant on espère que ça ne se cassera pas trop souvent et que l’on pourra le revendre à bon prix » confiait récemment un vigneron bordelais.

Une forme de "c’était mieux avant", alimentée par des expériences de vieux tracteurs marchant toujours après des décennies d’usage et de bricolage au domaine, quand les derniers modèles deviennent des monstres de technologie qui ne peuvent plus être réparés que par des experts. « Plus on rajoute de capteurs et de technologies, plus il y a de risque de panne. C’est obligatoire » constatait un constructeur de tracteurs. Pour les industriels, le "c’était mieux avant" est un peu facile, alors que le vignoble connaît une véritable révolution culturale nécessitant de prendre de la hauteur sur l’usage des machines viticoles.

Souvenez-vous, il y a encore quelques années, le travail du sol était loin d’être aussi répandu : l’époque où glyphosate et autres herbicides régnaient. Au-delà de ces nouveaux usages, plus fréquents, les constructeurs constatent que les surfaces d’utilisation moyenne de leurs machines augmentent d’année en année (entre croissance des surfaces et utilisations collectives). On pourrait également parler de vitesse croissante pour les tracteurs : « il y a dix ans, quand on était à 4 km/h on allait vite. Aujourd’hui, si l’on n’est pas à 6-7 km/ha on dit que la machine a un souci » rapporte un autre constructeur de tracteurs. Ces changements de technologies et de modalités de travail s’accompagnant de soucis de recrutement de tractoristes, la formation des chauffeurs peut parfois faire défaut (sur les réglages et l’entretien, alors que plus personne ne lit les manuels fournis).

De ce cocktail naît le recours croissant aux Services Après Vente, alimentant l’idée que les machines sont vraiment trop chères pour ce qu’elles tiennent. De quoi exacerber l’incompréhension des acheteurs vignerons face aux prix d’achat de leurs machines. Mais n’est-ce pas plutôt le coût d’utilisation qui importe ? Avec ses frais d’entretien, son amortissement à l’hectare et son possible prix de revente ? Pour estimer le retour sur investissement d’une machine, il faudrait connaître son prix à l’hectare travaillé. Un exercice d’autant plus nécessaire que tous les coûts explosent et qu’il faut toujours plus passer les investissements au crible de la comptabilité. Une approche financière qui pourrait inspirer un exercice de transparence sur les coûts de production et prix de vente des constructeurs. Ce qui permettrait d’assurer un bon Vinitech à tous ses exposants et visiteurs.

 

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