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Languedoc
Du cabernet cortis au voltis, quels cépages résistants planter dans le vignoble ?

Le comité RQD dévoile des fiches d’aide à la plantation basées sur les observations des conseillers viticoles sur le réseau de vignerons ayant planté des cépages résistants.
Par Marion Bazireau Le 23 novembre 2022
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Du cabernet cortis au voltis, quels cépages résistants planter dans le vignoble ?
Du choix du porte-greffe aux modalités de traitement, Nathalie Fortin a présenté dix cépages résistants. - crédit photo : Marion Bazireau
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es vignerons du Languedoc-Roussillon ne planteront plus de cépages résistants au mildiou ou à l’oïdium à l’aveugle. Pour choisir parmi cabernet cortis, floréal, muscaris, souvignier gris, artaban, monarch, prior, vidoc, soreli, et voltis, les vignerons pourront se baser sur les fiches d’aide à la décision téléchargeables sur le site du comité régional pour la reconversion qualitative différée du vignoble (RQD).

« Nous les avons présentées à Béziers sur le salon Dionysud après deux ans d’observations dans les parcelles de dizaines de viticulteurs en cave particulière ou coopérative situées dans des zones de différents niveaux de pression phyto » lance Nathalie Fortin, chargée d’expérimentation à la Chambre de l’Hérault et coordinatrice du projet à l’échelle de la région, à l’occasion d’une journée technique sur l’adaptation de l’encépagement au changement climatique et aux maladies organisée ce 18 novembre par la Chambre d’agriculture du Var.

Ce réseau est encore jeune, essentiellement composé de parcelles en première et deuxième feuille. « Toutes les variétés allemandes sont arrivées en plants déjà greffés sur du SO4. Nous avons un peu plus de diversité pour les Resdur 1 » précise Nathalie Fortin.

D’après les plantations réalisées sur des parcelles expérimentales à partir de 2012, il semble que la plupart des porte-greffes conviennent aux cépages résistants. La seule limite concerne l’artaban, le cépage que les conseillers ont étudié le plus, et le vidoc. « Ce sont des cépages très vigoureux qui peuvent rougir et sécher sur un sol très fertile. Il faut choisir un cépage moins puissant pour les calmer et ne pas hésiter à les retailler à deux yeux les premières années ».

Une fois bien établi, tous les modes de taille conviennent à l’artaban ou au vidoc, contrairement au floréal, dont les bourgeons de la base sont peu fertiles et qu’il ne faut pas tailler en cordon de royat ou mécaniquement.

Quelle résistance au gel ?

Les fiches donnent par ailleurs aux viticulteurs des indications sur l’aptitude climatique des cépages, notamment sur leur résistance au gel, sur leur cycle végétatif, l’artaban se situant par exemple entre le merlot et le grenache.

« En plus d’une forte vigueur et d’une tendance aux carences magnésiennes, nous avons remarqué un port semi retombant, de nombreuses vrilles, et peu de grapillons » liste Nathalie Fortin. Avec le monarch, les viticulteurs doivent s’attendre à des départs anarchiques de rameaux et un gros travail en vert.

Sur les parcelles les plus anciennes, les conseillers ont des données sur le potentiel de maturité. Celle de l’artaban plafonne ainsi aux alentours de 12 % vol. alc., avec des baies sujettes au flétrissement mais une production a priori moyenne voire importante.

« Nous avons par ailleurs repris les grilles d’observation du réseau Oscar pour évaluer la sensibilité phytosanitaire des cépages en les comparant au chardonnay et au sauvignon pour l’oïdium et le mildiou en blanc et aux grenache, cabernet-sauvignon et merlot en rouge ». Les cépages dotés du gène Run1 présentent ainsi une résistance totale à l’oïdium. « Nous l’avons vérifié dans toutes les parcelles, quel que soit le niveau de pression du millésime » assure la chargée d’expérimentation.

Des photos aident également les viticulteurs à identifier reconnaître les symptômes de mildiou, d’oïdium, de black-rot, et de ceux de la flavescence dorée.

Différentes stratégies de traitement

Des stratégies de traitement sont finalement proposées pour tous les cépages, l’objectif étant de faire durer la résistance et d’assurer la production.

« Les quatres Resdur 1 disposent du gène Run1 et doivent être traités au moins une fois en pré-floraison. Pour le mildiou, il est préconisé de réaliser quel que soit le contexte de la parcelle un traitement minimum autour de la floraison de façon à protéger Rpv1, sachant que des études ont mis en évidence la présence d’isolats de mildiou contournant la résistance conférée par Rpv3 » prévient Nathalie Fortin. Un traitement peut être nécessaire en cas de forte pression. Contre le black-rot, elle conseille aux viticulteurs de choisir un produit à double homologation pour faire le traitement de pré-floraison.

Pour étoffer son réseau, Nathalie Fortin et le comité RQD cherchent désormais des parcelles de fleurtaï, une variété VCR doté de gènes de résistance au mildiou et à l’oïdium, « contrairement au soreli qui ne dispose que des premiers », et sur le voltis, « qui pourrait par exemple intéresser les producteurs de blanquette de Limoux ».

 

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