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Le Biotandem enchante les viticulteurs en nettoyant les rangs inaccessibles
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Travail du sol
Le Biotandem enchante les viticulteurs en nettoyant les rangs inaccessibles

En Alsace, un mécanicien agricole a conçu un porte-outil original qui s’accroche à l’avant du tracteur pour nettoyer les rangs inaccessibles aux autres machines.
Par Bertrand Collard Le 28 septembre 2022
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Le Biotandem enchante les viticulteurs en nettoyant les rangs inaccessibles
Le Biotandem est un portique frontal pour travailler un rang par passage - crédit photo : DR
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nique en son genre, le Biotandem est un portique frontal pour travailler un rang par passage. Ce porte-outil s’accroche sur une plaque ou sur le relevage avant du tracteur. Autre signe distinctif : il est doté d’une roue motrice sur son côté extérieur. « C’est pour éviter que le tracteur chasse », explique Adrien Bernhard, mécanicien agricole à Bergbieten dans le Bas-Rhin. Cette roue, c’est l’astuce qui rend possible le montage avant d’un tel outil, très déporté vers le côté droit du tracteur.

Adrien Bernhard l’a imaginé à la demande de Joseph Gross. Basé à Wolxheim dans le Bas-Rhin, ce vigneron exploite 13 hectares répartis en une cinquantaine de parcelles. En 2019, lorsqu’il a arrêté le désherbage chimique pour passer en bio, un nouveau problème s’est posé à lui : le désherbage de tous ses rangs mitoyens d’autres parcelles. Car le plus souvent, il y a si peu d’espace entre deux vignes voisines qu’il est impossible d’y passer en tracteur. « Quand on désherbait, ça ne posait pas de problème : on passait avec une rampe, souligne Joseph Gross. Quand on a arrêté de désherber, il a fallu passer à la main, avec une débroussailleuse ». Pour supprimer cette tâche, il fallait une machine qui enjambe le rang.

Changer d'outil est très facile

Joseph Gross l’a voulue accrochée à l’avant pour « voir le travail. Quand on est jeune, se retourner toute la journée ça va. Ensuite, c’est plus compliqué ». Il l’utilise depuis deux saisons pour butter avec des disques crénelés puis pour débutter avec des disques émotteurs. « C’est une machine très utile. En deux minutes, on change un outil : il y a quatre vis à desserrer. C’est tout. »

A Ergersheim, Michel Scheyder est encore plus enchanté. « Le biotandem, c’est un petit miracle », dit-il. Ce vigneron cultive une centaine de parcelles sur 20 ha. En plus de ses innombrables parcelles mitoyennes, il a des vieilles vignes plantées à 1,40 où il a arraché un rang sur trois pour pouvoir passer avec son tracteur. En 2018, il a démarré sa conversion au bio. Au départ, il a laissé s’enherber les rangs qu’il ne pouvait pas travailler. « On a clairement vu le rendement baisser avec l’enherbement total », rapporte-t-il.

Le tracteur se conduit très bien

Michel Scheyder a acheté un Biotandem pour redresser la situation. « A première vue, l’outil impressionne parce qu’il est déporté à l’avant, admet-il. Mais le tracteur se conduit très bien, il avance bien droit même en devers ou en pente. Il n’est pas plus difficile à conduire qu’avec un autre outil et on voit ce que l’on fait. »

Pour Adrien Bernhard, cette facilité de conduite s’explique par la présence de la roue motrice. « Grâce à cette roue, on grimpe des pentes de 40 %, ajoute-t-il. Avec notre enjambeur, vous pouvez travailler le dernier rang d’une parcelle planté à 50 cm d’un muret ou d’une ravine. Autrement, vous ne pouvez pas ».

Le Biotandem passe dans les vignes plantées à 1,60 m d’écartement minimum. Il reçoit des interceps, des disques émotteurs ou des disques de buttage. Il corrige jusqu’à 20° de dévers. Il peut se déporter du tracteur sur une course de 40 cm. L’utilisateur règle la largeur de la bande travaillée en jouant sur la position du bras gauche de l’enjambeur. Le bras droit s’escamote, automatiquement en cas d’obstacle et à la demande du chauffeur pour ne pas cogner l’ancrage des piquets de tête lorsqu’on tourne en bout de rang et faire cette manœuvre plus rapidement ou dans une tournière étroite.

Six machines vendues depuis l'an passé

Adrien Bernhard a vendu six machines depuis leur sortie au début de l’an dernier. Prix : 28000 € avec deux disques de butage et un support d'adaptation. Au fait, pourquoi l’avoir appelée Biotandem ? « Bio, parce qu’on se passe d’herbicide et tandem, parce que nous l’avons conçu cet outil à deux avec un collègue tourneur-fraiseur », répond-il.

 

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Tous les commentaires (1)
yanga Le 16 octobre 2022 à 15:14:20
Un bien bel article pour décrire l'aboutissement d'un projet d'une machine agricole qui répond à l'évolution viticole et ses nouvelles exigences. Cette machine, conçue en tandem, représente une avancée technique dans la maitrise des tâches nouvelles pour répondre aux nouveaux défis du travail de la vigne. Bon vent à ses concepteurs !
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