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Verallia fait le four de la question de décarbonation des bouteilles ultra-blanches
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Vins et spiritueux
Verallia fait le four de la question de décarbonation des bouteilles ultra-blanches

Le groupe verrier vient de signer la construction des deux premiers fours électriques destinés à l’alimentaire dans le monde pour répondre aux demandes de réduction des émissions de CO2 de ses clients dans les vins et spiritueux.
Par Alexandre Abellan Le 13 septembre 2022
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Verallia fait le four de la question de décarbonation des bouteilles ultra-blanches
Le site de Châteaubernard se lance dans deux ans et demi de travaux en parallèle de sa production de bouteilles pour les vins et spiritueux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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omme en témoigne la prise de position du monopole suédois sur la réduction de moitié du bilan carbone de ses fournisseurs de boissons alcoolisées d’ici 2030, la question de la réduction des émissions de gaz carbonique de la filière des vins et spiritueux ne cesse de gagner en importance. Parmi les leviers d’action, la décarbonation de l’emballage est un levier de choix suscitant de nombreuses demandes de clients, maisons de cognacs comme négociants bordelais, témoigne Romain Barral, le directeur des opérations du groupe Verallia. La demande est encore plus forte pour les utilisateurs de bouteilles en verre ultrablanc. Pour produire un flacon transparent, il est en effet impossible d’utiliser du verre issu de recyclage, ce qui impose le recours à de nouvelles matières premières alourdissant l’empreinte carbone de ces bouteilles. L’émission de CO2 des verres transparents est ainsi deux fois supérieure à celle des teintes vertes explique Romain Barral.

En attendant que le recyclage des verres évolue en France (ou que les opérateurs des vins et spiritueux utilisent des teintes moins blanches), une façon de réduire les émissions de gaz à effet de serre de décarboner la production de ces bouteilles transparentes reste le remplacement des fours à combustion, de gaz et fuel, par des fours électriques. « Ça a du sens que parce que l’on est en France et que l’énergie électrique est décarbonée (grâce au nucléaire) » précise Christophe Perrigouard, le directeur de l'usine charentaise de Verallia (1,3 million de cols produits par jour sur deux fours et sept lignes de production). S’inscrivant dans l’objectif de réduire à zéro l’empreinte carbone de Verallia en 2050, l’usine de Cognac lance un projet pilote d’électrification de ses fours (pour une enveloppe de 30 millions €). Ce projet se concrétise par la signature ce 12 septembre d’un contrat industriel entre le groupe verrier Verallia et le groupe industriel Fives, qui va construire le premier four électrique destiné aux  packagings de grande dimension (Verallia précise que la technologie existe déjà pour des flacons de parfums, des fioles phamarceutiques…).

-50 % de CO2

Le calendrier actuel des travaux prévoit un remplacement du four dédié à l’ultra-blanc par deux unités électriques. Un premier four électrique sera construit en septembre/octobre 2023, pour un allumage en septembre-octobre 2023 et de premières productions en janvier 2024 (après un à deux mois d’essais de la nouvelle technologie). Un deuxième four suivra fin 2024, après l’arrêt du four à combustion. Celui-ci produisait jusqu’à 287 tonnes de bouteilles en verre par jour. Les nouveaux fours électriques doivent produire jusqu’à 300 tonnes/jour. En étant électriques, ces fours doivent réduire de moitié les émissions de CO2 des bouteilles ultra-blanches de vins et de spiritueux. Ces nouveaux outils industriels doivent aussi permettre de réduire l’énergie dépensée, l’électrique étant plus efficient que la combustion en termes de pertes d’énergie.

Cette vitrine de la décarbonation va accueillir des panneaux photovoltaïques en appoint. Ils ne seront pas suffisants pour répondre aux besoins de l’usine (qui fonctionne de plus la nuit, tournant 24h/24, un four ne s’arrêtant jamais) explique Romain Barral, qui indique que des contrats d’approvisionnement à long terme en énergie bas carbone sont en cours de négociation. La question de long terme de la décarbonation se double du défi actuel de la flambée des coûts énergétiques. Ces tensions ne peuvent que renforcer la volonté de Verallia de passer à l’électrique : le prix des énergies décarbonés (éolien, solaire…) étant plus stables que le gaz ou l’essence note Romain Barral.  

 

Fonctionnant au gaz et au fioul, les deux fours de l’usine de Châteaubernard ont consommé 140 000 mégawatts heure en 2021.

 

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