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Les laboratoires Dubernet se penchent sur la qualité des sols vignerons
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Agro-oenologie
Les laboratoires Dubernet se penchent sur la qualité des sols vignerons

Spécialistes de l’œnologie, les labotatoires Dubernet ont développé toute une gamme d’analyses destinées à évaluer la richesse en matière organique des vignobles et favoriser la présence de champignons.
Par Marion Bazireau Le 12 septembre 2022
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Les laboratoires Dubernet se penchent sur la qualité des sols vignerons
Les analyses réalisées par les laborantins ont révélé une corrélation positive entre la teneur des sols en champignons et la quantité de phosphore retrouvé dans les pétioles de la vigne. - crédit photo : Laboratoires Dubernet
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Il y a un lien évident entre le vivant du sol, qui représente 40 % de la biomasse terrestre, la productivité du vignoble et la qualité des vins » martèle Matthieu Dubernet. Le dirigeant du groupe de laboratoires éponyme est fier que ses équipes « aient développé une méthode efficace et rapide permettant de « mieux caractériser la notion de terroir ».

« Ouvrez n’importe quel livre de viticulture. Vous y lirez qu’en dessous de 2 % de matière organique, point de salut, or la moitié des sols viticoles en contient moins d’1,4 ».

En plus de nuire à la fertilité, Matthieu Dubernet rappelle que la perte d’1 % de matière organique sur un hectare sur 10 ans libère 80 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. « Problème: à chaque fois que nous avons la possibilité de réaliser des bilans et de les comparer avec ceux réalisés il y a 10 ou 15 ans, les plus récents sont toujours plus mauvais ».

Pour lutter contre la désertification, encore amplifiée par la sécheresse du millésime, les laboratoires Dubernet proposent "Terra Mea", une gamme d’analyses physico-chimiques et biologiques améliorées grâce à l’infrarouge, l’intelligence artificielle et la fameuse cytométrie 3D développée en 2020 pour le suivi des Brettanomyces

Cette technologie leur permet notamment de connaître en quelques secondes le ratio champignons sur bactéries des sols de leurs clients vignerons. « Un sol forestier a un rapport champignon sur bactéries de 20 %. Sur un sol surtravaillé, labouré en profondeur et sous perfusion d’azote chimique, il descend à moins de 3 % ».

Compost organique et irrigation par aspersion

Matthieu Dubernet encourage les viticulteurs à apporter du compost organique au rapport C/N élevé, compris entre 15 et 20, pour favoriser les champignons plutôt que les bactéries. « Ce sont les champignons qui stabilisent la matière organique, et je n’ai jamais vu de fin d’azote en 25 ans de carrière » rassure-t-il.

Les centaines d’analyses déjà réalisées par les laborantins ont par ailleurs révélé une corrélation positive entre la teneur des sols en champignons et la quantité de phosphore retrouvé dans les pétioles de la vigne, un élément difficile à assimiler, mais jouant rôle fondamental dans le développement végétatif de la vigne. « Les champignons acidifient le milieu et solubilisent le phosphore » explique Matthieu Dubernet.

La quantité de champignons aurait également un lien avec la teneur en zinc retrouvé dans le sol, élément indispensable à la croissance et à la fructification.

En matière d’apport d’eau et d’irrigation, Matthieu Dubernet plaide pour l’aspersion, qui, à quantité d’eau égale, génère plus d’humidité résiduelle et, comparée au goutte-à-goutte, « multiplie par trois la quantité de microorganismes dans le sol ».

 

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