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Réfléchir avant d'agir pour soutenir efficacement les vignobles grêlés en 2022
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Apprendre du gel 2021
Réfléchir avant d'agir pour soutenir efficacement les vignobles grêlés en 2022

Pour ne pas reproduire les erreurs et recréer les déceptions nées du plan gel 2021, la filière vin préfère prendre le temps pour que des dispositifs efficaces et opérationnels soient proposés.
Par Alexandre Abellan Le 01 juillet 2022
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Réfléchir avant d'agir pour soutenir efficacement les vignobles grêlés en 2022
« Les aléas sont devenus la norme : ils ne sont plus exceptionnels. Ne comptons pas sur le temps pour amortir les difficultés » prévient Joël Boueilh, ce 30 juin à Sète. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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limatiquement, le changement c’est maintenant : « entre 2021 et 2022, c’est la totale si j’ose dire : gel, grêle, canicule, sécheresse… » pose Joël Boueilh, le président des Vignerons Coopérateurs de France lors de son congrès ce 30 juin au domaine du Lazaret (à Sète, Hérault). Secouée par les multiples orages de grêle de ce mois de juin 2022, la filière vin a tiré les enseignements du plan d’aide réalisé en urgence après le gel historique du printemps 2021. « On demande au ministère de ne pas se précipiter dans l’urgence sur des aides pour la grêle comme il l’a fait pour le plan gel 2021. Sinon, après il faut sortir les rames… » résume Joël Boueilh à l’issue du congrès, soulignant qu’il sera plus pertinent de voir les mesures nécessaires à la récolte pour « ne pas rentrer dans le schéma de 2021, qui a créé le trouble entre assurés et non-assurés » (avec la mobilisation du fonds national des calamités agricoles).

Repassant le film du gel 2021 à la tribune, Joël Boueilh rappelle que « les annonces du gouvernement ont été fortes et rapides, seulement voilà : 14 mois après ce gel et 12 mois après ces annonces, la mise en œuvre s’est avérée à la fois laborieuse et à la fois décevante. Les aides aux exploitants sont à peine payées pour certaines d’entre elles que les dispositifs de plafonnement de ces aides, qui n’ont pas été correctement anticipées, conduisent à des déceptions notables. Il reste donc du travail sur ce sujet. »

Aide à l’aval

À commencer par la mesure d’aide à l’aval des entreprises touchées par le gel (-30 % de récolte et -30 % d’Excédent Brut d’Exploitation, EBE). « C’est le cas pour la moitié des caves coopératives en France » pointe Joël Boueilh, qui regrette les modalités de l’outil retenu par l’État : le calcul de l’EBE nécessitant la clôture des comptes. Pour le président des caves coopératives, les aides ne seraient ainsi payées que 24 mois après le gel (en cas de clôture des comptes le 31 juillet, le conseil d’administration se réunira en fin d’année pour certifier les comptes et les aides ne seront pourront pas être versées avant le printemps 2023). « C’est dire si l’on est loin du compte ! » soupire Joël Boueilh, qui demande également des aides pour le remboursement des Prêts Garantis par l’État (PGE) contractés pendant la crise covid. N’étant pas satisfait par l’allongement du remboursement sous condition d’accord du médiateur du crédit, le vigneron gascon demande la transformation des PGE en prêts de long terme de 15 ans ou en fonds propres. Mais il souligne l'intérêt de la provision pour aléas climatique (voir encadré).

Pour prévenir les aléas à l’avenir, Joël Boueilh demande d’investir dans des outils de prévention du gel, de la grêle et de la sécheresse. Mais aussi de finaliser l’adaptation de l’assurance climatique : avec la création d’une subvention pour une assurance de frais fixes de vinification des caves coopératives et particulières. Ainsi que la révision du rendement de référence de l’assurance climatique (soit la refonte de la moyenne olympique. Comme l’explique en visioconférence l’eurodéputée Irène Tolleret : « la moyenne olympique ce n’est pas un texte européen, c’est issu de la boîte verte des accords internationaux de Marrakech qui datent de 1994. Depuis, le monde a changé et il est temps que l’Union Européenne remonte sur l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour poser sur la table qu’il faut prendre en compte l’impact du changement climatique. Et notamment modifier cette moyenne olympique. »

 

 

Provision pour aléas

Toute récente, « la provision pour engagement de soutien des associés coopérateurs en cas d’aléas agricole (climatique ou économique) » pourrait être un nouvel outil utile à la résilience des caves coopératives note Éric Potié, le président de la commission juridique des Vignerons Coopérateurs. Soulignant qu’il faut encore que l’autorité des normes comptables fixe un cadre à cet outil, le viticulteur champenois souligne qu’il s’agit d’« une vraie provision, constituée au même titre qu’une provision pour risque ».

Ses définitions seront à réaliser par les conseils d’administration de chaque cave coopérative, notamment en termes de constitution des fonds, de fixation des montants, de décision des redistributions… Cette provision ne sera pas un outil universel prévient Éric Potié : « cet outil sera difficilement utilisable par les coopératives en manque de performances économiques, qui ne constitueront pas niveau suffisant de produits pour constituer provision ».

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