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A l’inverse de 2017
Le gel n’a pas amputé les réserves de la vigne

L’arrière-saison humide de 2021 a permis à la vigne de se recharger en sucres et en amidon. Pour ce début de millésime, les seuls points de vigilance concernent le manganèse et le magnésium.
Par Marion Bazireau Le 21 avril 2022
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Le gel n’a pas amputé les réserves de la vigne
La vigne devrait présenter une belle vigueur sauf en Provence si la sécheresse persiste. - crédit photo : DR
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es années se suivent mais ne se ressemblent heureusement pas. Comme en 2017, la vigne a souffert des gros épisodes de gel de 2021. « Mais l’an passé les mois de septembre et d’octobre ont été pluvieux. La photosynthèse s’est arrêtée moins tôt et la plante a pu constituer ses réserves carbonées » explique Guillaume Desperrières, directeur général de la société de recherche et de développement viticole (SRDV), en s’appuyant sur les analyses de sarments réalisées pour ses clients.

Bien dotée en sucres solubles, amidon, et en sucres totaux, la vigne démarre aussi ce nouveau millésime avec des niveaux corrects en minéraux et en oligo-éléments. « Il y a quelques carences dans les terroirs très calcaires, mais les analyses pétiolaires sont globalement rassurantes, de Bordeaux à la Vallée du Rhône, en passant par le Languedoc ».

La vigne ne manque pas d’azote et devrait présenter une belle vigueur, « sauf dans le Sud-Est si la sécheresse persiste ».

La carence à surveiller est surtout celle en manganèse car les vignerons en apportent moins de manière indirecte en traitant leurs vignes au mancozèbe ou autres produits phytosanitaires qui en contiennent.

La SRDV a testé des applications de produits contenant du sulfate de manganèse. « Sur une parcelle très carencée, nous avons réussi à récupérer jusqu’à 1 tonne par hectare de rendement ».

Bien choisir son porte-greffe

Guillaume Desperrières et ses confrères ne cessent par ailleurs de constater l’augmentation des teneurs en potassium, parallèle à la baisse du magnésium. « C’est le cas sans exception depuis 7 millésimes à Bordeaux. L’équilibre des vins change, leur pH sont plus élevés et ils perdent en acidité » illustre le directeur, qui rappelle que le manque de magnésium freine la maturité phénolique pendant que le changement climatique fait grimper le TAVP.

A court terme, seule une fertilisation raisonnée peut contrer le phénomène. « Lorsqu’ils replantent, les vignerons ont tout intérêt à bien choisir leur porte-greffe. Notre base de données d’analyses montre de grandes différences dans l’assimilation du magnésium et du potassium ».

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Tous les commentaires (1)
Mic Le 28 avril 2022 à 10:00:52
Cette année il y aura bien quelque chose, l'année n'est pas fini. Voir la guerre en Ukraine,la faute aux Russes. Ce serait exceptionnel ne pas entendre de plainte..
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