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La vigne peut manquer d'azote, de magnésium, de fer, et de manganèse

La société de recherche et de développement viticole a fait le bilan de toutes ses analyses de pétioles et de sarments. Elle attire l'attention des vignerons sur d'éventuelles carences en minéraux et oligo-éléments.
Par Marion Bazireau Le 12 avril 2021
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La vigne peut manquer d'azote, de magnésium, de fer, et de manganèse
La vigne a de bonnes réserves en matières carbonées. - crédit photo : Pixabay
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u bordelais à la Vallée du Rhône, 2020 a été un millésime plutôt favorable aux réserves carbonées de la vigne. « Il a suffisamment plu entre août et octobre et elle montre de bons niveaux en sucres solubles, amidon, et sucres totaux » décrit Guillaume Desperrières, directeur général de la société de recherche et de développement viticole (SRDV).

« Dans le Languedoc, c’est même le troisième millésime où nous enregistrons les valeurs les plus élevées. Elles sont un peu plus basses autour d’Orange, où il a fait plus sec, mais suffisantes pour un bon débourrement et développement de la plante ».

Ces bonnes teneurs en matières carbonées devraient compenser les niveaux d’azote, « qui ne sont pas excellents, en particulier dans le Languedoc » reprend Guillaume Desperrières.

Plus de potassium, moins de magnésium

L’an passé, la vigne a terminé son cycle en assimilant beaucoup de potassium. « Nous voyons les niveaux monter millésime après millésime du fait du réchauffement climatique, avec des conséquences sur l’acidité et la fraîcheur des vins ».

En parallèle, l’élément à surveiller est le magnésium. « Les carences sont de plus en plus fréquentes dans les trois régions sur lesquelles nous intervenons, avec des impacts sur l’activité photosynthétique et la maturation phénolique ».

Risque de chlorose ferrique

Cette année, Guillaume Desperrières conseille aussi aux vignerons de faire attention aux niveaux de fer. « Ils sont plus bas que les deux années précédentes, avec un risque de chlorose et une baisse de rendement en 2021 » prévient-il. L’alternance de périodes très chaudes et froides ce printemps n’arrange rien.

En cas de déficit, des corrections au chélate de fer peuvent être réalisées dès le stade 4/5 feuilles étalées.

Dernier point de vigilance, le manganèse. « Les teneurs baissent régulièrement depuis 6 ou 7 ans, et les carences ne concernent plus que le mourvèdre. Les vignerons en apportent moins de manière indirecte en traitant leurs vignes au mancozèbe ou autres produits phytosanitaires qui en contiennent » explique le directeur général. Certaines vignes peuvent en manquer.

« Il faut surveiller les jaunissements, particulièrement dans les sols calcaires et sableux » indique Guillaume Desperrières. La SRDV va mener des essais pour vérifier l’efficacité de différentes applications de sulfate de manganèse jusqu’au stade petit pois.

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