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La microbiologie plutôt que la chimie pour la viticulture du futur

Les nouvelles technologies microbiologiques permettent la création des vignes adaptées au changement climatique ou de mieux gérer les pesticides. Le point à l’occasion de la 19ème matinée des œnologues de Bordeaux.
Par Marion Bazireau Le 30 mars 2022
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La microbiologie plutôt que la chimie pour la viticulture du futur
Les oenologues de Bordeaux ont mis Louis Pasteur à l’honneur et invité Erik Orsenna, membre de l’Académie française, à présider leur journée. - crédit photo : Marion Bazireau
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’inspirer du passé pour imaginer le futur. C’est ce qu’on fait les œnologues de Bordeaux lors de leur 19ème matinée, organisée ce 29 mars au Rocher Palmer. Les professionnels ont mis Louis Pasteur à l’honneur en ayant invité Erik Orsenna pour présider leur journée, l'auteur étant membre de l’Académie française au fauteuil n°17, celui occupé par le microbiologiste au XIXème siècle, .

« Face à la pression sociétale, aux impasses techniques et aux limites de la chimie, les nouvelles technologies microbiologiques sont des outils extraordinaires pour la viticulture et l’œnologie de demain » a introduit Diala Younes Lavenu, la présidente de l’Association des œnologues de Bordeaux.

Directeur de recherches à l’Institut Pasteur, Guy-Franck Richard a ouvert le cycle de conférences en rappelant à l’auditoire les perspectives offertes par la synthèse et la modification de génomes. « Nous savons aujourd’hui fabriquer en laboratoire des levures Saccharomyces cerevisiae au génome 100 % synthétique » a-t-il illustré.

A sa suite, Père Mestre, chercheur à l’Inrae de Colmar a rappelé que les rétrocroisements ne sont pas la seule voie de création de variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. « La transgénèse sur plusieurs gènes permet d’éviter les contournements de résistance. Il est également possible d’inactiver des gènes de sensibilité nécessaires à l’infection par les pathogènes par édition génomique ».

Fondateur du laboratoire Biology as a Solution (BaaS), Jérémie Brusini a expliqué qu’il est possible de connaître la proportion de souches résistantes à différents fongicides dans les populations infectant un vignoble et de mettre en place des itinéraires techniques ciblés. « L’idée est de mieux gérer l’efficacité des molécules dans le temps tout en économisant sur l’achat de pesticides devenus inefficaces ».

Les perspectives de la mycorhization

Plusieurs études sont en cours sur la microbiote du sol. Maître de conférences à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), Valérie Lauvergeat a présenté les premiers résultats du projet Vitirhizobiome financé par le Plan national de lutte contre le dépérissement du vignoble (PNDV) et les « différences dans la composition des communautés de levures et bactéries entre zones dépérissantes et saines d’une même parcelle ».

A terme, les chercheurs espèrent proposer de nouveaux couples porte-greffes/greffons aptes à s’associer avec les micro-organismes bénéfiques à la plante. « Nous avons aussi identifiés des bactéries stimulatrices de croissance à ajouter lors des complantations pour renforcer le développement des plants ». 

Responsable innovation et R&D Mycophyto, Mathilde Clément a présenté les audits et implantations de champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA) indigènes et adaptées aux spécificités des parcelles que la startup propose aux vignerons. « Contrairement aux produits industriels génériques, nous travaillons à partir de populations indigènes, déjà présentes dans le sol et adaptées à chaque terroir ». L’objectif est d’aider la vigne à faire face à l’élévation des températures, au stress hydrique, et aux attaques des bioagresseurs.

 

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