ouveau niveau pour la pyramide des vins d’appellation : certains vins d’appellation sous Dénomination Géographique Complémentaire (DGC) vont pouvoir prétendre à la mention de cru sur leurs étiquettes (sous le format "AOC cru DGC"). « Ce n’est pas une montée en cru, c’est donner la possibilité à adjoindre une mention valorisante à une DGC qui ont prouvé leur notoriété et l’implication des producteurs et la part de volume produit » pose l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Proposé par un rapport du groupe de travail de hiérarchisation et validé par le comité national des vins d’appellation, cette nouvelle strate valorisante va permettre d’« apporter une reconnaissance aux DGC qui ont acquis une forte notoriété et une réussite économique, mais qui n’ont pas forcément vocation à devenir des appellations à part entière » précise l’INAO à Vitisphere.
Dossier transversal pour tous les bassins viticoles (avec des spécificités locales, voir encadré), cette mention de cru pour les DGC « correspond à un besoin de reconnaissance par les consommateurs. Depuis de nombreuses années, on s’aperçoit qu’il manque un aspect valorisant quand on parle de DGC. Le consommateur ne perçoit pas de notion pyramidale » souligne Éric Pastorino, le président de la Fédération Régionale des vins AOC du Sud-Est. Présidant également le Conseil Interprofessionnel du Vin de Provence (CIVP), le viticulteur varois est très satisfait par la création de cette mention valorisante : « Il y a échelon supplémentaire dans l’organisation pyramidale des AOC. En Provence, la DGC Sainte-Victoire pourrait y prétendre comme elle a son aire délimitée. Elle pourra s’appeler Côte de Provence cru Sainte-Victoire. »
Concrètement, le rapport du groupe de travail sur la hiérarchisation de l’INAO limite la mention de cru aux DGC de petites tailles (échelle d’un lieu-dit ou d’une à dix communes), avec un terroir homogène et des conditions spécifiques de production (« si elles doivent être plus exigeantes, elles doivent refléter une réalité de terrain et non pas être un objectif à atteindre » précise l’INAO), des surfaces plantées conséquentes et historiques (à l’échelle du lieu-dit), une implication continue des producteurs sur cette zone (notamment par la revendication et l’étiquetage du lieu-dit), une reconnaissance par les professionnels (bibliographie, dégustations…). Avec la validation du rapport d’enquête, le Comité National AOP donne « une orientation à destination des commissions d’enquête qui doivent travailler sur des sujets de hiérarchisation et des Organisations de Défense et de Gestion (ODG) pour leur réflexion sur la hiérarchisation » précise l’INAO.
À noter qu’au sein du groupe de travail sur la hiérarchisation se poursuivent les débats sur les « notion d’assemblage des mentions cru et premier cru » précise l’INAO.
Le terme de "cru" est historiquement intégré à des AOC dans le vignoble français. Comme les crus du Rhône (selon une règle d’étiquetage), ceux de Bordeaux (avec Saint-Émilion grand cru) et de Bourgogne (au sommet de la hiérarchisation AOC).