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Et vous, savez-vous ce que signifie CMR ?

[Article paru le 19 janvier 2021] C'est le résultat surprenant d'une enquête réalisée par des chercheurs dans le Val de Loire pour comprendre quels sont les freins à l'adoption par la filière viticole de pratiques plus respectueuses de l'environnement.
Par Marion Bazireau Le 27 décembre 2021
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Et vous, savez-vous ce que signifie CMR ?
L'Ecole Supérieure d'Agriculture d'Angers a interrogé 102 viticulteurs aux profils variés dans les trois départements de la région. - crédit photo : DR
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algré la formation Certiphyto, seuls 29 % des viticulteurs du Val de Loire connaissent la signification des trois lettres du sigle « CMR » (cancérogène, mutagène et reprotoxique). Et 40 % sont même incapables de donner le sens d’une des trois initiales.

C’est ce que les partenaires du projet Eco3vic* ont découvert en questionnant 102 vignerons pour déterminer les freins de la filière à l’adoption de techniques plus respectueuses de l’environnement.

Les viticulteurs ont été interrogés sur sept techniques identifiées par des experts de l’analyse du cycle de vie (ACV) : le recours à des produits non CMR, les vendanges manuelles, la pulvérisation confinée, le palissage avec des piquets d’acacia non traités, la fertilisation par engrais organiques séchés, le couplage des outils de travail du sol et d’entretien du feuillage, et le choix d’un tracteur économe en carburant type Fendt Vario.

Tous les phytos sont dangereux

« Ceux qui ne sont pas prêt à se passer des CMR estiment que la liste des autres produits disponibles est trop restreinte. D’autres trouvent les produits « bio » trop chers. Il y a aussi des viticulteurs qui jugent que toutes les molécules sont dangereuses, qu’elles soient CMR ou pas » rapporte Annie Sigwalt, enseignante-chercheuse en sociologie à l’Ecole Supérieure d’Agriculture (ESA) d’Angers.

Poursuivant avec l’exemple du tracteur économe en carburant, la chercheuse explique que les viticulteurs qui en ont fait l’acquisition, soit 25% de l’échantillon, ou qui envisagent de le faire, sont avant tout motivés par le gain de confort de travail. « Ils y voient notamment un atout pour recruter des chauffeurs ».

Ces enquêtes ont été réalisées dans les trois départements de la région par deux élèves ingénieurs. « Nous avons ciblé ceux qui cultivent au moins un hectare de vigne, en nous rendant aussi bien chez des gens en coopérative, chez des viticulteurs vendant en vrac au négoce, dans des caves privilégiant la vente directe, ou dans des domaines ayant choisi des systèmes mixtes » détaille Annie Sigwalt.

Peu d’impact du label environnemental

Les chercheurs ont aussi veillé à ce qu’un tiers des répondants soient engagés dans des démarches environnementales, que ce soit la bio, la HVE ou Terra Vitis. Au final, leurs travaux ont montré que la détention d’un label a peu d’impact sur la propension au changement. Ils ont fait le même constat pour l’âge ou la pluriactivité.

En revanche, plus le chiffre d’affaires de leur exploitation et leur niveau de formation sont élevés, plus les viticulteurs s’inquiètent de leur impact sur l’environnement. Le fait de recevoir du public est un autre facteur discriminant.

 

*De 2016 à 2020, l’École Supérieure d’Agricultures d’Angers a travaillé avec la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, la cave Robert et Marcel, et l’association Terra Vitis sur la conception d’itinéraires techniques viticoles plus respectueux de l’environnement du point de vue de l’analyse de cycle de vie (ACV). Ils ont présenté leurs résultats ce 15 janvier lors d’un webinaire.

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