Accueil / Politique / Pas de consommation d'alcool sans risque pour la santé pour ce plan cancer

Parlement européen
Pas de consommation d'alcool sans risque pour la santé pour ce plan cancer

Reprenant des conclusions de l'OMS, des eurodéputés veulent cranter dans la politique communautaire une vision résolument hygiéniste des boissons alcoolisées en général, et du vin en particulier. De quoi inquiéter la filière vin sur les soutiens publics à l'avenir.
Par Alexandre Abellan Le 10 décembre 2021
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Pas de consommation d'alcool sans risque pour la santé pour ce plan cancer
Ce texte vise « la prévention des 40 % de cancers évitables, par des mesures législatives ou des recommandations aux États membres visant à agir sur tous les déterminants, dans toutes les politiques, pour conduire à une réduction des risques comportementaux, professionnels, sociétaux, sociaux, ou économiques » indique dans un communiqué l’eurodéputée Véronique Trillet-Lenoir. - crédit photo : Parlement Européen (comité Beca 9 décembre)
S

cruté par la filière vin, le paragraphe 11 du comité spécial du Parlement Européen sur la lutte contre le cancer (Comité Beca) est adopté ce 9 décembre à Bruxelles avec la référence à l’étude de l’Organisation Mondiale de la Santé considérant qu’il n’existe pas de niveau de sureté en ce qui concerne la consommation d’alcool pour la prévention du cancer. Dans la dernière version du texte, le comité Beca « rappelle que la consommation d’alcool est un facteur de risque pour de nombreux cancers, comme la bouche, le pharynx, le larynx, l’œsophage, le foie, colorectal, du sein… » et « rappelle l’étude de l’OMS qui reconnaît que quand il s’agit de prévention du cancer il n’y a pas de niveau de sécurité et souligne le besoin de le prendre en compte quand seront discutés et mis en place les politiques de prévention du cancer ».

Avec 24 votes pour, 6 contre et 3 abstentions en comité, cet article doit désormais être étudié, avec l’ensemble du rapport d’orientation, par le parlement européen en séance plénière ce début 2022. Si le texte étudié n’a pas de vocation législative, il doit positionner politiquement les eurodéputés sur le plan anticancer préparé par la Commission européenne. Pour de nombreuses organisations vitivinicoles (de France, mais aussi d'Italie et d'Espagne), ce jugement que toute consommation de boissons alcoolisées serait nocive, quel que soit le niveau de consommation, est non seulement contreproductif en matière de santé publique (ne distinguant pas la consommation responsable des comportements abusifs) et pourrait conduire à terme à la suspension des aides européennes au vignoble (le comité Beca demandant à l’Union Européenne et ses états membre de réviser leurs politiques globales pour permettre une meilleure prévention*).

Il nous reste tout à faire

Après 18 mois de travaux, l’eurodéputée de la majorité Véronique Trillet-Lenoir, qui est la rapporteure du comité Beca, se montre satisfaite ce 9 décembre par ce vote de l’ensemble du rapport. La cancérologue lyonnaise déclare en commission : « et bien voilà, nous l’avons fait ! Nous avons soutenu ensemble, avec nos sensibilités, nos convictions, nos divergences aussi, une position forte pour un plan européen de lutte contre le cancer. […] Nous l’avons fait par-dessus tout malgré les fortes pressions sur nous, pour préserver la belle jeunesse européenne de ces mauvaises habitudes et de ces environnements toxiques. […] Il nous reste tout à faire : convaincre nos collègues de donner un mandat fort et uni à ce parlement pour défendre nos positions. Pousser nos gouvernements respectifs à s’engager. Prendre tout notre rôle de législateur pour concrétiser nos propositions. »

 

* : Ainsi qu’une révision des règles d’étiquetage sur les informations de nutrition et d’ingrédients, malgré le récent consensus obtenu dans la Politique Agricole Commune (PAC 2023-2027).

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (5)
Charles Le 18 décembre 2021 à 05:29:46
Beaucoup de produits sont cancérigènes. Ça dépend surtout de la dose. La pollution de nos villes n'est-elle pas beaucoup plus nocive que les boissons alcooliques ne puissent l'être? Faudrait-il arrêter de respirer?
Signaler ce contenu comme inapproprié
balda Le 10 décembre 2021 à 18:33:16
Commençons par interdire le gras ! où qu'il soit ! N'oublions jamais Pasteur ! Mais aujourd'hui on a remplacé le vin par la fumette !
Signaler ce contenu comme inapproprié
Denis Le 10 décembre 2021 à 18:31:42
Comme d'habitude, toutes les boissons alcoolisées sont mises dans le même sac ! Pour ce qui est du vin, il serait intéressant de comparer l'effet cancérogène d'un vin conventionnel avec celui obtenu avec des raisins AB et vinifié sans sulfites: ces derniers peuvent en effet provoquer des réactions inflamatoires qui peuvent faire le lit de certaines maladies dont le cancer; de plus les sulfites inhibent certains antioxydants naturels, bons contre les cancers, et présents en quantité plus importantes dans les raisins bio.
Signaler ce contenu comme inapproprié
MG Le 10 décembre 2021 à 18:29:19
Rappelons a tous ces Tartuffes que la vie est une maladie mortelle. "préserver la belle jeunesse européenne de ces mauvaises habitudes et de ces environnements toxiques" : cette dame étant issue de LREM je saurais m en rappeler en avril 2022.
Signaler ce contenu comme inapproprié
Viti Le 10 décembre 2021 à 14:57:14
On ne parle que de prévention contre les dangers de l'alcool. Il y a des produits bien plus nocifs pour la santé. Cela reste tabou! Est-ce que la filière viticulture serait moins bien défendue que d'autres à la commission européenne ? Pouvons nous être fier d'un savoir faire européen qui fait la fierté de nos états et qui est largement reconnu au-delà de nos frontières ? Pensez-vous vraiment que les vins de prestige encourage tout les excès ?
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé