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Le vin et la guerre des tranchées, une affaire d'état d'ivresse

Imposants, les chiffres de la consommation de vin dans les tranchées sont incarnés dans la chair des poilus et des négociants dans cette bande dessinée.
Par Alexandre Abellan Le 11 novembre 2021
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Le vin et la guerre des tranchées, une affaire d'état d'ivresse
Les 3 millions de soldats mobilisés sur le front recevaient chacun une moyenne de 180 litres par an. - crédit photo : Edition Bamboo
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ire au flanc tirant profit de la première guerre mondiale, le négociant en vin Ferdinand Tirancourt est l’antihéros de Pinard de guerre, album écrit par Philippe Pelaez et dessiné par Francis Porcel dans la collection Grand Angle (éditions Bamboo : 64 pages pour 14,90 €). Ayant feinté la mobilisation en se faisant passer pour éclopé, Ferdinand Tirancourt fait prospérer son activité de fournisseur de vins des soldats du front. Les poilus étant abreuvés jusqu’à plus soif pour avoir le courage de rester et attaquer. « Quand elle a eu son quart, la bleusaille ne tremble plus, mais agrippe son fusil. A la demi-bouteille, elle commence à lever la tête au-dessus de la tranchée. Après un litron, quand il faut partir à l’assaut, le tire-au flanc se transforme en héros » indique Ferdinand Tirancourt dans l’album.

Personnage antipathique, ce négociant reste un profiteur de guerre se définissant comme un « charlatan de profession », ajoutant à son vin d’Algérie de l’« alcool à bruler pour la force, de la fuchsine pour la robe et un peu d’eau-de-vie ». Quittant Bercy pour livrer des tonneaux au début de la BD, Ferdinand Tirancourt se retrouve coincé par un coup du sort dans une tranchée devenue avant-poste. L’occasion d’une prise de conscience inattendue pour lui : « il m’a fallu vivre dans vos tranchées pour comprendre que mon pinard était beaucoup plus qu’une activité pécuniaire. Il m’a fallu voir votre misère pour comprendre que j’œuvrais pour le bien de l’humanité. »

La vinasse des bidasses

Au-delà du parcours de rédemption de leur héros, les auteurs utilisent cet album pour donner corps aux incroyables chiffres de consommation de vin durant 14-18. Au total, on estime que 15 millions hectolitres de vin ont été distribués par l’armée française lors du conflit. Pivot de la ration quotidienne des poilus, le quart de rouge distribué en 1914 (soit 25 cl) passe à la fillette en 1915 (37,5 cl), puis au demi-litre en 1916 et finalement au litre en 1918. Et ce sans compter le seizième de litre d’eau de vie (6,25 cl).

L’histoire de cet album se poursuivra dans un deuxième tome : Bagnard de guerre.

 

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