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Appel conditionné
Valérie Murat appelle aux dons pour contester sa condamnation de "dénigrement des vins de Bordeaux"

La justice conditionne l'appel de la porte-parole de l'association Alerte Aux Toxiques au paiement de sa condamnation de 125 000 € à la suite de la demande de radiation portée par l'interprofession des vins de Bordeaux et 25 plaignants.
Par Alexandre Abellan Le 10 novembre 2021
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Valérie Murat appelle aux dons pour contester sa condamnation de
« Je suis venue militer devant la porte et sous les fenêtres du CIVB » lance Valérie Murat ce 10 novembre devant le siège de l’interprofession. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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ppels en écho. Un appel aux dons de 125 000 euros est lancé par l’association antiphyto Alerte aux Toxiques, AAT, et de sa porte-parole, Valérie Murat ; afin de porter en appel leurs condamnations pour « dénigrement des vins de Bordeaux », suite à la publication d’analyses de résidus pesticides dans 22 cuvées certifiées Haute Valeur Environnementale (HVE) liées à des figures du vignoble (syndicales notamment). Ce 10 novembre, la première chambre civile de la cour d’appel de Bordeaux juge que la procédure d'appel est conditionnée au règlement intégral des 125 000 euros de dommages et intérêts arrêtés par le tribunal de Libourne. La cour valide la demande de radiation de l’appel* déposée par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) et 25 autres intimés (syndicats viticoles, domaines et négoce), qui reprochent à AAT et Valérie Murat le défaut de paiement intégral de leur condamnation (à exécution provisoire). L’association et sa porte-parole versant 800 €/mois depuis ce 15 avril aux plaignants.

« La décision exécutoire de Libourne est maintenant assortie d’une somme exorbitante qui vaut caution de droit d’appel. C’est gravissime. Ils cherchent à me faire vendre le patrimoine familial de mon défunt père, mort à cause des pesticides, à savoir la maison où vit ma mère » déclare Valérie Murat, tenant une conférence de presse devant le siège du CIVB après l’annonce du verdict. Si la juridiction note dans sa décision « les modestes revenus » déclarés par l'activiste, il souligne que « les éléments fournis par le CIVB établissent qu’elle dispose aussi d’un patrimoine immobilier et viticole (environ 5 ha) ». Pour la chambre civile, Valérie Murat « n’établit pas qu’elle serait dans l’impossibilité de régler les causes du jugement ou que ce règlement aurait des conséquences manifestement excessives » comme elle « possède des biens immobiliers susceptibles d’être vendus et/ou affectés en garantie d’un prêt bancaire de nature à régler cette condamnation ».

Sommation de payer

Faisant face à une sommation de payer à court terme, la militante indique que l’association AAT va lancer une cagnotte en ligne pour régler cette somme. « C’est un soutien pour une condamnation, ce qui est légal » précise Valérie Murat, se disant confiante dans la capacité à récolter ces fonds dans les délais (qui n’ont pas pu être précisés à date de publication). Dénonçant un « procès bâillon », l’activiste estime que cette attaque judiciaire la vise personnellement. Selon elle les instances bordelaises veulent la « faire taire. Elles n’y arriveront pas. Au contraire, ça décuple mon envie de militer » prévient Valérie Murat, dénonçant « une atteinte au droit de critiquer et à la liberté d’expression ».

Dénigrer l’ensemble de la filière

Contacté, le CIVB ne souhaite pas communiquer sur ce dossier judiciaire. Lors d’une réunion de terrain ce 3 novembre, des porte-paroles de l’interprofession rappelaient cependant leur vision de cette affaire, radicalement opposée à celle de Valérie Murat. « On est dans ce combat : on a le droit de dire que l’on n’aime pas le goût de Bordeaux, mais dire que boire du Bordeaux c’est mortel, on n’a pas le droit de le dire. La meilleure preuve, c’est que celle qui l’a dit a été condamnée pour ça » explique la semaine dernière Christophe Château, le directeur de la communication du CIVB, rappelant que l’interprofession avait tenté de travailler avec Valérie Murat, sans résultats.

« Ce qui est condamné, c’est la façon de dire les choses : "boire du vin de Bordeaux, tu risques ta vie", "les vins de Bordeaux contiennent des poisons"… C’est ça qui a été condamné, le fait de dire les choses en dénigrant l’ensemble de la filière » indique pour sa part Fabien Bova, le directeur du CIVB, la semaine dernière à Beychac, qui regrette que la presse retienne « une condamnation parce que l’on a publié des résultats, ce qui est faux, et le combat HVE/bio, alors que ce n’est pas ce qui a été porté devant le juge. [Le dénigrement,] ce n’est pas de publier des résultats. Le sujet, c’est ce que l’on en a tiré. Avec des hashtags épouvantables qui jettent l’opprobre sur le vin de Bordeaux. C’est ce qui est interdit, il n’est pas interdit de dire ce que l’on pense, de critiquer la HVE… »

Appel pendant

« Je n’ai jamais dit que boire du vin de Bordeaux fait mourir, mais que pour produire du vin de Bordeaux on pulvérise des pesticides de synthèse parmi les plus dangereux d’avril à septembre chaque année » balaie Valérie Murat, indiquant que ces propos sont sortis du contexte d’un interview vidéo (qui nest plus publié) où elle expliquait le sens de « toxique : tu peux mourir ». Se définissant comme « le caillou dans la chaussure du CIVB », la militante confirme son désir de faire appel une fois les 125 000 € récoltés.

 

* : « Il convient de rappeler que la radiation ne met pas fin à l’instance d’appel qui est seulement suspendue jusqu’à la justification de l’exécution du jugement, comme il est dit au dernier alinéa de l’article 524 du code de procédure civile » indique le délibéré.

 

 

 

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Tous les commentaires (9)
MG Le 15 novembre 2021 à 14:10:25
C'est petit l'argument du fermage.
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Val?rie Murat Le 15 novembre 2021 à 12:01:19
Je répondrai à vos attaques et vos bassesses quand vous ne commenterez pas en anonyme.
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RogerB Le 12 novembre 2021 à 20:19:08
Quand on a une propriété familiale (qui a été donné en fermage à un tiers), peut-être que les discours moralisateurs seraient plus entendus si l'auteur nous montrait comment faire plutôt que passer son temps devant les micros des journalistes.
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pg Le 12 novembre 2021 à 18:20:20
Mme Murat, nous expliqueriez vous que les juges ont statué en votre défaveur sans avoir examiné les faits ? Seriez vous en train d' insinuer que les juges n' ont pas fait leur travail et qu'ils seraient sous influence , au mépris de la justice ? Merci de votre réponse. Prenez soin de consulter votre avocat avant toute réponse. Pourquoi ne pas vous attaquer aux instances qui ont homologué les phytos plutôt que de vous en prendre aux utilisateurs qui ne demanderaient pas mieux que de se passer de ces mêmes phyto ? La BB ne tue pas les utilisateurs mais , pour ce qui est de la vie du sol , il en est tout autrement. Pourquoi l' Europe tente régulièrement la diminution des doses de Cu ? Ce qui pose problème c' est votre extrémisme . L' avenir de la viticulture , ce sont les cépages génétiquement résistants tout en gardant l' expression des cépages d' origine. Mais vos amis faucheurs , au mépris de la démocratie sabotent la recherche qui ne peut avancer .. C' est aussi ça l' extrémisme. Je trouve votre sanction bien lourde , à vrai dire. Mais , vu que je ne connais pas le fond du dossier , je me dis que vous avez du pousser le bouchon bien loin. Je pense que votre appel devrait réduire grandement la sanction.... Mais je ne suis que simple vigneron , pas juriste . Mais un vigneron animé de bon sens , ou du moins , je l' espère ! Je vous invite à vous plonger dans les pensées de notre cher Montaigne. Vous en tirerez sagesse et relativisme qui vous aideront dans votre combat mené aujourd'hui de façon outrancière . Si vous ne gagnez pas en efficacité , il est certain que vous y gagnerez en noblesse et équité.
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MG Le 12 novembre 2021 à 18:10:49
Des discutions, il n'y en a pas car on se fait traiter de troll et après on peu plus poster de message. Le combat des bios a un train de retard : en pleine période de négociation sur les GES, il n' y a aucun débat des bio sur la tonne de GES à l'hectare.
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gz33 Le 12 novembre 2021 à 15:10:40
je ne connais pas l'envers des discussions entre vous et le civb, mais on ne peut pas dénigrer tout un département et une profession et ne pas s'attendre à un retour de manivelle...
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Val?rie Murat Le 12 novembre 2021 à 12:49:20
A l attention encore de C. Château, comme l avait indiqué notre avocat Maître Morain, lors de l audience du 17 décembre à libourne, vous et vos avocats êtes les seuls à avoir compris que j aurais dit que les vins de Bx sont Toxiques. Aucun média ni journalistes ne l a relayer de cette façons. Ce que je dénonce c est l'utilisation des pesticides Toxiques pour produire ces vins lors des pulverisations et ce depuis maintenant 10 ans.
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Val?rie Murat Le 11 novembre 2021 à 13:08:01
à l'attention de C. Chateau qui affirme que "l’interprofession avait tenté de travailler avec Valérie Murat, sans résultats" C'est l'interprofession et vous qui avez refusé de travailler avec nous ! Nous avons obtenu une réunion grâce à un bras de fer médiatique avec les analyses du vin de votre président B. FARGES ! Rappel précis et détaillé des faits : ici https://alerteauxtoxiques.com/2018/03/10/retour-presse-sur-la-1ere-reunion-de-travail-au-civb/
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FAVENNEC Bernard Le 10 novembre 2021 à 18:37:18
Quelle justice ? Où ? Pour qui ? Pourquoi ?
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