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Rebondissement judiciaire

L’interprofession des vins de Bordeaux attaque l’appel de Valérie Murat

Mercredi 15 septembre 2021 par Alexandre Abellan

Les plaignants attaquent une présentation erronée et anxyogène de résultats d'analysés phytos, quand les militants dénoncent une atteinte à la liberté d'information des lanceurs d'alerte.
Les plaignants attaquent une présentation erronée et anxyogène de résultats d'analysés phytos, quand les militants dénoncent une atteinte à la liberté d'information des lanceurs d'alerte. - crédit photo : Alexandre Abellan (Cour d'Appel de Bordeaux)
Déposant une demande de radiation de l’appel pour défaut d’exécution provisoire, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux suscite de nouvelles mobilisations dans les associations environnementales, y compris viticoles.

Ce 13 octobre, la première chambre civile de la cour d’appel de Bordeaux doit examiner la demande de radiation de l’appel déposée par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) et 25 autres intimés (syndicats viticoles, domaines et négoce) à l’encontre de l’Association Alerte aux Toxiques et de sa porte-parole, Valérie Murat. Ayant fait appel de leur condamnation solidaire à verser 125 000 euros de dommages et intérêts au bénéfice des 26 plaignants (dont 100 000 € pour le CIVB) pour « dénigrement des vins de Bordeaux » (ce 25 février à Libourne), l’association antiphytos et sa porte-parole versent depuis ce printemps 800 €/mois (la condamnation étant assortie d'une exécution provisoire).

Mais pour les avocats du CIVB et des 25 autres plaignants, ces premiers versements motivent une demande de radiation de l’appel pour défaut d’exécution provisoire (l'intégralité des 125 000 € n'ayant pas été versés). « Nous ne sommes pas réfractaires, nous montrons notre bonne volonté et je me plie à la décision de justice, même si je la trouve contestable et disproportionnée » indique Valérie Murat, pour qui « on essaie par tous les moyens de nous faire perdre du temps et de l’argent ».

"Procédure bâillon"

Dénonçant une « procédure bâillon », le Collectif Infos Médoc Pesticides mené par Marie-Lys Bibeyran appelle à une mobilisation de soutien devant la cour d’appel. Cet appel est signé par des personnalités et associations allant de l’écologiste Noël Mamère au Mouvement pour l’agriculture Biodynamique, en passant par quatre vignerons. Dont Pascal Doquet, au nom de l’Association des Champagnes Biologiques qu'il préside, et, à titre individuel de Jacques Carroget, le président du Syndicat de défense des vins naturels. Pour ce dernier, vigneron dans l'Anjou, « ce type d'attaque s'apparente à de la censure, ce qui est inacceptable dans une société démocratique. Les responsables de l'interprofession ne font pas preuve de sagesse en essayant de verrouiller l'information. C'est faire preuve de leur part de faiblesse. »

15 septembre 2021

À l’origine de cette affaire judiciaire se trouve la publication, il y a un an exactement, des analyses de traces de pesticides dans 22 cuvées certifiées Haute Valeur Environnementale (HVE) liées à des figures du vignoble (syndicales notamment).

Contacté, le CIVB ne souhaite pas commenter ce dossier. Des vignerons sollicités indiquent avoir pour priorité leurs vendanges qui approchent et laisser le soin de défendre les intérêts de la filière bordelaise à leurs avocats.

 

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