LE FIL

En linéaire

Les ventes de champagnes rebondissent, celles de Prosecco explosent

Vendredi 10 septembre 2021 par Alexandre Abellan

« La crise du covid a porté préjudice aux champagnes, comme au marché des effervescents en général, car le contexte sanitaire ne se prêtait pas aux moments de partage auxquels les bulles sont habituellement associées » indique Éric Dinet pour E.Leclerc.
« La crise du covid a porté préjudice aux champagnes, comme au marché des effervescents en général, car le contexte sanitaire ne se prêtait pas aux moments de partage auxquels les bulles sont habituellement associées » indique Éric Dinet pour E.Leclerc. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le passage à vide de la crise covid n’est plus qu’un mauvais souvenir, les ventes de vins effervescents repartant à la hausse dans les rayons de la grande distribution.

Ça pétille à nouveau dans les linéaires de la grande distribution. « Après une période compliquée pendant la crise sanitaire pour les bulles au global (-10,5 % en volumes au deuxième trimestre 2020 hors hard-discount), l’allègement des restrictions liées au contexte sanitaire a marqué un tournant pour les ventes de champagne en grande distribution » indique Éric Dinet, adhérent E.Leclerc Niort centre-ville. D’après les panels IRI, les ventes de champagnes du 20 juillet 2020 au 17 juillet 2021 affichent des hausses de +10 % en volume et +11% en valeur par rapport à 2019-2020. S’il était attendu après la chute des ventes du premier confinement, ce rebond dépasse même les niveaux de vente de l’avant crise-covid, avec des croissances notables par rapport à 2018-2019.

« Certes, 2018 et 2019 n’étaient pas des années formidables de ventes (avec la crise des gilets jaunes et la loi EgAlim), mais il est saisissant de voir cette reprise, même en reconfinement » note Éric Marzec, le directeur d’unité vins de l’agence IRI. L’analyste souligne que les ventes de Prosecco ne sont pas en reste. Le pétillant italien affiche des hausses de 24 % en volume et en valeur (pour 14 millions de cols et 90 millions €). Certes la gamme des champagnes reste plus importante (40 millions de cols pour 816 millions €), mais le segment du Prosecco ne cesse de croître et de s’affirmer dans le paysage de l’apéritif. « Vu l’écart de prix entre les champagnes et le prosecco, il ne s’agit pas forcément du même consommateur et du même moment de consommation. Il n’y a pas de cannibalisation totale du prosecco sur le champagne » analyse Éric Marzec, qui ajoute que c’est moins le cas pour les crémants, qui affichent une plus grande proximité de prix avec le prosecco.

"Le marché se cherche encore"

Actuellement, « le marché des vins effervescents est en mutation. L’appellation Prosecco est sortie du jour au lendemain, elle a rebattu les cartes et donné un coup de fouet à la catégorie » précise Stéphane Friez, adhérent Intermarché à Castres. Pour le responsable de la filière vins pour les Mousquetaires, « le marché des effervescents n’est pas stabilisé. Le Prosecco a modifié l’entrée de gamme. Les champagnes ont énormément perdu avec la loi Egalim et la suppression des promotions… Aujourd’hui, le marché se cherche encore. »

 

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