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Où en est le conflit diplomatique sur l’appropriation russe du Champagne ?
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En cyrillique
Où en est le conflit diplomatique sur l’appropriation russe du Champagne ?

Après des échanges avec Moscou en juillet, le quai d’Orsay indique poursuivre ses analyses d’un texte aux conséquences encore mal définies, notamment en matière de rétroactivité.
Par Alexandre Abellan Le 06 septembre 2021
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Où en est le conflit diplomatique sur l’appropriation russe du Champagne ?
« Cette loi s'inscrit dans un ensemble de mesures russes protectionnistes visant la substitution aux importations, y compris dans le secteur viti-vinicole » analyse Franck Riester. - crédit photo : Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (déplacement du 9 juillet 2021)
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arue le 2 juillet, la loi russe préemptant l’usage du terme Shampanskoye (шампа́нское) au seul bénéfice de ses seuls vins nationaux continue d’être expertisée. « Nous continuons à évaluer précisément avec les professionnels les implications de ces nouveaux obstacles réglementaires, et notamment leur potentiel caractère rétroactif » indique Franck Riester, le ministre délégué au Commerce extérieur. auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères ce 2 septembre, dans une réponse écrite à la sénatrice bordelaise Nathalie Delattre (groupe RDSE, Rassemblement Démocratique et Social Européen), présidente de l’Association Nationale des Elus de la Vigne et du Vin (ANEV).

Rappelant que « cette loi prive nos producteurs de la faculté de faire figurer la dénomination "Champagne" sur les étiquettes en cyrillique à l'arrière des bouteilles, en leur imposant la mention "vin pétillant" », le quai d’Orsay souligne que cette réglementation « implique également une obligation de ré-étiquetage pour d'autres vins et spiritueux (notamment le Cognac), et une obligation de re-certification ».

Faire respecter la protection des AOP

Si les impacts de cette législation russe restent flous, il ne fait pas de toute que sa mise en place sans aménagements fragiliserait le modèle français des appellations. « La force du système des AOP réside dans la capacité des autorités, françaises et européennes à faire respecter la protection dont elles bénéficient, sur le territoire de l'Union européenne, mais aussi dans les États tiers » indique ainsi la sénatrice Nathalie Delattre dans sa question du 15 juillet dernier.

« La France est pleinement déterminée à faire valoir ses préoccupations et à défendre les intérêts de ses producteurs et de ses indications géographiques sur le marché russe » rassure Frank Riester, confirmant ses propos tenus ce 9 juillet, lors de sa visite à Épernay Le ministre indique avoir « porté le sujet auprès du Commissaire européen au commerce, Valdis Dombrovskis, le 19 juillet, qui m'a assuré, comme il en a fait état publiquement, de sa détermination sur ce dossier ». Après une première réunion en juillet entre « les autorités russes » et « la délégation de l'Union Européenne à Moscou », Franck Riester indique que « la France privilégie bien sûr le dialogue avec les autorités russes pour trouver une solution rapide, tout en laissant l'ensemble des options ouvertes si cette loi s'avérait contraire aux règles de l'OMC » (Organisation Mondiale du Commerce).

 

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