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L’Espagne et l’Italie profitent aussi de l’embellie à l’export
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Regards croisés
L’Espagne et l’Italie profitent aussi de l’embellie à l’export

Tout comme la France, l’Espagne et l’Italie surfent sur la reprise de la consommation avec des exportations en progression sur le premier semestre 2021. Et des différences significatives quant à la typologie des produits, et les pays destinataires.
Par Sharon Nagel Le 08 septembre 2021
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L’Espagne et l’Italie profitent aussi de l’embellie à l’export
Les exportations espagnoles vers les Etats-Unis ont fait un bond de 41% cette année, tandis que l’Italie subit une période de réajustement sur le marché américain. - crédit photo : Port of Oakland
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e vrac espagnol fortement plébiscité

Sur douze mois glissants, jusqu’en juin 2021, l’Espagne a réussi l’exploit d’exporter plus de 2 millions d’hectolitres de vins supplémentaires par rapport à l’année précédente, d’après les données publiées par l’Observatoire espagnol du marché du vin (OEMV). Ce volume passe même à près de 4 millions hl si l’on inclut l’ensemble des produits vitivinicoles, car les exportations de moûts ont explosé, enregistrant une hausse de 1,7 millions hl sur les douze mois en question. Ces chiffres ne témoignent pas uniquement de la reprise liée à la levée partielle des restrictions sanitaires : en effet, les vins ont progressé de 6,5 % au cours du premier semestre 2021 par rapport à la même période en 2019.

Seul bémol : les volumes ont progressé plus rapidement que les valeurs. Sur six mois, les expéditions de vins (11,47 millions hl) ont fait un bond de 21,4 % par rapport à 2020, tandis que le chiffre d’affaires n’a gagné « que » 15,7 %, en raison d’une baisse de 4,7 % du prix moyen (à 1,20 €/litre) ; ce dernier passe à 34 cts dès lors qu’il est question des vins en vrac génériques. Le vrac espagnol, qui représente 57 % des volumes totaux, est d’ailleurs fortement plébiscité cette année : ses volumes ont globalement augmenté de 31,2 % sur six mois, hausse qui passe à 41 % pour les seuls vins génériques.

La France se positionne de loin comme le principal pays acheteur de vins en vrac espagnols. Sur un total de 6,72 millions hl de vrac expédié au premier semestre, quelque 2 millions hl étaient destinés au marché français, devant l’Allemagne (1,4 million hl), l’Italie (846 682 hl) et le Portugal (813 068 hl). Les importations françaises de vins en vrac espagnols ont progressé de 7,7 % cette année, mais le prix moyen a régressé de 18,8 % pour passer à 33 cts le litre, contre 40 cts sur l’année 2020. Autre fait marquant : la France s’est hissée au premier rang des acheteurs de BIB espagnols suite à une hausse de 28 % de ses achats au premier semestre 2021. Elle a détrôné ainsi le Royaume-Uni (-18,2%), et devance même la Suède, pourtant en forte augmentation (+61,7%).

 

De belles progressions en valeur pour les vins italiens

De l’autre côté des Alpes, le bilan est un peu plus mitigé. Sur leurs douze premiers marchés export, les vins italiens progressent de 7,1 % en valeur au cours du premier semestre 2021 par rapport à 2020, mais aussi de 6,8 % en comparaison de 2019. Selon la Federvini, l’Italie a profité du « vide » laissé par l’Australie en Chine, enregistrant une hausse de 36,8 % de ses exportations vers ce pays en valeur, à comparer à une baisse de 10,1 % pour les importations chinoises dans leur globalité. L’Allemagne aussi s’est bien comportée, avec une progression de 9,3 % et même de 13,4 % par rapport à 2019, toujours en valeur. D’ailleurs, la majorité des marchés export affichent des progressions, souvent à deux chiffres. C’est le cas de la Suisse, la Russie, l’Australie et le Brésil, alors que la Corée du Sud a fait un bond de 110 %.

Les taux de croissance sont bien plus modérés, voire négatifs, sur les marchés britannique et américain. Dans le premier cas (-0,4 %), sont évoqués le Brexit avec son lot de contrôles aux frontières et de problèmes logistiques, mais aussi la réorientation des exportations italiennes vers d’autres pays, comme la Belgique, pour la mise en bouteille de vins italiens en vrac destinés aux supermarchés britanniques. Pour les Etats-Unis (+1 %), il s’agirait d’un réajustement des volumes suite au boom des importations provoqué par la menace de droits additionnels sur les vins italiens début 2020, de même que la conséquence de la levée des droits sur les vins français et leur retour en grâce cette année. Quant aux volumes exportés, les données ISTAT révèlent une augmentation globale de 2,7 % sur les cinq premiers mois de l’année, qui cache des disparités importantes selon les catégories : si les expéditions conditionnées gagnent 3,6 % et les effervescents 18,2 %, les vins en vrac reculent de 10,3 %. Ces chiffres illustrent la tendance de fond qui, selon la Federvini, favorise les vins de moyen-haut de gamme dans le contexte de la réouverture du secteur CHR et d’un désir manifesté par les consommateurs de « se venger » de la crise sanitaire en se faisant plaisir.

 

Trévise, le Prosecco et Ryanair veulent faire revenir les touristes

Fin août, la commune italienne de Trévise, Ryanair et le consortium de la DOC Prosecco ont conclu un accord qui prévoit la mise en œuvre sur quatre mois d’une campagne de promotion conjointe avec un rayonnement sur 11 pays – dont la France – et 14 millions de voyageurs potentiels. Le projet vise à soutenir la phase de récupération des flux touristiques et de réouverture des monuments et autres sites autour de la ville de Trévise, pour mettre en valeur non seulement son patrimoine historique mais aussi sa gastronomie et ses vins.

 

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