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Languedoc-Roussillon
Vigilance pour les ravageurs de fin de saison

Les techniciens appellent à la vigilance pour la troisième génération de vers de la grappe et Cryptoblabès gnidiella, toujours très présent dans le Gard cette année, un peu moins ailleurs.
Par Michèle Trévoux Le 30 août 2021
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Vigilance pour les ravageurs de fin de saison
Cryptobabès est une menace bien présente dans certaines régions du Languedoc cette année encore. - crédit photo : Chambre d'agriculture du Vaucluse
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lors que les vendanges ont bien démarré, la vigilance reste de mise pour la troisième génération de vers de la grappe et Cryptoblabès gnidiella. «Le vol de la 3ième génération d’Eudemisest en cours dans l’Hérault. Nous avons repéré quelques perforations mais peude chenilles. Il faut rester vigilant et bien surveiller les parcelles car si l’état sanitaire est bon pour le moment, il reste fragile. Certaines parcelles pourraient vite décrocher si des orages, des pluies ou le vent marin se déclenchent dans les prochaines semaines », indique Thomas Gautier, consultant viticole ICV sur l’Hérault. Concernant Cryptoblabès gnidiella, dénommée également la pyrale des agrumes, leconsultant indique relever jusqu'à 50 papillons sur certains pièges. « On commence à voir des dégâts. Il faut bien observer ses parcelles et si nécessaire envisager au cas par cas un traitement sur les cépages tardifs ».

Traitement recommandé sur les cépages tardifs

Gabriel Ruestch, Responsable Service Agronomie chez Les Vignobles Foncalieu, est également en alerte. « L’an dernier, il y a eu beaucoup de dégâts de Cryptoblabès gnidiella dans certains secteurs de La Clape et de Leucate et nous en avons trouvé dans le Biterrois et dans les Corbières. Cette année, nous surveillons de près ce ravageur depuis le mois de Juillet (début de véraison) avec des pièges à phéromones et des observations sur grappe. Nous avons trouvé des larves à Maraussan (34). Nous recommandons à nos adhérents dans le biterrois, les Corbières, et certaines parcelles de la plaine de l’Aude (Coursan, Lespignan, Salleles d’Aude) de faire un traitement sur les cépages tardifs : Cabernet-Sauvignon, Carignan, Mourvèdre, Grenache Noir et certaines Syrah en secteur tardif ».

Nous ne sommes pas à l’abri d'une augmentation des dégâts dans les prochains jours

 A la cave de Leucate, Baptiste Guyochet, technicien vignoble, est également très attentif. « Le ravageur est présent, avec une pression qui semble, à aujourd'hui, plus faible que celle du précédent millésime mais tout de même préoccupante dans certains secteurs. A l'heure actuelle, nous ne sommes pas à l'abri d'une augmentation des dégâts dans les prochains jours/semaines. Nous avons mis en place un essai de confusion sexuelle sur un ilot, cette solution préventive ayant déjà fait ses preuves à grande échelle contre l'Eudémis dans notre vignoble. Plusieurs viticulteurs ont également utilisé des insecticides habituellement employés contre d'autres tordeuses de la vigne (Eudemis). Bien que les cycles de ces deux ravageurs diffèrent, il a parfois été possible de traiter les 2 espèces en même temps, évitant ainsi de devoir multiplier le nombre de traitements. De plus, plusieurs viticulteurs ont également employé des méthodes de biocontrôles (trichogrammes). Il est encore trop tôt pour attester des résultats des différentes méthodes de protection, de même que pour estimer les dégâts de la Cryptoblabes ». 

Forte pression dans le Gard

Maiko Audras, superviseur régional Occitanie Est pour CBC Biogard constate, elle aussi, une moindre présence du ravageur cette année dans l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées Orientales. « On commence tout juste à l’observer dans les Pyrénées Orientales, alors que l’an dernier il était présent plus tôt. La pression semble également moins forte sur le littoral héraultais où il avait été très présent l’an dernier. C’est dans le Gard que la pression est la plus forte ».

 A la cave des Vignerons d’Héraclès, les adhérents luttent contre ce ravageur depuis 4 à 5 ans. « L’an dernier nous avons eu quelques dégâts. Cette année, nous avons fait des comptages très précis pour mieux contrôler ce parasite. J’ai déjà traité deux fois les parcelles signalées les plus à risque et je vais continuer à raison d’un traitement par semaine jusqu’à la vendange », indique Jean-Fred Coste, le président de la coopérative. 

Des traitements parfois trop tardifs

Le ravageur a également fait son apparition dans des secteurs où jusqu’ici il n’était pas présent. « Cette année, on l’a vu arriver à partir de début août dans le secteur de Tavel, Pujaut. Il a gagné du terrain et depuis une semaine, on le voit aussi sur Estézargues, Domazan, des secteurs peu concernés jusqu’ici. Le problème de ce parasite, c’est qu’il survient en fin de saison, souvent au moment où les viticulteurs prennent un peu de congé avant d’attaquer les vendanges. Certains ont fait des traitements mais quelque fois trop tardivement. Les dégâts sont très spectaculaires. Contrairement aux vers de la grappe (Eudémis) qui perforent une ou deux baies, avec Cryptoblabès gnidiella, c’est toute la grappe qui est explosée », témoigne un technicien de chez Perret.

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