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Début de reprise

Les vins de Bordeaux débloquent leur réserve interprofessionnelle 2020

Vendredi 16 juillet 2021 par Alexandre Abellan

La mise en réserve 2020 concernait les volumes compris entre 45 et 50 hl/ha en AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur (y compris les VCI 2019).
La mise en réserve 2020 concernait les volumes compris entre 45 et 50 hl/ha en AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur (y compris les VCI 2019). - crédit photo : CIVB (fête du vin 2019, Bruxelles)
Notant la relance de ses ventes, l’interprofession girondine vient de voter la commercialisation des volumes d’AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur mis en réserve l’an passé.

Sans aller bien, Bordeaux va mieux. Réuni en assemblée générale ce 12 juillet 2021, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) vote la levée collective de la réserve interprofessionnelle décidée le 15 juillet 2020. Validant la demande de l'AOC Bordeaux du 9 juillet 2021, cette décision permet aux opérateurs de mettre librement en vente leurs volumes mis en réserve. Conçue pour diminuer le volume commercialisable des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur l’an passé, cet outil n’a plus lieu d’être face aux nouvelles prévisions commerciales. « Nous visions la commercialisation de 3,6 millions d’hectolitres de vin en 2021 (ce qui était très pessimiste, témoignant de la fermeture mondiale des restaurants, des taxes américaines et du repli chinois), mais à mi-année, le rythme de 4,2 millions hl* est désormais réaliste (sans être en ligne avec notre historique) » explique le négociant Georges Haushalter, siégeant au CIVB.

Signe du rebond commercial tant attendu pour les uns ou simple effet d’un réassort à pondérer pour les autres, les dernières données économiques du CIVB renouent quoiqu’il en soit avec la croissance. Les augmentations sont principalement relevées sur les marchés export avec +40 % à fin mai 2021 (une performance portée par le rattrapage de +75 % suite à la levée des taxes Trump sur le marché américain et la relance de la demande chinoise de +90 % sur le continent et de +40 % à Hong-Kong, alors que les vins australiens pâtissent de taxes punitives), tandis que la tendance reste moins favorable sur le marché français (avec en grande distribution -3 % en volume sur les quatre derniers mois, mais +6 % en prix moyen selon les panels IRI).

Reprise du vrac

Sans qu’il y ait encore tension sur la demande, les transactions du vrac ne cessent d’augmenter, atteignant en mai 2021 un niveau inégalé par rapport à la décennie passée. Les contrats enregistrés par le CIVB dépassent cette fin juin 2 millions hl sur les onze mois de la campagne 2020-2021, le niveau des échanges 2017-2018 (1,9 million hl, ce qui marquait le début d’un cycle de difficultés commerciales, gel historique oblige). « Tant mieux si le marché tire et que les volumes reprennent, mais ça ne se traduit pas encore en hausse des cours » rétorque un vigneron bordelais de l’Entre-deux-Mers, plus préoccupé par ses traitements contre le mildiou que le devenir de la réserve interprofessionnelle. En juin, le cours moyen du Bordeaux rouge était de 1 100 € le tonneau en conventionnel (pour 1 900 € en bio).

« Il y a des signes commerciaux positifs, mais des gens sont dans la panade maintenant » confirme Jean-Samuel Eynard, le président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitations Agricoles (FDSEA 33). Alors que le vignoble bordelais porte les stigmates des difficultés économiques actuelles (vignes partant en friche ou étant rattrapées par le mildiou), ce sont les drames humains qui inquiètent (avec la pression des relances d’impayés et des stocks d’invendus).

"Un équilibre de marché"

Alors que le gel, la coulure et le mildiou pèsent sur le potentiel de récolte 2021, la mise en place d’une nouvelle réserve interprofessionnelle semble peu probable cette année. « On peut imaginer qu’il y ait un équilibre de marché entre les sorties et la récolte, que l’on ne peut estimer, mais qui sera de toute façon inférieure à 5 millions hl » souligne Georges Haushalter, notant avec confiance que Bordeaux bénéficie également de stocks d’anciens millésimes 2018-2019-2020, qui ont non seulement bonne presse, mais une bonne aptitude au vieillissement.

 

* : En 2020, la filière des vins de Bordeaux avait commercialisé 3,9 millions hl.

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