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Appel à Bruxelles

Emmanuel Macron presse Bruxelles d'aider les vins français victimes de surtaxes américaines

Lundi 22 février 2021 par Alexandre Abellan

Accueilli par Jérôme Despey (à gauche), Emmanuel Macron visitait le pavillon des vins du salon de l'Agriculture le 19 février 2020.
Accueilli par Jérôme Despey (à gauche), Emmanuel Macron visitait le pavillon des vins du salon de l'Agriculture le 19 février 2020. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le président de la République affirme rester mobilisé dans l’obtention d’une compensation communautaire au conflit transatlantique touchant le vignoble depuis 16 mois.

C’était le monde d’avant. Il y a un an exactement, le président de la République, Emmanuel Macron, rencontrait à l’occasion du salon de l’Agriculture la filière vitivinicole pour faire le point sur les effets dévastateurs des taxes américaines sur les importation de vins français, en rétorsion au conflit aéronautique Airbus/Boeing. Face à l’urgence de la situation, le président annonçait aux représentants du vignoble et du négoce qu’un fonds de compensation européen serait rapidement débloqué par Bruxelles.

Las, un an après, la crise sanitaire empêche le salon de l’Agriculture de se tenir, les exportations de vins français ont chuté de 400 millions d’euros en 2020 et le durcissement des sanctions de ce début 2021 coûterait 3 millions €/jour au vignoble. « La situation s’est aggravée, avec d’importantes pertes de parts de marché » s’inquiète Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Un message que le viticulteur languedocien a directement porté ce 18 février au président de la République, lors d’une rencontre avec Christiane Lambert, la présidente de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA, dont Jérôme Despey est le secrétaire général).

"Attachement au secteur"

Emmanuel Macron « nous a dit qu’il ne lâchera pas le sujet [d’une résolution du conflit] » rapporte Jérôme Despey, qui indique que le président a « redit son attachement au secteur des vins et spiritueux ». Concernant la réparation du préjudice subi depuis seize mois par la filière, Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à la création d’un fonds de compensation européen. Le président prévoit ainsi de l’indiquer directement, par téléphone, à la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen. « Ce qui se passe avec la Commission Européenne est affligeant. Il n’y a pas de réponse, à part la flexibilité des mesures. Il ne faut pas que la Commission Européenne se défile par rapport aux réparations nécessaires » martèle Jérôme Despey, regrettant que la filière vin se trouve coincé dans un conflit transatlantique qui ne la regarde pas.

Lors de cette rencontre avec la FNSEA, Emmanuel Macron confirme avoir évoqué les défis généraux des relations commerciales entre la France les Etats-Unis lors de son premier échange avec le nouveau président Joe Biden, ce 24 janvier, et avoir échangé plus précisément sur les taxes américaines ciblant les vins français avec la vice-présidente Kamala Harris, ce 15 février (voir encadré). « Le président veut à tout prix résoudre ce conflit commercial de façon amiable » indique Jérôme Despey, ayant noté sa volonté de « trouver une solution le plus rapidement possible à ce conflit ».

 

« C’est un conflit qui a coûté très cher »

« Nous souhaitons que la nouvelle administration, avec l’élection de monsieur Biden et de madame Harris, puisse donner court à des discussions plus apaisées et plus équilibrées » indique Christiane Lambert lors d’une conférence de presse ce 19 février, en tant que présidente du Comité des Organisations Professionnelles Agricoles (COPA). « Bien sûr, nous ne nous attendons pas à un changement radical, les Etats-Unis vont rester très offensifs et agressifs en matière agricole à l’échelle du monde. Mais nous souhaitons qu’il soit possible de dialoguer, par exemple sur le conflit très difficile Airbus/Boeing dont les agriculteurs sont des victimes collatérales. Il faut que nous puissions trouver une solution. C’est un conflit qui a coûté très cher, pour les vins français, les fromages italiens, les olives espagnoles et portugaises » indique la responsable syndicale.

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