LE FIL

Après le coup de sang

Elle arrive, la notification d’aide au stockage privé des surstocks de vins !

Vendredi 19 février 2021 par Alexandre Abellan

'L'important est de revenir au moins à la parole donnée' indique Jérôme Despey, assumant l'interruption du conseil spécialisé du 18 février suite à une 'rupture de confiance'.
'L'important est de revenir au moins à la parole donnée' indique Jérôme Despey, assumant l'interruption du conseil spécialisé du 18 février suite à une 'rupture de confiance'. - crédit photo : Vigneron de Chablis (Agence Meurisse/BNF Gallica)
La filière vin ayant montré son mécontentement en claquant la porte du conseil spécialisé de FranceAgriMer, l’exécutif a fait marche arrière en renonçant à rogner sur les budgets initialement annoncés. Ce déblocage va permettre de mettre en place la mesure de portage des volumes excédentaires.

Il aura fallu taper du poing sur la table pour que l’État honore sa parole. Interrompu à l’initiative des représentants professionnels de la filière à la suite de l’annonce par le ministère de l’Agriculture d’une baisse de 3 millions d’euros de l’aide au stockage privé, le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer du 18 février aura fait des remous. Alors que le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait évoqué ce 13 janvier une rallonge de 10 millions € pour que le stockage des vins concerne les 6,5 millions d’hectolitres enregistrés, la réduction de l’enveloppe supplémentaire 7 millions € a révolté le vignoble et le négoce.

Face à l’interruption du conseil spécialisé, un nouvel arbitrage interministériel venu de Matignon a permis de « clore l’incident. Nous allons pouvoir reprendre le travail plus sereinement, dans l’intérêt de l’ensemble de la filière » annonce Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Rappelant que face à un besoin exprimé de 59 millions € par les 2 694 dossiers candidats, l’enveloppe de l’aide est désormais de 50 millions € (45 millions € de fonds publics et 5 millions € du Programme National d’Aides).

"On a retrouvé les 10 millions €"

« On a retrouvé les 10 millions € » souffle Georges Haushalter, le vice-président du conseil spécialisé. Pour le négociant bordelais, « il est triste d’en être passé par là. Nous avons besoin des conseils spécialisés pour travailler. Des dossiers vont être en plan pendant un mois… »

Notification imminente

Sans attendre le prochain conseil spécialisé (prévu ce 24 mars), Jérôme Despey « souhaite notifier le plus rapidement possible les dossiers sans stabilisateur ». C’est-à-dire une aide sur l’ensemble du dossier, sans réduction liée à un dépassement de budget. « Les vignerons et entreprises ont assez attendu » souligne le vigneron languedocien. Dés que FranceAgrimer aura reçu les nouvelles instructions budgétaires de Matignon, le conseil spécialisé pourra prendre une décision permettant cette notification, afin de mettre en place une mesure ayant enchaîné les retards au démarrage.

FranceAgriMer doit finir d’instruire les dossiers en juin prochain, permettant de finaliser l’éligibilité de chaque dossier et donc l’enveloppe finalement nécessaire pour la mesure. S’il manque des moyens, la filière étudiera les solutions de financements indique Jérôme Despey, rappelant que d’autres mesures d’aides devront être envisagées en 2021 (l’Union Européenne permettant l’aide à la distillation, au stockage privé, à la vendange en vert…). Ces leviers vont désormais être débattus dans la filière, avant de revenir vers les pouvoirs publics. « Un incident de parcours ne doit pas préjuger de l’issue du travail des prochaines semaines » conclut Jérôme Despey.

 

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