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Début de campagne
Les vins en vrac alsaciens toujours à la peine

Le marché des vins d'Alsace en vrac évolue avec des flux en retrait et des prix insatisfaisants.
Par Christophe Reibel Le 08 février 2021
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Les vins en vrac alsaciens toujours à la peine
Le début de campagne reste frileux en Alsace. - crédit photo : CIVA (Niedermorschwihr, route des Vins d'Alsace)
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a chute des ventes globales de l’appellation Alsace entraîne celle des transactions en vrac. Pour la campagne close au 30 novembre 2020, elles baissent de 16 % en un an selon les chiffres du Civa. 119 690 hl ont été négociés dont 19 281 hl, soit 16 %, étaient certifiés bio. Ces derniers « tirent toujours leur épingle du jeu » constate Claude Freyermuth, président des courtiers alsaciens.

Le riesling bio s’échange entre 2,60 et 2,80 €/l. En conventionnel, le même cépage doit se contenter d’une fourchette de 1,50 à 2 €/l, soit un euro et plus sous son meilleur cours de 3 € atteint fin 2017, début 2018. Sa chance est néanmoins de bénéficier d’une certaine demande au contraire d’entrées de gamme comme le sylvaner ou le pinot blanc qui sont délaissés. Le gewurztraminer et les vins de base à crémant ne sont pas non plus très demandés.

Riesling et crémant non dégustés

Le début de la campagne 2020-2021 enregistre un léger frémissement. Des lots issus principalement du millésime 2020 ont été chargés en décembre et janvier. Presque tous les cépages en profitent. Des marchés gagnés en grande distribution et à l’export (Scandinavie, Etats-Unis) semblent à l’origine de ce mouvement. Yannick Hurlimann du domaine Ostertag-Hurlimann à Epfig (Bas-Rhin), 19 ha en deuxième année de conversion bio, vend en moyenne le tiers de sa récolte en vrac. Il a trouvé preneur pour des lots de pinots gris et de gewurztraminer 2020, mais à un prix de marché peu rémunérateur. « J’aurais été mieux payé si je les avais vendus en raisins » estime-t-il. Il lui reste du riesling et du crémant. « Ils n’ont pas encore été dégustés. Je m’inquiète moins pour le premier que pour le second. L’absence d’événements et de fêtes va peser sur la demande d’effervescents » craint-il. « La baisse du rendement 2020 à 65 hl/ha reste sans effet. Il est dommage d’avoir des vins de qualité en cave et de ne pas pouvoir les écouler » complète-t-il.

Thibaut Konecsny, un autre courtier alsacien, confirme : « les opérateurs sont prudents. Ils ont l’embarras du choix. Ils n’achètent qu’une fois les contrats signés ». Ajoutons qu’avec la récolte 2020 de 955 000 hl, les stocks représentent grosso modo désormais trois années de commercialisation…

 

 

 

 


 

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