Accueil / / Prévisions positives pour le marché US en 2021

Dès la sortie du Covid
Prévisions positives pour le marché US en 2021

Le très attendu rapport annuel de la Silicon Valley Bank prédit un rebond important des ventes de vin cette année aux Etats-Unis. Espérons que l'Administration Biden permettra aux vins français d'en profiter...
Par Sharon Nagel Le 28 janvier 2021
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Prévisions positives pour le marché US en 2021
Les technologies numériques, comme les dégustations virtuelles, ont assuré 27% des nouveaux membres des clubs œnologiques en 2020 aux USA. - crédit photo : St Supéry, NVV
U

n effet « sortie de guerre »

« Je peux dire sans hésiter que 2021 sera meilleur et que ce sera une bonne année pour les ventes de vins » a affirmé Rob McMillan, fondateur de la branche vin de la Silicon Valley Bank en Californie. Il présentait les résultats de son dernier sondage, réalisé auprès de quelque 70 entreprises vinicoles, qui prend le pouls du marché du vin aux Etats-Unis chaque année. Invoquant les effets de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale sur la consommation – « où les ventes de vin ont bondi de 30 à 50% » - l’analyste a insisté sur les carnets de commande remplis des organisateurs de mariage et autres traiteurs en 2021, de même que le retour de l’événementiel une fois l’immunité collective assurée, pour justifier ses prévisions. Contrairement à une fin de guerre, cependant, ce phénomène ne se produira pas à une date précise mais sera évolutif tout au long de l’année, avant de s’estomper potentiellement en 2022. Mais si les ventes de vin devraient profiter de l’envie des consommateurs confinés à vouloir fêter leur retour à la vie « normale », tous les circuits ne seront pas logés à la même enseigne. D’ores et déjà, l’association américaine des restaurateurs annonce que quelque 110 000 restaurants ont définitivement fermé l’année dernière ; il s’agit notamment d’établissements gastronomiques indépendants favorisant la vente de vins de haut de gamme. De plus, ceux qui sont restés ouverts ont considérablement réduit leur carte des vins et leurs stocks, un modèle qui devrait perdurer estime Rob McMillan. Beaucoup d’entre eux se sont orientés vers les ventes à emporter et la livraison à domicile, autre tendance qui devrait se poursuivre mais qui ne favorise pas forcément les ventes de vin, note le rapport de la SVB. Mais globalement, celle-ci prévoit des gains au sein du secteur CHR au détriment des ventes en GMS, ainsi qu’une modification des points de vente privilégiés par les consommateurs, du fait du télétravail. « Les gens se sont déplacés vers les banlieues et ne fréquentent plus les mêmes magasins, tout en s’orientant davantage vers les achats en ligne ».

 

L’âge d’or des ventes en ligne

Le commerce électronique émerge, on le sait, comme le grand vainqueur de la pandémie. « Le génie du e-commerce est sorti de sa lampe », a commenté Paul Mabray, directeur de Pixwine et expert en technologies numériques. « On entre dans l’âge d’or des ventes de vin en ligne, c’est le début d’une tendance longtemps latente ». Ce circuit pose, certes, des problèmes en termes de logistique et de monétisation de l’ensemble des coûts, mais il ouvre un nouvel univers à la commercialisation et à la promotion du vin. « Le modèle du caveau de dégustation a été plutôt brisé en 2020 », estime Rob McMillan. « Si vous achetez une voiture, vous ne vous rendez pas à Détroit ! Pour le vin, il n’est pas nécessaire de se rendre sur place pour le découvrir et l’acheter ». Que ce soit à l’aide d’outils comme Zoom ou d’autres, l’univers numérique a provoqué un changement radical dans la manière dont les consommateurs abordent le vin, aux Etats-Unis comme ailleurs. « Début 2020, nous avons engrangé dix ans de croissance en trois mois en termes de pénétration du commerce électronique dans le secteur du vin », a précisé Amy Hoopes, présidente de la société californienne Wente. « Les clients sont prêts à l’adopter, mais le sommes-nous ? » En effet, tout l’intérêt des technologies numériques réside dans la possibilité d’analyser ses données consommateurs pour mieux cibler ses efforts, les rendre plus efficients et proposer une expérience personnalisée à ses clients. Or, 48% des entreprises sondées aux USA n’ont pas de personnel dédié à ce travail d’analyse. « On ne demande pas au responsable du caveau de s’improviser œnologue ! », a martelé Paul Mabray. « La transition numérique est très difficile. Il faut investir dans du personnel qualifié, quitte à aller le chercher en dehors du secteur ». D’après les entreprises sondées, cela risque d’être le cas : les activités en ligne devraient représenter leur premier poste d’investissement en 2021.

 

La surproduction toujours en filigrane

La filière américaine connaît actuellement une certaine stabilité – qui contraste fortement avec la situation excédentaire d’il y a un an – mais cet équilibre reste fragile, les incendies ayant beaucoup contribué à réduire le poids des stocks. « Nous ne pourrons pas gérer une grosse récolte en 2021 », prévient Rob McMillan, « nos superficies restent supérieures à nos besoins ». Erik McLaughlin, directeur de la société de conseil Metis, évoque également « une filière structurellement excédentaire » qui pousse certains viticulteurs à s’orienter vers d’autres cultures.  Quoi qu’il en soit, selon le représentant de la SVB, « ceux qui ont su s’adapter [à la crise] se sont souvent vu récompenser de ventes en progression l’année dernière… »

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé